ANGE IVRE, L

(Yoidore Tenshi)

Un film de Akira KUROSAWA | Drame | Japon | 1948 | 98mn | N&B | 1.37:1

Suite à une rixe qui a mal tourné, Matsunaga, gangster respecté d’un quartier malfamé de Tokyo, se rend chez le docteur Sanada pour faire soigner sa blessure. Ce dernier lui apprend qu’il est atteint de tuberculose, mais Matsunaga ne veut rien savoir et continue de mener un train de vie excessif. Le docteur, lui-même alcoolique, va tout faire pour convaincre le jeune truand de se soigner…
Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
 
KUROSAWA SIGNE SA 1RE OEUVRE OUVERTEMENT PERSONNELLE
OÙ EXPLOSE LE TALENT DE SA FUTURE STAR, TOSHIRO MIFUNE
 
Pour écrire le scénario de L’Ange ivre, Akira Kurosawa fait de nouveau appel à son ami dramaturge Keinosuke Uekusa, qui venait de signer une enquête dans les milieux de la drogue japonais. Avec ce huitième long-métrage, le réalisateur a enfin le sentiment d’avoir tourné « son » film. En effet, L’Ange ivre annonce ses grands chefs-d’oeuvre à venir et ses thèmes de prédilection : sa peinture réaliste des bas-fonds de la capitale (métaphorisés ici par l’image de la mare), son goût pour une certaine théâtralité (son choix de tourner en quasi-huis clos) et son univers fortement dostoïevskien (le thème du double chez les deux personnages principaux).
Ces deux héros que tout oppose mais qui ne pourront s’empêcher de ressentir une certaine empathie, voire une forme de reconnaissance, l’un vis-à-vis de l’autre. Car le talent de Kurosawa réside bien dans sa peinture fidèle de l’âme humaine où rien n’est tout blanc ni tout noir – à l’image du médecin alcoolique, cet « ange ivre » qui donne à ce film son beau titre oxymorique. Cette oeuvre marque également la rencontre entre le réalisateur et celui qui deviendra son acteur fétiche, Toshiro Mifune, et avec lequel il tournera seize films. Son incroyable charisme finit presque par éclipser le personnage du médecin – joué par un autre fidèle de Kurosawa, Takashi Shimura –, à la base héros de cette histoire. Lorgnant à la fois vers le film noir américain et l’expressionnisme européen, L’Ange ivre sera un grand succès à sa sortie au Japon et lancera les carrières de Kurosawa et de Toshiro Mifune.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Scénario : Akira KUROSAWA

Avec : Takashi SHIMURA, Toshiro MIFUNE, Michiyo KOGURE, Reizaburo YAMAMOTO & Chieko NAKAKITA

Production : TOHO

 

Visa : 74 910

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

 

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

Votre avis

Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
SELECT MOVIE