CET OBSCUR OBJET DU DÉSIR

Un film de Luis BUÑUEL | Drame | France/Espagne | 1977 | 102mn | Couleurs | 1.66:1

Mathieu Faber est un notable d’un certain âge qui habite une belle et grande demeure à Séville. Un jour, il annonce à son domestique qu’il quitte la ville pour Paris. À la gare, les gens assistent bientôt à une scène étrange : alors que le train se met en marche, le vieil homme jette un seau d’eau sur son interlocutrice, une belle jeune femme restée à quai. Intrigués, ses voisins de compartiment ne savent comment réagir. Mathieu Faber décide de leur raconter son histoire et la relation particulière qu’il entretient depuis des années avec cette femme nommée Conchita…

Au cinéma le 2 août 2017 en version restaurée dans le cadre de la rétrospective "Luis Buñuel, un souffle de liberté"

 

POUR SON DERNIER FILM, BUÑUEL MAGNIFIE LA PERVERSITÉ
DES RAPPORTS AMOUREUX
 
Cet obscur objet du désir est le trente-deuxième et dernier film de Luis Buñuel. Ce dernier avait déjà écrit dans les années 1950 une première adaptation du livre de Pierre Louÿs, La Femme et le pantin (1898), mais le projet avait été abandonné. Buñuel a voulu repartir de zéro en signant un tout nouveau scénario avec la collaboration de Jean-Claude Carrière. Comme dans Tristana, l’histoire d’amour décrite est celle entre un homme âgé – déjà interprété par Fernando Rey, acteur fétiche de Buñuel – et une femme beaucoup plus jeune que lui. Pour ce rôle, le cinéaste a eu la brillante idée de faire appel à deux actrices a priori opposées. Elles vont chacune interpréter une facette différente du personnage de Conchita : la femme froide, élégante et cérébrale campée par Carole Bouquet, et la femme sensuelle et plus extravertie incarnée par Ángela Molina. Le héros Mathieu est totalement subjugué par elle(s) ; lui et Conchita forment un couple infernal, pris dans une spirale de passion et de frustration qui semble ne jamais s’arrêter. Pour raconter cette histoire, le cinéaste refuse la facilité et opte pour un récit en flashback, ponctué d’éléments inexpliqués – comme ces attaques terroristes qui semblent frapper au hasard – rappelant l’obsession de Buñuel pour le surréalisme. Le récit que fait le personnage de Mathieu à travers cette mise en abyme cinématographique et le monde qu’il décrit est manipulé par Conchita : le héros est véritablement le « pantin » de cette femme. Mathieu s’efface de plus en plus du « vrai » monde, notamment d’un point de vue physique – ses cheveux grisonnent, son teint devient blafard. Tout se décompose autour de lui, que ce soit sous l’effet des bombes ou à travers un simple vase qui tombe. Mais cet effondrement progressif se voit finalement contrebalancé par la séquence qui clôture le film : à travers les gestes de cette femme qui reprise un tissu déchiré, c’est le cinéaste lui-même qui tente dans un ultime geste cinématographique de réparer un monde éclaté qu’il a de plus en plus de mal à comprendre.
Réalisation : Luis BUÑUEL
Scénario : Luis BUÑUEL, Jean-Claude CARRIÈRE, d'après le roman de Pierre LOUYS, La Femme et le Pantin
Avec : Fernando REY, Carole BOUQUET, Ángela MOLINA, Julien BERTHEAU, André WEBER & Milena VUKOTIC
Montage : Hélène PLEMIANNIKOV
Directeur de la photographie : Edmond RICHARD
Producteur : Serge SILBERMAN
 
Visa : 46 801
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