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AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS

(Brutti, sporchi e cattivi)

Un film de Ettore SCOLA | Comédie dramatique | Italie | 1976 | 115mn

Un bidonville de Rome, dans les années 60. Giacinto règne en tyran sur sa famille : sa femme, ses dix enfants, les conjoints, les amants et la grand-mère, tous logés sous le même toit, dans un taudis pouilleux. Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car le patriarche acariâtre possède un magot d’un million de lires – reçues en dédommagement après avoir perdu un œil – que chacun espère lui voler. Tandis que Giacinto passe ses journées à se saouler ou à violenter les femmes autour de lui, que la fille tapine dans les rues de Rome, que le fils se travestit en femme, que la grand-mère apprend l’anglais à la télé, que la belle-fille trompe son mari avec le frère de ce dernier, que le petit fils chasse les rats morts, on prépare en cachette l’assassinat de Giacinto…

En Blu-ray le 8 octobre 2014

Sortie en salles le 8 juillet 2009

 

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE – CANNES 1976

 

 

 

Portrait acide et déformé du sous-prolétariat romain des années 60, pourri par les rapports d’argent qui régissent toute la société italienne, Affreux, sales et méchants est un curieux mélange de naturalisme et d’humour noir. Conçu au départ pour être un documentaire sur les borgate, ces baraques insalubres de Rome qui abritaient plus de 800 000 habitants dans les années 60, le film reprend à son compte, en les rendant burlesques et en les grossissant, des éléments dérivés du néo-réalisme italien de l’après-guerre. Scola n’a pas filmé dans les vrais bidonvilles de la capitale italienne, mais il les a reconstitués à proximité du dôme de Saint-Pierre, accusant ainsi la collusion du cléricalisme romain et de la droite politique.

 

 

Au milieu d’un casting remarquable mélangeant professionnels et amateurs, Nino Manfredi est inoubliable en patriarche despotique. Très controversé à sa sortie, jugé « décadent » par une partie des critiques en raison de son caractère politiquement incorrect, Affreux, sales et méchants est aujourd’hui considéré comme l’un des grands classiques de la comédie noire à l’italienne. À l’instar de La Grande bouffe de Ferreri, il fait partie de ce que l’Italie a produit de plus critique, de plus dérangeant et de plus fort.

 

« De Paris, je ferais un portrait sans doute oléographique, beau, plein d’admiration, mais sans haine. Pour Rome, il y a aussi la haine ; je crois qu’il faut aussi ce sentiment pour faire un bon portrait. » Ettore Scola

Réalisation : Ettore SCOLA

Scénario : Ettore SCOLA & Ruggero MACCARI, dialogues de Sergio CITTI

Avec : Nino MANFREDI, Maria Luisa SANTELLA, Francesco ANNIBALLI

Musique originale : Armando TROVAJOLI

Directeur de la photographie : Dario DI PALMA

Montage : Raimondo CROCIANI

Décors : Luciano RICCERI, Franco VELCHI

Costumes : Danta ORTONA

Producteur : Carlo PONTI

Production : Compagnia Cinematografica Champion

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Ettore SCOLA


Né en 1931 à Trevico, Ettore Scola fait des études à l’Université de Jurisprudence de Rome où il obtient son diplôme de droit. Dès 1947, il se lance dans le journalisme, notamment en participant en tant qu’écrivain et dessinateur aux revues satiriques Marco’Aurelio et Settimana Incom. Il commence également à écrire des scénarios, dont plusieurs pour le comique Toto, mais sans les signer. Ce n’est qu’à partir de 1952 que Scola va devenir officiellement scénariste, en écrivant plusieurs comédies pour Dino Risi dont Il Sorpasso (Le Fanfaron, 1962).


En 1964, poussé par l’acteur Vittorio Gassman, le scénariste saute le pas en passant enfin derrière la caméra avec un film à épisodes, Se permettete parliamo di donne (Parlons femmes). Coécrit avec Ruggero Maccari, Scola  présente alors un film de 8 sketchs, tous interprétés avec brio par Gassman, dans lequel il fait preuve d’une certaine maîtrise de la mise en scène et d’une esthétique soignée. Il enchaîne avec plusieurs films dont la comédie dramatique Dramma della gelosia (Le Drame de la jalousie, 1970) avec Marcello Mastroianni. Ce film social, considéré comme le premier grand film de Scola et surtout comme une des plus grandes comédies italiennes, est également politique, puisqu’il vise à dénoncer le laxisme et la corruption.


En 1974, le cinéaste signe la comédie C’eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés), avec Vittorio Gassman, sur trois amis amoureux de la même femme dans une Italie traumatisée par la guerre et le fascisme. Ce contexte et son goût pour la satire lui permet de réaliser un film mêlant humour et analyse historique, caractéristique des comédies italiennes de l’époque. Cette œuvre, considérée comme classique, est suivie par Brutti, Sporchi et Cattivi (Affreux Sales et Méchants, 1976), une comédie satirique se déroulant dans les bidonvilles de Rome, avec Nino Manfredi en personnage principal, grâce auquel il remporte le Prix de la Mise en scène à Cannes. S’il excelle dans le genre de la comédie, il fait également ses preuves dans le drame, notamment avec Una giornata particolare (Une journée particulière, 1977), dans lequel il met en scène le duo d’acteurs  Marcello Mastroianni et Sofia Loren dans une Rome désertée due à la rencontre entre Hitler et Mussolini. Une fois de plus, sans pour autant faire une fable didactique, Scola se sert du film pour dénoncer la marginalité des gens et  leur solitude au sein de la société en présentant une femme victime de son quotidien et un homosexuel.


Suite à ces différents succès, Scola est parvenu à s’imposer parmi les réalisateurs italiens, et continue sur cette lancée avec le film historique et musical Ballando Ballando (Le Bal, 1983), pour lequel il obtient le César du Meilleur film et du Meilleur réalisateur, puis La Famiglia (La Famille) en 1987, qui retrace la vie d’une famille italienne de 1906 à nos jours. Durant les années quatre vingt dix, Scola se fait de plus en plus rare, sans doute dû à l’échec de son film Romanzo di un giovane povero (Roman d’un jeune homme pauvre), sur la déchéance d’un jeune prisonnier. Il poursuit malgré tout sa carrière avec La CenaLe Diner, 1998) et Concorrenza sleale (Concurrence déloyale, 2001), qui passent plutôt inaperçus. Il revient sur le devant de la scène en 2003 avec le documentaire Gente di Roma, dans lequel il présente différentes scènes de la vie quotidienne de la ville de Rome, du matin jusqu’au soir.


Ettore Scola figure parmi les grands cinéastes de la comédie italienne, genre pour lequel il a largement contribué à le porter à son plus grand degré de perfection. D’abord destiné au métier de scénariste, Scola est parvenu à s’imposer en tant que réalisateur tout au long de sa carrière, d’une part grâce à des films différents des uns des autres, d’autre part grâce à sa faculté indéniable à mêler humour et satire, film social et comédie.


FILMOGRAPHIE SELECTIVE


 

AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS

NOUVEAU PRIX ! 20.06€  15.04€

 

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ HD

Version Originale / Version Française

Sous-Titres Français

Format 1.85 respecté

16/9 compatible 4/3 – Couleurs

INCLUS : BANDE-ANNONCE

15,04 €

AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS
Sortie le 8 octobre 2014
 
BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/24p • ENCODAGE AVC
Version Originale / Version Française DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-Titres Français • Format 1.85 respecté • Couleurs
Durée du Film : 116 mn

INCLUS : BANDE-ANNONCE
 
 

20,06 €

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