14 POMMES

(Shisi ke ping guo)

Un film de MIDI Z | Documentaire | Taïwan/Birmanie | 2018 | 84mn | Couleurs | 1.85:1

Shin-hong est un jeune entrepreneur birman qui souffre d’insomnies. Un jour, sa mère se rend chez un diseur de bonne aventure afin de l’aider à surmonter ses problèmes. Celui-ci conseille au jeune homme d’acheter quatorze pommes puis de se rendre dans un monastère situé dans le centre du pays, en pleine campagne. Shin-hong devra ensuite vivre comme un moine pendant quatorze jours et manger une pomme par jour…
Au cinéma le 16 mai 2018
 
LE NOUVEAU FILM DU RÉALISATEUR D'ADIEU MANDALAY
 
UNE POMME PAR JOUR OU COMMENT GUÉRIR
DE L’INSOMNIE PAR LE BOUDDHISME
 
Réalisateur d’origine birmane naturalisé taïwanais, Midi Z (Adieu Mandalay, Ice Poison) avait déjà tenté de témoigner des conditions de vie des Birmans vivant au bas de l’échelle sociale, sans succès. La « thérapie » qu’allait entreprendre son ami Shin-hong était donc l’occasion parfaite de retourner dans le milieu ultra-précaire dans lequel le cinéaste avait grandi, où la religion avait une grande influence.
Enfant à la santé fragile, Midi Z avait lui aussi été moine durant une courte période, suivant les conseils d’un diseur de bonne aventure. C’est là qu’il a vu des pommes pour la première fois, ce fruit restant trop cher pour les couches inférieures de la population birmane, aujourd’hui encore. Car devenir moine est un moyen rapide de s’extraire de la pauvreté mais aussi de servir de mentor, faisant bénéficier aux habitants de sa sagesse et de ses conseils. Avec un tel pouvoir et un tel contrôle sur la population, les moines sont les piliers de la société birmane.
À travers ce film, Midi Z pointe du doigt les limites du bouddhisme qui ne prévient pas les maux de la société et montre le grand écart existant entre les idéaux et la réalité – voir cette scène où les moines se plaignent du peu d’aumônes qu’ils reçoivent et où l’un avoue qu’il dépense l’argent reçu au loto. Mais le cinéaste ne s’érige pas en juge, il observe en silence car, pour lui, c’est l’observation qui amène à la compréhension. En témoignent les multiples plans-séquences qui composent le film : la voiture de Shin-hong que les enfants tentent d’extraire de la boue, la cérémonie d’intronisation du jeune moine, les femmes ramenant l’eau du puits… Midi Z est le témoin silencieux de ce village et de ses coutumes qui laissent entrevoir de fortes disparités. Bien que la plupart des Birmans vivent dans la pauvreté, ils n’hésitent pas à donner aux moines leurs biens les plus chers car, selon leur croyance, cela permet d’augmenter leur karma et, à terme, de transformer leur vie.
Présenté en avant-première à la Berlinale de 2018 section « Forum », 14 Pommes est un documentaire aussi fascinant que troublant sur la Birmanie d’aujourd’hui et le pouvoir du bouddhisme sur la population. Le pays tout entier dort à poings fermés… ceux qui souffrent d’insomnies parviendront-ils à le tirer de son sommeil ?
14 POMMES
UN FILM DE MIDI Z
SCÉNARIO MIDI Z ET WU PEI-CHI
PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ JESSIE SHIH
PRODUCTEURS WANG SHIN-HONG MIDI Z ISABELLA HO LIN SHENG-WEN
RESPONSABLE ÉDITORIAL WANG PAI-ZHANG
PRISES DE VUE MIDI Z ET WANG FU-ANG
MONTAGE MIDI Z LIN SHENG-WEN WU PEI-CHI
ÉTALONNAGE CHIANG YI-HSUN
COORDINATION PRODUCTION CHEN YI-JU WEI HUEI-LEE ZHAO DE-CHIN ZAW ZHAO WEN-TIE
DESIGN SONORE SEISMIC SOUND LAB. LTD.
DESIGNER SON CHOU CHENG
MONTAGE SON LI TSUNG-TSE
AVEC WANG SHIN-HONG ZHAO TE-YIN BO ZAR THAN KYAW THAR
THIN THIN AYE WIN MAW ZAW GI MA MOE MOE
ÉTALONNAGE PHOTOS CHUAN MING-YUAN
COORDINATION POST-PRODUCTION LIN SHENG-WEN
TRADUCTION ANGLAISE ISABELLA HO
POST-PRODUCTION DCP AIDA FILM
UNE PRÉSENTATION TAIWAN PUBLIC TELEVISION SERVICE FOUNDATION
SEASHORE IMAGE PRODUCTIONS
PRODUIT PAR SEASHORE IMAGE PRODUCTIONS
CO-PRODUIT PAR MYANMAR MONTAGE PRODUCTIONS
        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

MIDI Z

 
Né en 1982 en Birmanie au sein d’une famille très modeste, Midi Z part s’installer à Taïwan à l’âge de seize ans après l’obtention d’une bourse. Il suit des études d’art à l’université et présente son premier court-métrage, Paloma Blanca (2006), dans le cadre de son cursus. Très remarqué, il sera programmé aux festivals de Busan et Melbourne. Midi Z entre ensuite au Golden Horse Film Academy, fondé par le réalisateur taïwanais Hou Hsiao-hsien en vue de former les jeunes réalisateurs, scénaristes et chefs-opérateurs de demain, où il signera son deuxième court-métrage, Motorcycle Driver (2008). En 2011 (année où il sera officiellement naturalisé taïwanais), Midi Z se lance dans une trilogie sur la Birmanie, Return to Burma (2011), Poor Folk (2012) et Ice Poison (2014 – sélectionné pour l’Oscar du Meilleur film étranger), tous trois tournés avec très peu de moyens et une équipe réduite. C’est également en 2014 que le Festival International du Film de La Rochelle organise une rétrospective du jeune cinéaste, présentant l’ensemble de son oeuvre – à l’époque composée de ces trois longs-métrages et de quatre courts-métrages. Il tourne ensuite deux documentaires sur l’extraction du jade dans le nord de la Birmanie, Jade Miners (2015) et City of Jade (2016), puis revient à la fiction avec Adieu Mandalay (2016), premier film à budget relativement important, acclamé par la critique internationale, et aussi le premier de ses films à avoir été officiellement projeté en Birmanie.

 

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