PLUS DIGNEMENT, LE

(Ichiban Utsukushiku)

Un film de Akira KUROSAWA | Drame | Japon | 1944 | 87mn | N&B | 1.37:1

Japon, 1944. Alors que les combats font rage dans le Pacifique, les civils se mobilisent de leur côté pour participer à l’effort de guerre. De jeunes ouvrières volontaires se sont engagées au sein d’une usine fabriquant des lentilles pour l’artillerie. Avec courage et patriotisme, ces filles sont déterminées à augmenter leur cadence de productivité, malgré la fatigue et les souffrances engendrées…
Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
 
POUR SON 2E LONG-MÉTRAGE, KUROSAWA REND HOMMAGE
AUX FEMMES JAPONAISES ET À LEUR COURAGE EN TEMPS DE GUERRE
 
Un an après La Légende du grand judo réalisé en 1943, Akira Kurosawa tourne son deuxième long-métrage, Le Plus Dignement. En ces temps de combats intensifs contre les Alliés, l’industrie cinématographique japonaise doit elle aussi participer à l’effort de guerre. C’est ainsi que de nombreux cinéastes de renom, comme Kenji Mizoguchi ou Yasujiro Ozu, ont été contraints, afin de pouvoir tourner, de réaliser un film mettant en avant la nation et le sentiment patriotique.
Dès lors, l’image que donne Kurosawa de ces ouvrières combattives qui, comme Watanabe, vont jusqu’à sacrifier leur famille pour la communauté, n’est évidemment pas fidèle à la réalité de l’époque. Le cinéaste exalte ici les valeurs morales de la société japonaise, vue comme un idéal de solidarité et d’harmonie, capable de combattre ses ennemis par sa détermination sans faille. Le Plus Dignement est toutefois bien plus qu’un simple film de propagande ; Kurosawa y appose délicatement sa touche personnelle, notamment son choix de tourner dans un style semi-documentaire. Les actrices – toutes des comédiennes professionnelles – ont vécu comme de véritables ouvrières durant l’ensemble du tournage, mangeant, dormant, travaillant comme elles, effectuant leurs mêmes gestes précis. Il s’agit enfin de l’un des rares films de Kurosawa centré sur un groupe de femmes et mettant à l’honneur leur apport inestimable dans la société japonaise. Oeuvre indissociable de son contexte « guerrier », Le Plus Dignement n’en gardera pas moins son importance aux yeux de Kurosawa qui continuera à chérir ce film tout au long de sa carrière.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Avec : Takashi SHIMURA, Soji KIYOKAWA, Ichiro SUGAI, Takako IRIE & Yoko YAGUCHI

 

Visa : 143 064

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

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Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
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