PASSION, UNE

(En passion)

Un film de Ingmar BERGMAN | Drame | Suède | 1969 | 100mn | Couleurs | 1.66

Andreas Winkelman vit seul depuis quelques années sur une île de la Baltique. Un jour, une femme nommée Anna Fromm sonne à sa porte pour lui demander d’utiliser son téléphone, mais oublie son sac en partant. Lorsqu’Andreas vient le lui rapporter, ce n’est pas Anna qui lui ouvre mais un couple d’amis, Elis et Eva Vergérus. Il apprend alors que la jeune femme a récemment perdu son mari et son fils dans un grave accident de voiture. Andreas va rapidement se rapprocher des trois amis. Pendant ce temps, une série de meurtres d’animaux sème le trouble parmi la population locale…
Au cinéma le 24 octobre 2018 en version restaurée inédite dans le cadre de la rétrospective Ingmar Bergman partie 3
En parallèle de la rétrospective à la Cinémathèque française du 19 septembre au 11 novembre 2018
 
Tourné sur l’île de Farö, Une passion est interprété par la fidèle troupe d’acteurs d’Ingmar Bergman, campée par Max von Sydow, Liv Ullmann, Bibi Andersson et Erland Josephson. Le réalisateur exploite l’un de ses thèmes de prédilection, la destruction de l’amour et du couple, annonçant son futur chef-d’œuvre Scènes de la vie conjugale (1973). L’intrigue parallèle autour des meurtres commis sur les animaux aurait une valeur purement allégorique, voire cathartique : cette extériorisation de leurs souffrances montre aux personnages que leur couple est dans une impasse, sans possibilité de secours. C’est la deuxième fois que le cinéaste et son directeur de la photographie Sven Nykvist tournent en couleurs, après Toutes ses femmes en 1964. Cette expérience leur permet d’exploiter toute une gamme chromatique – ici dominée par le rouge et le jaune – et de magnifier les paysages de l’île de Farö. Une autre nouveauté est à noter du côté de la mise en scène avec le recours au film dans le film, dans lequel les acteurs donnent leurs points de vue sur leur personnage. Les comédiens sont ici volontairement mis en avant, Bergman délaissant sa méthode habituelle – faite de dialogues très écrits que ses interprètes se devaient de respecter à la lettre – pour l’improvisation, où les acteurs se livrent autant que leur personnage. Mais la voix off campée par Bergman himself sert d’orchestration à ce choral tragique autour de la passion – ou plutôt de l’absence de passion – qui ronge les personnages.
Réalisation : Ingmar BERGMAN
Scénario : Ingmar BERGMAN
Avec : Max von SYDOW, Liv ULLMANN, Bibi ANDERSSON & Erland JOSEPHSON
Montage : Siv KANÄLV
Directeur de la photographie : Sven NYKVIST
Décors : P.A. LUNDGREN

Producteur : Lars-Owe CARLBERG

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Ingmar BERGMAN


Auteur d’une cinquantaine de longs-métrages réalisés entre 1946 et 2003, Ingmar Bergman occupe une place essentielle dans le patrimoine cinématographique mondial. Influencé aussi bien par le cinéma français des années 1930 que par le néoréalisme italien ou le romantisme allemand, le « magicien du Nord » n’a eu de cesse d’autopsier les rapports familiaux et amoureux, dévoilant ainsi sa passion pour les femmes – et les actrices – mais aussi sa lucidité face à la vie de couple et à la famille. Cette rétrospective en sept films propose de (re)découvrir une oeuvre protéiforme, parfois onirique (Le Septième Sceau, La Source), parfois légère (Sourires d’une nuit d’été), souvent tragique (Scènes de la vie conjugale, Sonate d’automne) où Bergman se révèle un formidable peintre des visages. Plus de six ans après la mort du cinéaste, son oeuvre reste indéniablement une référence majeure pour de nombreuses générations de réalisateurs, de Woody Allen à Pedro Almodóvar, de Philippe Garrel à Arnaud Desplechin en passant par Asghar Farhadi.