BARBEROUSSE

(Akahige)

Un film de Akira KUROSAWA | Drame | Japon | 1965 | 185mn | N&B | 2.35:1

Japon, début du XIXe siècle. Yasumoto vient de finir de brillantes études de médecine et se prépare à être affecté à un poste prestigieux. Contre toute attente, il est nommé dans un dispensaire d’un quartier défavorisé de la capitale. Se sentant rabaissé, Yasumoto refuse dans un premier temps d’exercer la médecine. Mais la personnalité du Dr Niide alias Barberousse, un homme à l’apparence sévère entièrement dévoué à ses patients, va lui ouvrir les yeux et remettre en question ses aspirations…
Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
 
UN CHEF-D’OEUVRE D’HUMANISME MAGNIFIQUEMENT MIS EN SCÈNE
L’UN DES SOMMETS DE LA CARRIÈRE DE KUROSAWA
 
Avant de démarrer le tournage, Kurosawa aurait déclaré à son équipe vouloir s’inspirer de la Neuvième Symphonie de Beethoven : comme ce morceau, son film devait être parfait. Barberousse est le deuxième volet de sa trilogie dite « de la misère », après Les Bas-Fonds (1957) et avant Dodes’ka-den (1970). Avec ce film-fleuve de plus de trois heures, le cinéaste japonais atteint bel et bien son objectif en signant là une oeuvre proche de la perfection qui suit le parcours initiatique du jeune Yasumoto, de ses débuts contraints dans le dispensaire du Dr Barberousse à son épanouissement personnel et professionnel aux côtés de cette figure quasi christique de médecin. Outre ses deux héros, Kurosawa développe également toute une galerie de personnages secondaires : Otoyo, l’« enfant sauvage » ; Sahachi, l’homme qui a consacré toute sa vie aux autres suite à la mort de sa femme ; Chobo, le jeune garçon contraint de voler pour survivre. À travers ces portraits, le cinéaste ne cache rien de la misère physique et sociale qui gangrène ces quartiers miséreux, tout en évitant l’écueil du misérabilisme. Le tournage de ce film s’étirera sur deux ans, le perfectionnisme de Kurosawa le conduisant à prendre soin de chaque détail lié à la lumière, aux décors ou au jeu de ses acteurs. Chef-d’oeuvre d’une délicatesse infinie à la mise en scène grandiose, Barberousse marque aussi la fin de la collaboration entre le réalisateur et son comédien fétiche, Toshiro Mifune.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Avec : Toshiro MIFUNE, Yuzo KAYAMA, Tsutomu YAMAZAKI, Reiko DAN & Terumi NIKI

 

Visa : 45 378

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

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Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
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