Un film de James WHALE | SF-Fantastique | États-Unis | 1935 | 71mn
Mary W. Shelley raconte à son mari Percy Shelley et au poète Lord Byron la suite de son livre Frankenstein. Le monstre créé de toutes pièces par le savant Henry Frankenstein n’est pas mort à la fin du premier épisode. Il continue à semer la terreur dans la campagne et dans les bois. Pendant ce temps, Henry Frankenstein, dévasté par les tragédies engendrées par sa créature, reçoit la visite du docteur Septimus Pretorius, qui lui montre les tout petits personnages auxquels il a donné vie. Il lui demande son aide pour concevoir une nouvelle créature : une femme, cette fois…
Sortie en salles le 25 juin 2008
De l’avis de nombreux observateurs, cette suite réalisée peu après Frankenstein avec la même équipe est supérieure à l’original. Le film s’ouvre sur un prologue mettant en scène l’auteur du roman entourée de ses deux amants ; elle nous annonce que, contrairement aux apparences, la créature n’est pas morte, et s’empresse de continuer son histoire. Plus fidèle à l’esprit gothique de Shelley que le précédent opus, La Fiancée de Frankenstein reprend des évènements marquants du roman : la rencontre du monstre avec le vieil aveugle et surtout la « fabrication » d’un partenaire féminin, goule à la chevelure électrifiée.
Peu enclin à réaliser une suite, James Whale hésita beaucoup avant de se lancer dans le projet. Il accepta de tourner La Fiancée de Frankenstein à une seule condition : bénéficier d’une totale liberté artistique. Selon la légende, le cinéaste n’eut pas trop de mal à obtenir ce qu’il demandait puisque Carl Laemmle Jr., l’illustre producteur de la série, se trouvait en Europe à ce moment-là. Cette liberté se ressent dans l’œuvre finale. Plus complexe et plus aboutie que le premier film, cette suite dote le monstre de parole et multiplie les figures élaborées dans Frankenstein : un deuxième savant fou, plus diabolique encore que le Dr Frankenstein, fait son apparition. Cette surenchère a su porter ses fruits puisque, dès sa sortie en 1935, le film connaît un vif succès commercial et critique. En vieillissant, La Fiancée de Frankenstein voit sa réputation grandir et s’impose aujourd’hui comme le chef-d’œuvre incontesté de James Whale.
« Si vous avez le cœur fragile et que vous ne pouvez supporter des émotions trop intenses ou effroyables, nous vous recommandons de ne PAS voir ce film »
Texte d’accompagnement des publicités lors de la sortie de Frankenstein en 1931
Elsa Lanchester, l’immortelle fiancée
Bien qu’elle n’apparaisse que quelques minutes dans le montage final, la fiancée constitue la plus belle attraction du film. Avec ses cheveux dressés et zébrés d’un éclair blanc, tenus pendant le tournage par une cage invisible en crin de cheval, Elsa Lanchester incarne l’un des personnages les plus stylés de l’histoire du cinéma. Le rôle était initialement attribué à Brigitte Helm, la femme-robot de Metropolis, mais cette dernière, tout juste mariée, refusa de quitter l’Allemagne. C’est donc une actrice anglaise peu connue qui fut choisie pour jouer deux rôles dans le film : celui de la fiancée et celui de l’écrivain Mary Shelley (ce qui par la suite donna lieu à de nombreuses interprétations sur le rapport duel entre Shelley et sa créature). À la fois romantique et troublante, tout en contraste entre ombre et lumière, cette fiancée est un archétype du personnage gothique et un symbole du cinéma fantastique.
Réalisation : James WHALE
Scénario : William HURLBUT, d'après le roman de Mary SHELLEY et l'adaptation de John BALDERSTON
Avec : Boris KARLOFF, Colin CLIVE & Elsa LANCHESTER
Musique : Franz WAXMAN
Montage : Ted J. KENT
Directeur de la photographie : John J. MESCALL
Production : Universal Pictures
Producteur : Carl LAEMMLE Jr.






