CHIEN ENRAGÉ

(Nora Inu)

Un film de Akira KUROSAWA | Drame | Japon | 1949 | 122mn | N&B | 1.37:1

Le jeune inspecteur de police Murakami découvre avec stupeur qu’il s’est fait voler son arme de service dans un autobus bondé. Rongé par la culpabilité, il décide de retrouver le voleur au plus vite et rejoint pour cela les rangs de l’inspecteur Sato, à la carrière prolifique. Lorsqu’il apprend que son colt a servi à tuer un innocent, Murakami n’a plus qu’une chose en tête : mettre la main sur le coupable avant que son arme ne serve à nouveau…

Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2

 

UN FILM NOIR ADMIRABLE À L’ATMOSPHÈRE OPPRESSANTE
QUI MET À MAL LES TRAVERS DE LA SOCIÉTÉ JAPONAISE
 
Tourné en 1949, Chien enragé est le premier film produit par la Shintoho, société de production créée par des anciens de la Toho suite à une succession de grèves et de conflits internes au sein de la maison mère. À l’origine, il s’agit d’un roman qu’Akira Kurosawa écrivit sous l’influence de Georges Simenon – dont le Japonais était un grand admirateur – et qu’il transposera sous forme de scénario. Dans ce modèle de film noir qu’est Chien enragé, Kurosawa parvient à créer un climat véritablement angoissant qui se ressent dès les premières images du générique – avec ces plans de chien haletant – et à travers la chaleur étouffante qui semble écraser les personnages à tout moment. Sa peinture des bas-fonds de Tokyo est saisissante de réalisme avec ses bouges, ses trafics en tous genres provoquant l’ire de ses habitants, las de tant de précarité. La ville devient ici un personnage à part entière, décidant de la trajectoire de ses résidents. Encore une fois, Kurosawa utilise le thème du double avec les personnages de l’inspecteur idéaliste Murakami et celui du criminel Yusa, anciens soldats démobilisés ayant chacun suivi deux voies opposées. Ce sont eux les « chiens enragés » de ce film, ces hommes à la violence plus ou moins contenue qui lutteront jusqu’au bout contre leur définition de l’injustice. Chien enragé reprend à la fois les codes du film noir américain (mise en scène nerveuse, personnages et thèmes clés du genre) et ceux du néoréalisme italien (emprise de la sociologie sur le récit). Ce mélange des genres confère à ce film son caractère dénonciateur, éminemment politique.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Scénario : Akira KUROSAWA

Avec : Toshiro MIFUNE, Takashi SHIMURA, Keiko AWAJI, Eiko MIYOSHI & Noriko SENGOKU

 

Visa : 23 775

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

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Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
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