VISAGE, LE

(Ansiktet)

Un film de Ingmar BERGMAN | Drame | Suède | 1958 | 101mn | N&B | 1.33

Suède, 1846. La troupe menée par le docteur Vogler, magnétiseur de renom, fait route vers Stockholm. En chemin, ils sont arrêtés par les forces de l’ordre et conduits chez le consul Egerman et sa femme, où les attendent également le préfet de police Starbeck et le Dr Vergerus, conseiller médical de haut rang. Accusé de supercherie, Vogler va devoir affronter son confrère qui refuse de croire en l’irrationnel et à ses soi-disant dons surnaturels…
Au cinéma le 24 octobre 2018 en version restaurée inédite dans le cadre de la rétrospective Ingmar Bergman partie 3
En parallèle de la rétrospective à la Cinémathèque française du 19 septembre au 11 novembre 2018
 
Dans le bien nommé Le Visage, Ingmar Bergman met en scène toute une galerie de personnages dont il va tenter de percer le mystère en étudiant leur visage, cette zone d’ombre et de lumière à la fois expressive et opaque. Les protagonistes se scrutent les uns les autres pour essayer de décrypter une émotion, une vérité, et voir plus loin que les apparences – aboutissant in fine à une scène d’autopsie. C’est notamment le visage du Dr Vogler – visage artificiel puisque celui-ci porte un masque, comme son acolyte M. Aman – que le très cartésien Vergerus souhaite arracher pour conforter ses croyances. Le personnage de Vogler peut se voir comme un double du cinéaste, un artiste ayant perdu foi en son art et que l’on force à révéler les ficelles de ses spectacles, désormais en proie au doute quant à son pouvoir de création. Parallèlement à ce combat des esprits entre les deux hommes, Bergman fait preuve d’un ton plus léger en filmant les marivaudages entre les domestiques, se rapprochant par là du vaudeville. Empruntant les thèmes chers au cinéaste – la troupe itinérante, un univers entre songe et réalité, le questionnement sur le tangible et l’intangible –, Le Visage est une œuvre brillante à la fois drôle et effrayante, filmée dans un splendide noir et blanc au ton expressionniste.
Réalisation : Ingmar BERGMAN
Scénario : Ingmar BERGMAN
Avec : Max von SYDOW, Ingrid THULIN & Gunnar BJÖRNSTRAND
Musique : Erik NORDGREN
Montage : Oscar ROSANDER
Directeur de la photographie : Gunnar FISCHER
Décors : P.A. LUNDGREN

Producteur : Allan EKELUND

 

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Ingmar BERGMAN


Auteur d’une cinquantaine de longs-métrages réalisés entre 1946 et 2003, Ingmar Bergman occupe une place essentielle dans le patrimoine cinématographique mondial. Influencé aussi bien par le cinéma français des années 1930 que par le néoréalisme italien ou le romantisme allemand, le « magicien du Nord » n’a eu de cesse d’autopsier les rapports familiaux et amoureux, dévoilant ainsi sa passion pour les femmes – et les actrices – mais aussi sa lucidité face à la vie de couple et à la famille. Cette rétrospective en sept films propose de (re)découvrir une oeuvre protéiforme, parfois onirique (Le Septième Sceau, La Source), parfois légère (Sourires d’une nuit d’été), souvent tragique (Scènes de la vie conjugale, Sonate d’automne) où Bergman se révèle un formidable peintre des visages. Plus de six ans après la mort du cinéaste, son oeuvre reste indéniablement une référence majeure pour de nombreuses générations de réalisateurs, de Woody Allen à Pedro Almodóvar, de Philippe Garrel à Arnaud Desplechin en passant par Asghar Farhadi.