GOSSES DE TOKYO

GOSSES DE TOKYO
(Umarete we mita keredo)

Un film de Yasujiro OZU | Comedie-Dramatique | Japon | 1932 | 94mn

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La famille Yoshi déménage d’Azabu pour s’installer dans la banlieue de Tokyo où le père a trouvé un nouvel emploi. Ryoichi (dix ans) et Keiji (huit ans) font l’école buissonnière et se lient avec Taro, le fils du patron de leur père. Premier sermon du père, le soir, pour qui « ce n’est pas ainsi qu’on devient des hommes importants ». Ce petit employé, soucieux des apparences, ne souhaite rien tant que de voir ses fils occuper une situation élevée. Mais ceux-ci sont d’une autre trempe et lorsqu’ils découvrent dans un film amateur que leur père, pour complaire à son patron, ne cesse de faire le pitre devant la caméra, ils quittent la séance furieux. De retour à la maison, ils apostrophent violemment celui-ci et décident, raidis dans leur dignité, qu’ils ne mangeront plus rien, si c’est à ces pitreries qu’ils doivent leur nourriture. Suite aux vaines tentatives de la mère, Yoshi réussit à leur faire entendre raison. Réconciliés, ils se retrouvent pour le repas familial. Les enfants admettent la déférence de leur père envers son patron et scellent leur amitié avec Taro, le fils de ce dernier.

Sortie en salles le 06 avril 2005

« Gosses de Tokyo que l’on a déjà baptisé ici et là le Zéro de conduite japonais marque pour Ozu une sorte de sommet. »

Revue du cinéma

« Un film qui allie l’art du burlesque à une fabuleuse humanité. »

Quotidien de Paris


Gosses de Tokyo est le vingt-quatrième film d’Ozu et son dernier film muet dont il tourna un remake en 1959, intitulé Bonjour (Oyaho). C’est une comédie à l’humour amer qui met en scène les relations conflictuelles entre un père et ses deux fils. A travers la malice de la mise en scène, qui capte avec un naturel déconcertant mimiques, rancœurs et petits plaisirs des deux enfants, se dessine une peinture de la société japonaise et de sa rigidité. Les parents sont remis en question en tant que modèles. Le film s’achève par leur prise de conscience. Un cinéma d’insoumis beau comme du Truffaut !


« Ozu, encore fortement marqué par le burlesque et le slapstick américains, a joyeusement utilisé le couple des deux gamins, flanqués d’une bande « d’affreux jojos » particulièrement réjouissants. Du strict point de vue de l’efficacité comique, les grimaces et attitudes des deux frères sont irrésistibles, et loin de n’être qu’un cabotinage supérieur, sont l’expression même d’une authenticité saisie « sans en avoir l’air », d’une réalité retournée, comme justement chez Jean Vigo. »

Revue du cinéma

Réalisation : Yasujiro OZU

Scénario : Akira FUSHIMI

Avec : Tatsuo SAITO, Tomio AOKI, Mitsuko YOSHIKAWA, Hideo SUGAWARA & Takeshi SAKAMOTO

Musique : Donald SOSIN

Directeur de la photographie : Hideo SHIGEHARA

Montage : Hideo SHIGEHARA

Production : Shochiku

 

 

 

Réalisateur
Yasujiro  OZU

Yasujiro OZU


Yasujiro Ozu est né en 1923 à Tokyo, mais passe la majeure partie de son enfance et adolescence à Matsusaka, près de Nagoya. Il y découvre le cinéma, en particulier le cinéma hollywoodien, pour lequel il se passionne. Il se rend alors régulièrement à Nagoya pour voir les films de Chaplin, Murnau, ou Lubitsch, qu’il considère rapidement comme son réalisateur préféré. En 1923, après avoir échoué à l’examen d’entrée de l’Ecole Supérieure de commerce de Kobe, Ozu se fait engagé comme assistant opérateur à la Sh?chiku Kinema. Rapidement, il devient assistant réalisateur et réalise son premier film Zange no yaiba (Le Sabre la Pénitence), pour lequel il travaille avec le scénariste Kôgo Noda, marquant ainsi le début d’une longue et fructueuse collaboration. Mais la guerre civile ayant éclatée, Ozu est incorporé dans l’armée japonaise et se voit dans l’impossibilité de finir son film.

 

De retour de la guerre, il se lance pleinement dans la réalisation de films, gardant souvent la même équipe technique ainsi que les mêmes acteurs. Influencé par le modèle américain et le cinéma européen, il débute sa carrière par des comédies, genre dans lequel il excelle (Kabocha (La Citrouille), 1928). Très vite, son style devient de plus en plus personnel (Kaishain Seikatsu, (La vie d’un employé de bureau), 1929), même si les influences américaines sont toujours fortement présentes. De manière subtile, Ozu parvient à diffuser un message contestataire à travers ses comédies sociales, comme dans (Tokyo no gassho (Chœur de Tokyo), 1931) qui porte sur un fonctionnaire qui sombre dans la misère. Bien que le cinéma soit devenu parlant, Ozu préfère tourner des films muets, et fait du rapport entre les parents et les enfants son thème de prédilection. Au fil des années, il parvient à se libérer de ses influences occidentales : son style de mise en scène s’affine et devient de plus en plus dépouillé. Il préfère un cinéma essentiellement composé de longs plans fixes aux mouvements d’appareils et aux effets de montage, et choisit de filmer à la hauteur de ses personnages, comme dans (Otona no miru ehon umarete wa mita keredo (Gosses de Tokyo), 1932).

 

C’est en 1935 qu’il se lance finalement dans le parlant, et propose ainsi Hitori musuko (Le fils unique) en 1936. L’année suivante, il est mobilisé par l’armée et sert durant plusieurs mois en Chine. Il réussit cependant à réaliser Todake no kyodai (Les Frères et sœur Toda) en 1941, qui rencontre un grand succès auprès du public. En 1943, on lui confie la réalisation d’un film de propagande à Singapour, pour lequel il ne tourne que quelques plans car la capitulation est inévitable. Il est fait prisonnier à Singapour et ne pourra rentrer au Japon qu’en 1946. A son retour, il revient sur le devant de la scène avec entre autre Nagaya Shinshiroku (Récits d’un propriétaire, 1948), puis en 1949 avec Banshun (Printemps tardif). Ce film marque « une renaissance » du cinéaste, considéré par beaucoup comme une œuvre parfaite, puisqu’Ozu parvient à faire un film épuré dans lequel il saisit avec justesse les détails qui constitue la vie quotidienne. Surtout, Printemps tardif lui permettra d’acquérir une certaine réputation internationale.

 

Jusqu’en 1963, Ozu réalise une série de films qui témoigne de sa sensibilité et de sa mise en scène formelle et poétique, dont Tokyo monogatari (Voyage à Tokyo, 1953), que l’on situe parmi ses chefs d’œuvre. En 1958, Ozu tourne son premier film en couleurs,  Higanbana (Fleurs d’équinoxe), et décide de poursuivre cette expérience pour ses derniers films : Ohayo (Bonjour, 1959), Ukikusa (Herbes flottantes, 1959), Akibiyori (Fin d’automne, 1960), Kohayagawake no aki (Dernier caprice, 1961) et Sanma no aji (Le goût du saké, 1962). Dans ces dernières œuvres empruntes de mélancolie, qui ont contribué au succès planétaire du cinéaste, Ozu s’attache à mettre en évidence la destruction du système familial japonais face à l’évolution des mœurs.

Il meurt en 1963, laissant derrière lui une filmographie remarquable, qui a fait de lui l’un des cinéastes japonais les plus admirés. Par ses intrigues simples et sa mise en scène d’une extrême sobriété, Ozu a su capté l’essence même de ses sujets, renouant ainsi avec une longue tradition artistique japonaise.


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Votre avis

Fadime

Its pretty scipsuious that he won if his direction is like what you say especially against the likes of Vidor and Sternberg.Suspicious, indeed.Jon Mullich, over at had this to say about Frank Borzage and Bad Girl, which he called the worst Oscar of 1931-32:Frank Borzage received his second Academy Award for Best Director for Bad Girl (the first was for Seventh Heaven in 1927/28). Bad Girl was a strangely titled (there was no bad girl in it) piece of hack work that was recognized more for Borzage's position as one of the Hollywood Social Elite than for artistic merit. Far more deserving of recognition were the nominated work of King Vidor for The Champ and Josef von Sternberg for Shanghai Express and the non-nominated work of Edmund Goulding for Grand Hotel, James Whale for Frankenstein or Rouben Mamoulian for Dr. Jeckyll and Mr. Hyde, but since they lacked Borzage's social connections, all they had going for themselves was raw talent - a commodity not always valued by the Academy. The film itself is a forgettable little nonentity about the compromises and misunderstandings faced by a young couple (played by a hammy James Dunn and a wooden Sally Eilers) during the bumpy first years of their marriage. Borzage's movie career dated back to 1912 and he adored implausible, melodramatic material about young married life (Seventh Heaven followed a similar path of showing the early stages of a young couple's marriage, to even more dubiously melodramatic effect, although it had the advantage of the charming Janet Gaynor and the dashing Charles Ferrell in the leads) with simplistic conflicts (Eilers is thrown out of her Simon Legree-like brother's apartment under the slightest suspicion of improper behavior) and some rather crude attempts at humor (after Eilers gives birth to the couple's first child, a nurse inexplicably presents numerous other babies to the new mother who assumes them to be hers, only to be told that they are the children of other women in the ward). It is the type of material that D.W. Griffith could do alchemy with, but Borzage was no D.W. Griffith and his award-winning films now gather dust as forgotten museum pieces.I suspect the other thing Borzage had going for him was that Bad Girl was considered "important" and a "message picture," which always plays well at the moment but usually becomes dated pretty quickly. It does start well. The first half hour, I had real hopes for it, which makes the rest of it doubly disappointing.But I wouldn't let that dissuade you from tracking down his work. I haven't seen What Now Little Man, but would like to -- it stars Margaret Sullavan, one of my favorites from the 1930s.

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