FEMMES EN MIROIR

FEMMES EN MIROIR
(Kagami no Onnatachi)

Un film de Kijû YOSHIDA | Drame | Japon | 2002 | 124mn

Vote 5

Ai Kawase vit dans la proche banlieue de Tokyo. Elle est la veuve d'un médecin, Shinji. Sa fille Miwa s'est enfuie à l'âge de vingt ans. Elle a réapparu quatre ans plus tard, pour donner naissance à une fille, Natsuki, avant de disparaître à nouveau. Un jour, Ai reçoit un appel de la mairie, pour l'informer qu'une femme vient d'être retrouvée en possession du livret de famille de Miwa…

« Trois femmes de générations différentes questionnent leur identité par rapport au bombardement atomique. Qu’aucune d’elles ne puisse apporter de rponse démontre l’absurdité même de la bombe. Un film peut bien en parler : n’en subsistera jamais qu’une énigme, impossible à cerner complètement, car la bombe ouvre une discussion sans fin. » ― Kijû Yoshida

Réalisation :Kijû YOSHIDA

Scénario : Kijû YOSHIDA

Avec : Mariko OKADA, Yoshiko TANAKA, Sae ISSIKI, Hideo MUROTA, Mirai YAMAMOTO

Musique : Keiko HARADA & Mayumi MIYATA

Directeur de la photographie : Masao NAKABORI

Montage :Kijû YOSHIDA & Hiroaki MORISHITA

Décors : Kyôko HEYA

Production : GENDAI EIGASHA

Producteurs : Akira NARISAWA, Matsuo TAKAHASH & Philippe JACQUIER

 

 

 

Réalisateur
Kijû YOSHIDA

Kijû YOSHIDA


Artiste japonais discrètement prolixe, Kijû Yoshida a construit en cinquante ans une œuvre exigeante, sensible et érudite, dont on mesure depuis dix ans l’importance dans l’histoire du cinéma.
19 films de fiction et une centaine de documentaires, soutenus par une importante production critique, manifestent l’originalité d’un auteur rétif à toute classification, même s’il a souvent été comparé à des cinéastes européens comme Antonioni, Godard ou Bergman.

Après des études à l’université de Tokyo, où il approfondit son intérêt pour la pensée française et les théories existentialistes, Kijû Yoshida, également connu sous le nom de Yoshishige Yoshida, entre en 1955 au studio Shôchiku. Il y est repéré par Kinoshita, dont il est l’assistant jusqu’en 1960. La même année, il devient avec Bon à rien l’un des hérauts de la modernité cinématographique japonaise, aux côtés d’Oshima et de Shinoda, avec qui il forme la « Nouvelle Vague Shôchiku », à l’instar du mouvement qui bouleverse le cinéma en Europe au même moment.
Porté par la volonté d’abattre les structures usuelles, mais surtout par l’exigence de se mettre soi-même en danger (il théorise à l’époque la nécessité d’une perpétuelle « négation de soi »), Yoshida se montre un expérimentateur inlassable.
Tout en livrant de bouleversants portraits de femmes (Histoire écrite sur l’eau, Le Lac des femmes, Flamme et femme) grâce à son épouse et égérie, la célèbre actrice Mariko Okada, il renouvelle les possibilités narratives et plastiques du cinéma (Eros + Massacre, Purgatoire eroica). Une « éthique de la métamorphose », selon le théoricien Shiguéhiko Hasumi, qui le poussera à s’exiler pendant treize ans loin du Japon et du cinéma, pour visiter l’histoire de l’art mondial au fil d’une série documentaire produite par la télévision (Beauté de la beauté).

 

 

DVD - FEMMES EN MIROIR

ADIEU CLARTÉ D'ÉTÉ / FEMMES EN MIROIR

DVD 9 – NOUVEAUX MASTERS RESTAURÉS

Versions Originales

Sous-Titres Français

Formats 2.35 & 1.85 respectés – 16/9 compatible 4/3 – Couleurs

Durée des Films : 92 mn / 124 mn

INCLUS

. PRÉFACES DE KIJÛ YOSHIDA

. BANDES-ANNONCES

14,99 €

 

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mishkaism

On doit constater, hélas, que ''Femmes en miroir'' demeure plutôt méconnu. Le film remarquable de Yoshida a été redonné par l'Institut Lumière un 29 avril 2008, en présence de l'auteur et de son épouse, l'immense Mariko Okada. Ici, dans le rôle d'Aï Kawase, elle est à son sommet. Film bouleversant et fabuleusement intelligent, ''Femmes en miroir'' expose trois existences féminines marquées par la bombe, mais aussi par les conséquences de la guerre. "Miroir, qui suis-je...?", hurle Masako/Miwa (?) à la recherche d'une identité improbable. Ce miroir brisée symbole d' une déchirure indélébile pour la grand-mère Aï qui ne cherche aucunement à s'en défaire. Car, les femmes - au Japon, spécifiquement - elles qui ne furent nullement bellicistes et qui durent subir de plein fouet les lendemains terribles d'une défaite à laquelle la société japonaise ne les avait nullement préparées. Trois générations de femmes donc. Car, le traumatisme n'agit pas que sur l'époque où le cataclysme survient. Chacun le sait, mais les films sont rares qui l'analysent ainsi que le fait Yoshida. Yoshida a raison : la bombe est une absurdité et en débattre nous conduirait à une discussion sans fin. Reste ce film pathétique, essentiel, accusateur. Il nous faut aussi féliciter la photographie de Masao Nakabori et la musique de Keiko Harada toujours au diapason de ces femmes en recherche d'une vérité insaisissable.

Photos

 

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