A TRAVERS LE MIROIR

(Såsom i en spegel)

Un film de Ingmar BERGMAN | Drame | Suède | 1961 | 91mn | N&B | 1.33

Quatre membres d’une même famille sont réunis sur l’île de Farö pour passer ensemble quelques jours de vacances. Il y a là Karin, jeune femme souffrant de troubles mentaux, son mari Martin, son jeune frère Minus et leur père David, écrivain raté qui n’a jamais été très présent dans la vie de ses enfants. Les trois hommes tentent de réconforter au mieux Karin mais cette dernière sombre dans des délires de plus en plus paranoïaques…
Au cinéma le 24 octobre 2018 en version restaurée inédite dans le cadre de la rétrospective Ingmar Bergman partie 3
En parallèle de la rétrospective à la Cinémathèque française du 19 septembre au 11 novembre 2018
 

Premier volet d’une trilogie sur « l’absence de Dieu » comprenant Les Communiants et Le Silence (tous deux sortis en 1963), À travers le miroir est une brillante et sombre réflexion sur la création, la mort et l’au-delà, que Bergman va tenter de personnifier à travers ses personnages. Alors que le père, David, se sert de ses enfants et de leur mal être pour nourrir son art, Karin plonge dans un délire mystique, persuadée d’être en communication avec Dieu, ce qui l’amènera à commettre l’irréparable. Aucun échappatoire chez ces protagonistes, si ce n’est une infinie solitude qui infusera dans l’esprit des autres membres de la famille, Martin et surtout Minus. Quasi-huis clos centré autour de quatre personnages, À travers le miroir est un véritable chef-d’œuvre d’épure avec sa photographie signée Sven Nykvist : ce dernier laisse de côté ses précédentes prouesses stylistiques pour aller à l’essentiel – à savoir l’exploration de la psyché humaine –, rejoignant par là le cinéma de son contemporain, Michelangelo Antonioni. Lauréat de l’Oscar du Meilleur film étranger en 1961, À travers le miroir est un portrait à charge contre la famille, institution ici proche de la désintégration faute de communication entre ses membres. Huit ans après le célèbre Monika, Harriet Andersson crève à nouveau l’écran dans ce rôle de femme en proie à la psychose.

Réalisation : Ingmar BERGMAN
Scénario : Ingmar BERGMAN
Avec : Harriet ANDERSSON, Gunnar BJÖRNSTRAND, Max von SYDOW & Lars PASSGÅRD
Musique : Erik NORDGREN
Montage : Ulla RYGHE
Directeur de la photographie : Sven NYKVIST
Décors : P.A. LUNDGREN

Producteur : Allan EKELUND

 

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Ingmar BERGMAN


Auteur d’une cinquantaine de longs-métrages réalisés entre 1946 et 2003, Ingmar Bergman occupe une place essentielle dans le patrimoine cinématographique mondial. Influencé aussi bien par le cinéma français des années 1930 que par le néoréalisme italien ou le romantisme allemand, le « magicien du Nord » n’a eu de cesse d’autopsier les rapports familiaux et amoureux, dévoilant ainsi sa passion pour les femmes – et les actrices – mais aussi sa lucidité face à la vie de couple et à la famille. Cette rétrospective en sept films propose de (re)découvrir une oeuvre protéiforme, parfois onirique (Le Septième Sceau, La Source), parfois légère (Sourires d’une nuit d’été), souvent tragique (Scènes de la vie conjugale, Sonate d’automne) où Bergman se révèle un formidable peintre des visages. Plus de six ans après la mort du cinéaste, son oeuvre reste indéniablement une référence majeure pour de nombreuses générations de réalisateurs, de Woody Allen à Pedro Almodóvar, de Philippe Garrel à Arnaud Desplechin en passant par Asghar Farhadi.