VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES, LA

VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES, LA
(The Private Life of Sherlock Holmes)

Un film de Billy WILDER | Aventure | États-Unis / Royaume-Uni | 1970 | 125mn

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Il y a des semaines que Sherlock Holmes et son fidèle Watson vivent dans l’attente d’une nouvelle enquête. Invité à une soirée des Ballets russes, Holmes se fait offrir un stradivarius par la danseuse étoile Petrova, laquelle lui fait la cour. Pour s’en défaire, le détective prétexte que Watson est son compagnon. Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique, la belle et vénéneuse Gabrielle Valladon, qui prie Holmes d’enquêter sur la disparition de son mari. Les investigations le mènent jusqu’en Écosse : il se retrouvera aux prises avec une espionne allemande, une bande de nains, un sous-marin très convoité, et même le monstre du Loch Ness…

Sortie en salles le 16 juillet 2003 et le 03 février 2010


Chef-d’œuvre tardif de Billy Wilder, La Vie privée de Sherlock Holmes se déroule dans l’ambiance feutrée d’une Angleterre victorienne reconstituée au moindre détail près – les décors sont signés Alexandre Trauner, collaborateur de Marcel Carné qui insuffla à Quai des brumes ou aux Enfants du paradis leur réalisme poétique. À cet onirisme volontairement désuet, Wilder oppose une évocation audacieuse et crue de la vie privée de son personnage. Indices d’homosexualité, addiction à la cocaïne, et une réputation visiblement usurpée : Sherlock Holmes n’a plus rien du détective triomphant, lui qui, malgré son sens supposé de la déduction, se révèle ici plus manipulé que manipulateur.


Personnage controversé et mystérieux, Holmes a suscité de nombreuses adaptations cinématographiques, mais il faut attendre Wilder pour qu’on s’attaque de manière aussi frontale aux mœurs du héros. À la fin des années 60, les deux derniers films du cinéaste – Embrasse-moi, idiot et La Grande Combine – ont été des échecs. Il se réfugie en Grande-Bretagne et déterre, avec son compère habituel, le scénariste I. A. L. Diamond, un vieux projet jamais réalisé. Avec l’audace de celui qui n’a plus rien à perdre, Wilder saccage la figure légendaire de Holmes, quitte à choquer le public. Mais cette manière d’insérer des éléments aussi incongrus et décalés dans l’existence intime du détective anglais n’est qu’une manière de moderniser le mythe et de perpétuer son rayonnement.

Réalisation : Billy WILDER

Scénario : Billy WILDER & I. A. L. DIAMOND, d'après les personnages de Sir Arthur CONAN DOYLE

Avec : Robert STEPHENS, Colin BLAKELY, Christopher LEE, Geneviève PAGE, Tamara TOUMANOVA & Clive REVILL

Musique : Miklós RÓSZA

Montage : Ernest WALTER

Directeur de la photographie : Christopher CHALLIS

Décors : Alexandre TRAUNER

Production : The Compton Films, Mirisch Corporation, Phalanx Productions & Sir Nigel Films

Producteurs : Billy WILDER & I. A. L. DIAMOND

 

 

 

Réalisateur
Billy WILDER

Billy WILDER


Samuel Wilder est né en 1906 en Autriche. Après des études de journalisme, il pénètre dès 1929 le monde du cinéma en écrivant les scénarios de Der Teufelsreporter (Le Reporter diabolique) d’Ernst Laemmle et Menschen am Sonntag (Les Hommes le dimanche) de Robert Siodmak. Il décide alors de se consacrer au métier de scénariste, et travaille sur de nombreux films, dont Emil und die Detektive (Emile et les détectives, 1931) de Gerhard Lamprecht.


Quand Hitler devient chancelier en 1933, Wilder part aussitôt pour la France. Il y co-réalise avec Alexandre Esway le film Mauvaise Graine, avant de s’exiler aux Etats-Unis. Il accède à Hollywood en vendant plusieurs scénarios aux studios, et entame une collaboration avec le scénariste et producteur Charles Brackett, qui se révèlera longue et fructueuse. En effet, ils enchaînent ensemble une série de scénarios à succès comme La Huitième femme de Barbe Bleue et Ninotchka d’Ernst Lubitsch. Mais peu satisfait des adaptations de ses scénarios, Wilder décide finalement de les porter lui-même à l’écran.


Ses deux premiers films The Major and the Minor (Uniformes et jupons courts, 1942) et Five Graves to Cairo (Les Cinq secrets du désert, 1943) sont perçus comme des comédies prometteuses. Il remporte un grand succès avec le film noir Double Indemnity (Assurance sur la mort), puis atteint la consécration avec The Lost Weekend (Le Poison) pour lequel il reçoit l’Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et enfin du meilleur acteur (Ray Milland). En 1950, il remporte à nouveau l’Oscar du meilleur scénario pour son film Sunset Boulevard (Boulevard de la mort). Ses œuvres étant jusqu’ici produites par Charles Brackett, Wilder choisit l’autonomie totale en devenant producteur de ses films, et se lance également dans l’adaptation de pièces de théâtre de Broadway.


En 1955, la Fox l’engage pour mettre en scène Marilyn Monroe dans The Seven Year Itch (Sept Ans de réflexion), que Wilder retrouvera quelques années plus tard pour Some Like it Hot (Certains l’aiment chaud, 1959). En 1960, sa nouvelle comédie The Appartment (La Garçonnière) qui met en scène Jack Lemmon, remporte les Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Fort de son succès, Wilder poursuit sa carrière en réalisant plusieurs films dont Embrasse moi, idiot qui fait scandale, et est rejeté par tout Hollywood.

Finalement, il retrouve les faveurs du public et des critiques grâce sa dernière grande comédie, The Fortune Cookie (La Grande combine). Dès les années soixante dix, Wilder se fait de plus en plus rare. Il travaille à l’adaptation de ses scénarios pour la télévision, et réalise plusieurs films considérés comme mineurs (The Private Life of Serlock Holmes (La Vie privée de Sherlock Holmes), Avanti !).


Disparu en 2002, et malgré une fin de carrière difficile, le scénariste, réalisateur et producteur Billy Wilder reste une figure incontournable de la comédie et un des cinéastes les plus marquants de sa génération.

 

FILMOGRAPHIE SELECTIVE :

1981 : Buddy Buddy

 

 

 

 

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