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COLONEL BLIMP

(THE LIFE AND DEATH OF COLONEL BLIMP)

Un film de Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER | Aventures | Royaume-Uni | 1943 | 163mn | Technicolor

En 1943, des soldats britanniques participant à un exercice de défense de Londres transgressent les règles et ridiculisent le major-général Wynne-Candy, une vieille baderne de l’armée. Scandalisé, ce dernier hurle qu’un tel outrage n’aurait pas été toléré à son époque. En 1902, Clive Candy est alors un jeune officier fougueux, décoré pour ses hauts faits en Afrique du Sud. De retour à Londres, il apprend qu’un Allemand est en train de répandre des rumeurs calomnieuses au sujet de l’armée britannique. Indigné, Candy décide malgré l’interdiction de ses supérieurs de se rendre à Berlin pour défendre l’honneur de la Couronne. Il y rencontre Edith Hunter, une institutrice britannique, et par une série de mésaventures se trouve forcé de participer à un duel. Blessé, il se lie d’amitié avec son rival allemand, l’officier Theo Kretschmar-Schuldorff, également blessé et soigné dans le même hôpital. Ce dernier tombe amoureux de Miss Hunter et très vite se fiance avec elle. Mais Candy, en retournant à Londres, se rend compte qu’il aime cette femme lui aussi…
Sortie au cinéma le 4 avril 2012


Récit déployé sur quarante années de guerres, Colonel Blimp retrace la vie d’un vieux militaire dévoué aux idéaux de courtoisie de l’armée britannique et désormais dépassé par le jeu sans foi ni loi des conflits modernes. Si l’on retrouve l’art des couleurs et la mise en scène géniale de Michael Powell (qui feront ensuite la gloire des Chaussons rouges ou du Narcisse noir), c’est l’écriture remarquable d’Emeric Pressburger qui se distingue ici tout particulièrement. Dynamisé par un humour omniprésent, très proche du Lubitsch de Sérénade à trois, le récit est d’une audace rare. Il s’attache à dépeindre les destinées intimes des personnages, le poids du temps passé et la place futile des hommes dans l’Histoire, devenant progressivement grave puis bouleversant.

Colonel Blimp nous conte l’amitié infaillible entre un soldat anglais et un officier allemand, admirablement joués par Roger Livesey et Anton Walbrook, faisant ainsi écho aux valeurs fraternelles de La Grande Illusion. Tous deux sont amoureux de Deborah Kerr, qui incarne ici trois personnages, trois visions de l’amour à trois époques successives. Au fur et à mesure que les deux soldats vieillissent et sentent peser le poids des regrets, elle semble conserver une jeunesse désarmante. Rarement un film avait peint avec autant de justesse et de douce mélancolie les épreuves sentimentales qui accompagnent un homme tout au long de sa vie. Enfin restauré en numérique 4K dans sa version intégrale, Colonel Blimp demeure l’une des oeuvres les plus ambitieuses et les plus marquantes du cinéma britannique. Une merveille !

LE FILM QUE CHURCHILL VOULAIT INTERDIRE
Colonel Blimp n’est pas un film de guerre, on n’y entend pas le moindre coup de feu. Cependant, il se situe doublement dans un contexte de guerre – tant au niveau de sa production qu’au niveau de son récit – ce qui en fait un projet audacieux et singulier. En 1942, alors que l’Empire britannique est en plein conflit, un tel sujet attire les foudres du War Office et de Winston Churchill qui craignent de voir tournés en dérision le patriotisme et les valeurs martiales qu’ils prônent. Le point de vue de Powell et Pressburger va à l’encontre des dizaines de film de propagande qui accompagnent l’effort de guerre. De plus, la figure vieillotte et autoritaire du colonel n’est pas sans évoquer le Premier ministre dans l’esprit des gens. Pour incarner le personnage de Candy, le premier choix des réalisateurs se porte sur Laurence Olivier. Mais celui-ci est alors mobilisé dans l’aéronavale, et Churchill fait tout pour empêcher sa mise à disposition. Heureuse conséquence : la composition de Roger Livesey s’avère extraordinaire. Au terme d’un parcours difficile, Colonel Blimp sort en juin 1943 sur les écrans britanniques avec le slogan : "Venez voir le film interdit !". C’est un grand succès.

LE PERSONNAGE DU COLONEL BLIMP
Né sous la plume du caricaturiste David Low, le colonel Blimp est à l’origine un célèbre personnage de satire incarnant l’establishment britannique et les valeurs réactionnaires de l’armée anglaise. Généralement dépeint dans un bain turc, Blimp est le spécialiste des formules farfelues, des discours pompeux et des déclarations contradictoires. Avec son embonpoint, son crâne dégarni et sa moustache de morse, il symbolise le ridicule des hautsgradés. L’expression "colonel blimp" est même passée dans le langage courant. Le tour de force du film est d’en avoir fait un personnage sentimental, brave et attachant.

LE LONG-MÉTRAGE PRÉFÉRÉ DE POWELL ET PRESSBURGER
Colonel Blimp est le premier film en Technicolor produit par The Archers, la société légendaire du duo Powell / Pressburger. Commence alors une période exceptionnelle pour les cinéastes, qui composent une série de chefs-d’oeuvre mêlant cinéma grand public et recherche artistique absolue. Somptueuse, l’image est l’oeuvre du célèbre chef opérateur Georges Périnal (Le Voleur de Bagdad), assisté d’un inconnu qui sera bientôt propulsé au sommet avec Le Narcisse noir et Les Chaussons rouges : Jack Cardiff. L’idée du Colonel Blimp serait née d’une réplique supprimée du film Un de nos avions n’est pas rentré, où un personnage disait : « Vous ne savez pas ce que ça fait que d’être vieux. ». Ainsi, le récit repose sur un long flashback traversé de grands moments de bravoure. On pense à la célébrissime séquence du duel, chassé à l’instant crucial par une ellipse subtile, ou à la tirade d’Anton Walbrook demandant l’asile, probablement l’un des plus beaux monologues de l’histoire du cinéma.

RESTAURÉ PAR THE ACADEMY FILM ARCHIVE EN ASSOCIATION AVEC THE BRITISH FILM INSTITUTE, ITV STUDIOS GLOBAL ENTERTAINMENT LTD. ET THE FILM FOUNDATION

Réalisation : Michael POWELL, Emeric PRESSBURGER

Scénario : Michael POWELL, Emeric PRESSBURGER, inspiré du personnage crée par David LOW

Avec : Anton WALBROOK, Deborah KERR, Roger LIVESEY, Roland CULVER, Harry WELCHMAN, Albert LIEVEN, Arthur WONTNER

Directeur de la photographie : Georges PÉRINAL

Montage : John SEABOURNE Sr.

Décors : Alfred JUNGE

Costumier : Joseph BATO

Producteurs : Michael POWELL, Emeric PRESSBURGER

Production : The Archers, Independant producers

 

N°Visa : 6760


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Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER


Cinéastes précurseurs, Michael Powell et Emeric Pressburger figurent, avec Hitchcock, parmi les grands maîtres du cinéma britannique.

Dans les années 1940-1950, avec leur société indépendante The Archers, ils ont conçu plusieurs films aujourd’hui considérés comme des classiques du septième art (du Narcisse noir aux Contes d’Hoffmann). Néanmoins, leur cinéma fut à son époque, et demeure, inclassable.
En effet, de par sa nature hybride et atypique, il ne peut être apprécié par le prisme de la dichotomie traditionnelle réalisme-imaginaire qui a durablement caractérisé le cinéma mondial contemporain.

Michael Powell doit sa première expérience dans le cinéma à Rex Ingram qui l’emploie à partir de 1926 autant comme comédien que comme assistant-réalisateur. Puis, il est photographe de plateaux pour deux films d’Alfred Hitchcock, Champagne (1928) et Blackmail (1929), et passe derrière la caméra pour réaliser plusieurs quota quickies, des moyens-métrages à budget réduit destinés à permettre aux salles de cinéma du Royaume-Uni de satisfaire leur quota de films britanniques. En 1937, Powell réalise son premier véritable long-métrage, À l’angle du monde.

Parallèlement, Emeric Pressburger, né en Hongrie, intègre l’industrie du film allemande (notamment les studios UFA) comme scénariste grâce à une nouvelle de sa création, et travaille sur certains des premiers films de Robert Siodmak et Max Ophuls. Il émigre en Angleterre en 1935 après avoir fui d’Allemagne en France en 1933. En 1938, Pressburger rejoint l’équipe du producteur Alexander Korda, personnage incontournable de l’industrie du cinéma britannique des années 1930 à 1950. C’est lui qui réunit le duo pour la première fois pour L’Espion noir en 1939, un film réalisé par Powell sur un scénario de Pressburger.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Powell et Pressburger réalisent d’abord quelques films de propagande, dont 49e Parallèle. En 1940, Powell dirige de son côté Le Voleur de Bagdad qui préfigure le style de leurs futures collaborations. Leur unique partenariat prend véritablement forme avec la création en 1942 de leur société de production The Archers : tous leurs films portent désormais la mention particulièrement originale « Écrit, produit et réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger ». Ce crédit partagé contient l’essence de leur collaboration et exprime toute leur complémentarité. En 1943, Colonel Blimp marque l’éloignement d’une certaine orthodoxie réaliste, qui se poursuit l’année suivante avec A Canterbury Tale, puis Je sais où je vais en 1945. Le mauvais accueil fait à cette dernière œuvre, et l’incompréhension progressive des critiques et du public face à leur vision singulière, ne les découragent pas puisqu’ils enchaînent en 1945 avec Une question de vie ou de mort, une œuvre extravagante qui regorge d’inventions cinématographiques. Avec Le Narcisse noir (1947) et Les Chaussons rouges (1948), Powell et Pressburger sont vraisemblablement à l’apogée de leur art tant en termes de créativité visuelle, d’inventivité technique que d’écriture scénaristique. Plus particulièrement, Les Chaussons rouges apparaît comme le point culminant de leur carrière, à l’image de la séquence centrale du ballet qui concentre tout leur talent. Bien qu’ils continuent à faire des films aussi originaux, dont Les Contes d’Hoffmann (1951), leurs relations avec l’industrie se tendent fortement.

Puis, en 1957, alors qu’ils évoluent de plus en plus dans des directions différentes, Powell et Pressburger mettent un terme à leur partenariat fabuleux. La carrière de Powell connaît malheureusement un coup d’arrêt brutal avec la sortie du Voyeur en 1960. Bien qu’il réalise encore quelques films, le scandale que ce dernier provoque entraîne le dénigrement puis l’oubli de la majorité de l’œuvre de The Archers.
Ironiquement, Le Voyeur devient, avec une nouvelle génération de cinéphiles, une œuvre culte et recherchée dès les années 1970. Appartiennent à cette génération de jeunes réalisateurs comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma et Steven Spielberg qui sont subjugués par les films de Powell et Pressburger, en premier lieu Les Chaussons rouges : ils s’en imprègnent fortement à l’époque pour leur cinéma qui va révolutionner Hollywood et comptent parmi les artisans de leur nécessaire réhabilitation à partir des années 1980. Cette redécouverte doit se poursuivre et s’approfondir tant l’œuvre de Powell et Pressburger est unique, passionnante et grandiose.

 

COLONEL BLIMP

Sortie le 5 novembre 2012


2 DVD – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ HD
Version Originale - Sous-Titres Français
Format 1.33 – 4/3 – Couleurs

DVD 1 : LE FILM ET LES SUPPLÉMENTS

. LA RESTAURATION DE "COLONEL BLIMP" PRÉSENTÉE PAR MARTIN SCORSESE (4 mn)

. GALERIE PHOTOS
52 photos de tournage rares et issues de la collection privée de Déborah Kerr.

DVD 2 : LES SUPPLÉMENTS

. IL ÉTAIT UNE FOIS "COLONEL BLIMP" (24 mn)
Collaborateurs et proches des Archers se souviennent de la production de Colonel Blimp, des tentatives d'interdiction du film par le gouvernement britannique et de la redécouverte tardive de ce chef-d'oeuvre.

. OPTIMISME ET VOLONTÉ (28 mn)
Un entretien exclusif avec Thelma Schoonmaker Powell (veuve de Michael Powell et monteuse de Martin Scorsese) dirigé par Michael Henry Wilson (auteur de Scorsese par Scorsese).

Édition sans fourreau


17,05 €

COLONEL BLIMP

Sortie le 5 novembre 2012


BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION
1080/23.98p • ENCODAGE AVC
Version Originale DTS-HD Master Audio 1.0 • Sous-Titres Français
Format 1.33 • Couleurs

SUPPLÉMENTS (EN HD)

. LA RESTAURATION DE "COLONEL BLIMP" PRÉSENTÉE PAR MARTIN SCORSESE (4 mn)

. IL ÉTAIT UNE FOIS "COLONEL BLIMP" (24 mn)
Collaborateurs et proches des Archers se souviennent de la production de Colonel Blimp, des tentatives d'interdiction du film par le gouvernement britannique et de la redécouverte tardive de ce chef-d'oeuvre.

. OPTIMISME ET VOLONTÉ (28 mn)
Un entretien exclusif avec Thelma Schoonmaker Powell (veuve de Michael Powell et monteuse de Martin Scorsese) dirigé par Michael Henry Wilson (auteur de Scorsese par Scorsese).

. GALERIE PHOTOS
52 photos de tournage rares et issues de la collection privée de Déborah Kerr.
 
Édition avec fourreau

20,06 €

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