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CRÍA CUERVOS

Un film de Carlos SAURA | Comédie dramatique | Espagne | 1976 | 105mn

Dans une grande maison madrilène vivent trois fillettes, entourées de leur père, de leur grand-mère paralytique, leur bonne et leur tante, qui essaie de combler le vide laissé par la mort de leur mère. L’une des sœurs, Ana, dix ans à peine, échappe à l’atmosphère étouffante en se réfugiant dans un monde de rêves. Un jour, le père meurt dans les bras de sa maîtresse. Ana est persuadée que c’est la conséquence de son pouvoir magique...

 

Sortie en salles le 07 février 2007

Sortie en DVD le 21 novembre 2007

 

« Le chef-d’œuvre de Carlos Saura. »

LIBÉRATION

 

 

« Personne ne peut oublier les grands yeux noirs de la petite Ana Torrent. »

LE FIGARO

 

Parabole sur l’Espagne franquiste, Cría Cuervos mêle avec aisance et fascination la critique d’un régime totalitaire à l’innocence d’une enfant déjà marquée par les douleurs de la vie. Réflexion mélancolique où chaque membre d’une même famille ranime les souvenirs du temps passé, Cría Cuervos laisse échapper de magnifiques instants de poésie et de grâce. Classique intemporel de Carlos Saura inscrit dans la mémoire collective grâce à la chanson Porque te vas, Cría Cuervos demeure le chef-d’œuvre sur le monde de l’enfance.

 

« Ana est un petite fille sensible et particulièrement réceptive ; face à l’agression du monde des adultes, elle s’est fabriqué un univers personnel à part où seuls trouvent place des êtres conformes à ce qu’elle attend d’eux. Dans cet univers, la réalité englobe des souvenirs qui ont la présence de l’actualité, des désirs et des hallucinations qui se confondent avec le quotidien. »

Carlos Saura

 

 

LE CINEMA ESPAGNOL SOUS LA DICTATURE FRANQUISTE

Cría Cuervos est l’un des plus beaux films restituant le climat régnant en Espagne sous la dictature de Franco. Il est aussi l’un des rares à avoir su relater en direct le drame de cette époque : en effet, les trente années de régime totalitaire, en privant les cinéastes de toute liberté, ont étouffé tout regard critique sur la société. La guerre civile espagnole avait pourtant suscité un certain bouillonnement cinématographique et fait naître de nombreux documentaires militants ou de propagande. Mais l’avènement de Franco en 1939 coupe court à cet élan : les talents partent en exil, la censure affûte ses armes. Comme dans toute dictature qui se respecte, le cinéma devient un outil d’endoctrinement idéologique. Comédies, mélodrames, niaiseries (la star du genre restant l’enfant prodige Joselito) se partagent les écrans avec une pléiade de films historique. Ces derniers sont le vecteur idéal des idéaux de la dictature, avec des héros militaires ou religieux, garants de la morale et de l’ordre. Franco signe même le scénario de l’un des fleurons les plus emblématiques du genre : Raza (1941), monument patriotique et religieux. « Il est possible d’y voir une transfiguration des frustrations et ambitions du Caudillo : sa vocation de marin brisée par la chute de l’empire espagnol ; sa volonté d’affirmation et d’ascension sociales ; son puritanisme sexuel et l’idéalisation de la femme-mère ; les valeurs familiales et militaires comme essence de la « race » hispanique. » (in Dictionnaire du Cinéma, sous la direction de Jean-Loup Passek). Un sursaut de créativité surgit au début des années 50 grâce à Bienvenue Mr Marshall (1952) de Luis G. Berlanga, une satire de l’Espagne profonde, et Mort d’un cycliste (1955) de Juan Bardem, qui traite du fossé séparant les classes dirigeantes de la classe ouvrière. Mais ce réveil du cinéma espagnol reste de courte durée. Les années 60 sont celles des sous-genres, westerns-spaghetti, films d’horreur ou comédies sexy, même si de vrais talents parviennent à émerger : parmi eux, Victor Erice et, bien sûr, Carlos Saura.

 

Saura parvient à tourner plusieurs films très virulents envers le régime en place. Bridé, son style en devient justement plus puissant : tout se passe au niveau du symbole et de la métaphore. Cría Cuervos (1975) en est l’exemple le plus frappant. La famille pesante et étouffante n’est rien moins que l’incarnation métaphorique de la société espagnole toute entière. Le père y serait Franco, la mère défunte pourrait y être la république d’hier, la grandmère le souvenir de l’Espagne d’avant la guerre civile, tandis que la jeune héroïne symboliserait la jeunesse, pleine d’incertitudes et d’espoirs. Mais la dictature vieillissante menée par le père (dans le film) et par Franco (dans la réalité), fondée sur la domination de l’Église, d’une bourgeoisie imbue de sa personne, et de l’armée, est vouée à la mort, comme l’indique le décès du père (dans le film, toujours), suivi de près par celui du général (en 1975). La fin, dans laquelle l’héroïne quitte la maison en compagnie de ses soeurs, n’est-elle pas l’esquisse d’un optimisme retrouvé, avec enfin une ouverture possible sur le monde ? Dans les faits, la fin de la dictature franquiste ne relance pas immédiatement le processus créatif du cinéma espagnol. Il faudra attendre pour cela la Movida et son rejeton le plus emblématique, Pedro Almodovar.

Réalisation : Carlos SAURA

Scénario : Carlos SAURA

Avec : Geraldine CHAPLIN, Ana TORRENT, Conchita PÉREZ, Maite SANCHEZ, Germán COBOS, Mónica RANDALL, Florinda CHICO, Héctor ALTERIO & Josefina DIAZ

Musique : Federico MOMPOU/ Chanson Porque te vas interprétée par Jeanette

Montage : Pablo GONZALES DEL AMO

Directeur de la photographie : Teodoro ESCAMILLA

Production : Elías Querejeta Producciones Cinematográficas S.L.

Producteurs : Elías QUEREJETA & Carlos SAURA

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Carlos SAURA


On se souvient de lui pour... avoir su capter comme aucun autre les rêves de l’enfance dans Cría Cuervos. Mais aussi pour avoir défié le régime franquiste à travers des œuvres subtiles et engagées comme Le Jardin des délices, Ana et les loups, La Cousine Angélique et Elisa mon amour. Il fut probablement le plus grand auteur du cinéma espagnol des années 70.

 

Il est né en 1932 dans une famille d’artistes : sa mère est pianiste, et son frère, Antonio Saura, un peintre de renom. Los Golfos, son premier long métrage, en 1959, lui cause ses premiers démêlés avec le régime de Franco. Sa description sur un mode néo-réaliste de la délinquance juvénile et des classes défavorisées n’a en effet rien de politiquement correcte. Bien que transposant son esprit critique dans le récit picaresque et ayant recours à la figure mythique d’un hors-la-loi du XIXème siècle pour Ballade pour un bandit en 1963, il connaît d’énormes problèmes avec la censure. Dès lors, il est forcé de passer par l’allégorie et le symbole afin de présenter sa vision de la société.

 

C’est ce qui va faire de lui l’un des cinéastes au style le plus puissant de la décennie 70. Son univers est dominé par des cellules familiales qui se font métaphores du régime franquiste, et par des figures d’enfant qui posent sur ce monde leur regard innocent. C’est ainsi qu’il peut se permettre des charges virulentes contre l’Etat, l’Eglise et l’armée, dans des films comme Le Jardin des délices (1970), Ana et les loups (1972), La Cousine Angélique (1973), et Elisa mon amour (1977). Sans oublier bien sûr Cría Cuervos en 1975 : c’est le film qui permet au cinéma exigeant et austère de Saura, surtout réputé auprès des cinéphiles et prisé des festivals, de toucher un grand public et de faire le tour du globe.

 

La mort de Franco marque la fin d’une inspiration qui aura su faire un atout d’une contrainte. Carlos Saura s’impose dans un autre registre : la danse. Son art prend une tournure flamboyante aux accents de flamenco. C’est Noces de sang (1981), Carmen (1983), L' Amour sorcier (1986), puis plus tard Tango (1998) et Salomé (2002). Référence à son frère peintre, il réalise aussi Goya en 1999. Pendant ce temps, les nostalgiques de ses chefs-d’œuvre des années 70 continuent de voir et de revoir Cría Cuervos, tout comme la petite fille du film passe et repasse le célébrissime refrain Porque te vas...

 

DVD - CRÍA CUERVOS

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ

Version Originale / Version Française

Sous-Titres Français & Espagnol

Format 1.77 respecté – 16/9 compatible 4/3 – Couleurs

 

LES SUPPLÉMENTS :

 

. L'Album d'Ana, une Mémoire de l'Espagne (27 mn)

Claude Murcia, Professeur d'études cinématographiques et de littérature analyse les thématiques de l’oeuvre autour de ses personnages et revient sur les traces du franquisme qui émaillent le film.

. Chez Carlos Saura (42 mn)

Dans sa maison madrilène, une conversation avec le réalisateur sur sa perception du cinéma, au ton poétique et surréaliste, et ponctuée de souvenirs de tournage.

. Entretien avec Elías Querejeta (18 mn)

Sous forme de questions-réponses, Elías Querejeta revient sur la production de Cría Cuervos et sur sa carrière de producteur.

. Bande-annonce d’époque

. Bandes-annonces 2007

. Partie DVD-Rom

Les dossiers pédagogiques édités par Zéro de conduite et Le Latina Cinélangues lors de la ressortie du film en février 2007.

Édition sans fourreau

17,05 €

CRÍA CUERVOS

Sortie le 2 juillet 2014


BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION
1080/24p • ENCODAGE AVC
Version Originale / Version française
DTS-HD MASTER AUDIO 1.0
Sous-Titres Français • Format 1.66 respecté
Couleurs • Durée du Film : 109 mn

SUPPLÉMENTS (EN HD)

. L'ALBUM D'ANA, UNE MÉMOIRE DE L'ESPAGNE (27 mn)
Claude Murcia, professeur d'études cinématographiques et de littérature, analyse les thématiques de l'oeuvre autour de ses personnages et revient sur les traces du franquisme qui émaillent le film.

. CHEZ CARLOS SAURA (42 mn)
Dans sa maison madrilène, une conversation avec le réalisateur sur sa perception du cinéma, au ton poétique, surréaliste, et ponctuée de souvenirs de tournage.

. ENTRETIEN AVEC ELIAS QUEREJETA (18 mn)
Sous forme de questions-réponses, Elias Querejeta revient sur sa carrière de producteur et sur Cría Cuervos.

. BANDE-ANNONCE, BANDES-ANNONCES 2007, PARTIE BD-ROM
 
Édition avec fourreau

20,06 €

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