UNE FEMME DE TOKYO

UNE FEMME DE TOKYO
(Tokyo No Onna)

Un film de Yasujiro OZU | Drame | Japon | 1933 | 47mn

Vote 0

Secrétaire le jour, Chikako travaille le soir dans un cabaret pour pouvoir payer les études de son frère Ryoichi. Lorsque ce dernier apprend son activité secrète, il décide de s'enfuir.

Mélodrame bouleversant, tourné en seulement huit jours, Une femme de Tokyo puise son récit à la fois dans le film social américain et dans la réalité de la crise mondiale qui toucha durement le Japon. Le style d’Ozu se précise, avec l’attachement au cinéma muet condamné, insérant plans d’horloges, d’objets usuels et de reflets en contrepoint des scènes les plus dramatiques.

Réalisateur : Yasujiro OZU

Scénario : Tadao IKEDA, Kogo NODA, d'après l'oeuvre de Ernst SCHWARTZ

Avec : Yoshiko OKADA, Ureo EGAWA, Kinuyo TANAKA, Shinyo NARA

Directeur de la photographie : Hideo SHIGEHARA

Montage : Kasuo ISHIKAWA

Costumes : Takashi KISU

Production : Shochiku Films Ltd.

 

 

 

Réalisateur
Yasujiro  OZU

Yasujiro OZU


Yasujiro Ozu est né en 1923 à Tokyo, mais passe la majeure partie de son enfance et adolescence à Matsusaka, près de Nagoya. Il y découvre le cinéma, en particulier le cinéma hollywoodien, pour lequel il se passionne. Il se rend alors régulièrement à Nagoya pour voir les films de Chaplin, Murnau, ou Lubitsch, qu’il considère rapidement comme son réalisateur préféré. En 1923, après avoir échoué à l’examen d’entrée de l’Ecole Supérieure de commerce de Kobe, Ozu se fait engagé comme assistant opérateur à la Sh?chiku Kinema. Rapidement, il devient assistant réalisateur et réalise son premier film Zange no yaiba (Le Sabre la Pénitence), pour lequel il travaille avec le scénariste Kôgo Noda, marquant ainsi le début d’une longue et fructueuse collaboration. Mais la guerre civile ayant éclatée, Ozu est incorporé dans l’armée japonaise et se voit dans l’impossibilité de finir son film.

 

De retour de la guerre, il se lance pleinement dans la réalisation de films, gardant souvent la même équipe technique ainsi que les mêmes acteurs. Influencé par le modèle américain et le cinéma européen, il débute sa carrière par des comédies, genre dans lequel il excelle (Kabocha (La Citrouille), 1928). Très vite, son style devient de plus en plus personnel (Kaishain Seikatsu, (La vie d’un employé de bureau), 1929), même si les influences américaines sont toujours fortement présentes. De manière subtile, Ozu parvient à diffuser un message contestataire à travers ses comédies sociales, comme dans (Tokyo no gassho (Chœur de Tokyo), 1931) qui porte sur un fonctionnaire qui sombre dans la misère. Bien que le cinéma soit devenu parlant, Ozu préfère tourner des films muets, et fait du rapport entre les parents et les enfants son thème de prédilection. Au fil des années, il parvient à se libérer de ses influences occidentales : son style de mise en scène s’affine et devient de plus en plus dépouillé. Il préfère un cinéma essentiellement composé de longs plans fixes aux mouvements d’appareils et aux effets de montage, et choisit de filmer à la hauteur de ses personnages, comme dans (Otona no miru ehon umarete wa mita keredo (Gosses de Tokyo), 1932).

 

C’est en 1935 qu’il se lance finalement dans le parlant, et propose ainsi Hitori musuko (Le fils unique) en 1936. L’année suivante, il est mobilisé par l’armée et sert durant plusieurs mois en Chine. Il réussit cependant à réaliser Todake no kyodai (Les Frères et sœur Toda) en 1941, qui rencontre un grand succès auprès du public. En 1943, on lui confie la réalisation d’un film de propagande à Singapour, pour lequel il ne tourne que quelques plans car la capitulation est inévitable. Il est fait prisonnier à Singapour et ne pourra rentrer au Japon qu’en 1946. A son retour, il revient sur le devant de la scène avec entre autre Nagaya Shinshiroku (Récits d’un propriétaire, 1948), puis en 1949 avec Banshun (Printemps tardif). Ce film marque « une renaissance » du cinéaste, considéré par beaucoup comme une œuvre parfaite, puisqu’Ozu parvient à faire un film épuré dans lequel il saisit avec justesse les détails qui constitue la vie quotidienne. Surtout, Printemps tardif lui permettra d’acquérir une certaine réputation internationale.

 

Jusqu’en 1963, Ozu réalise une série de films qui témoigne de sa sensibilité et de sa mise en scène formelle et poétique, dont Tokyo monogatari (Voyage à Tokyo, 1953), que l’on situe parmi ses chefs d’œuvre. En 1958, Ozu tourne son premier film en couleurs,  Higanbana (Fleurs d’équinoxe), et décide de poursuivre cette expérience pour ses derniers films : Ohayo (Bonjour, 1959), Ukikusa (Herbes flottantes, 1959), Akibiyori (Fin d’automne, 1960), Kohayagawake no aki (Dernier caprice, 1961) et Sanma no aji (Le goût du saké, 1962). Dans ces dernières œuvres empruntes de mélancolie, qui ont contribué au succès planétaire du cinéaste, Ozu s’attache à mettre en évidence la destruction du système familial japonais face à l’évolution des mœurs.

Il meurt en 1963, laissant derrière lui une filmographie remarquable, qui a fait de lui l’un des cinéastes japonais les plus admirés. Par ses intrigues simples et sa mise en scène d’une extrême sobriété, Ozu a su capté l’essence même de ses sujets, renouant ainsi avec une longue tradition artistique japonaise.


FILMOGRAPHIE SELECTIVE :

 

 

COFFRET OZU - VOLUME 1
COFFRET OZU VOLUME 1

4 DVD 9 – NOUVEAUX MASTERS RESTAURÉS
Format 1.37 respecté - 4/3 - N&B;
Intertitres Japonais / Versions Originales
Sous-Titres Français

DVD 1 : OU SONT LES RÊVES DE JEUNESSE ? + UNE FEMME DE TOKYO
Supplément : Court-métrage : Kagamijishi (24 mn)
Ozu capte la danse du lion lors d’une représentation théâtrale.

DVD 2 : HISTOIRE D'HERBES FLOTTANTES + RÉCIT D'UN PROPRIÉTAIRE
Supplément : Court-métrage : Un garçon honnête (14 mn)
Un garçon se lie d’amitié avec son kidnappeur.

DVD 3 : PRINTEMPS TARDIF
Supplément : Conversations sur Ozu (80 mn)
Un documentaire porté par la réflexion de grands cinéastes tels que Paul Schrader, Wim Wenders, Aki Kaurismäki, Claire Denis, Stanley Kwan, Lindsay Anderson et Hou Hsiao-hsien.

DVD 4 : CRÉPUSCULE À TOKYO
Supplément : Court-métrage : Amis de combat (15 mn)
La vie de deux amis colocataires.
Figures : Trains et voitures
(10 mn). D’hier à aujourd’hui, un parallèle sur les trains et les voitures, éléments récurrents dans la filmographie d’Ozu.

INCLUS UN LIVRET (32 PAGES) INÉDIT

54,99 €

 

 

Votre avis

Soyez le premier à donner votre avis sur ce film.

 

Kit Pro

 

Soyez le premier à devenir
fan de ce film.