TAKING OFF

TAKING OFF
 

Un film de Milos FORMAN | Comedie-Dramatique | États-Unis | 1971 | 93mn

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Larry Tyne traverse une crise de la quarantaine bien canalisée par son psy, et son épouse Lynn joue parfaitement son rôle de femme au foyer de la moyenne bourgeoisie newyorkaise. À plusieurs reprises, leur fille Jeannie fugue pour rejoindre un groupe de jeunes gens rassemblés autour d’idéaux alternatifs tels que la folk music, la libération sexuelle et les drogues douces. Lorsque Larry part retrouver sa trace à travers Manhattan, il découvre toute une population déviante, fait l’expérience de nouveaux mondes, de nouveaux lieux, et intègre un important réseau associatif de parents à la recherche de leurs enfants disparus…

« Taking Off demeure le meilleur film de Miloš Forman fait en Amérique et sur l’Amérique. »
Village Voice

Premier film de Miloš Forman réalisé aux États-Unis, Taking Off est une satire douce-amère de la société américaine des années 70 et de son conflit générationnel. En prenant le contrepied des teen movies et en choisissant de suivre le parcours des parents plutôt que celui de leur fille, Forman dresse un portrait maniacodépressif du milieu bourgeois new-yorkais, dépassé par les pulsations de l’époque mais mourant d’envie d’y tremper les lèvres. Au milieu d’un casting d’adolescents issus de mouvements contre-culturels (la jeune Linnea Heacock, repérée par le cinéaste dans Central Park), quelques visages connus traversent le film : la chanteuse Carly Simon, encore anonyme, l’actrice Kathy Bates à 22 ans, ou encore Ike et Tina Turner en guest stars. Huit années avant Hair, Miloš Forman imagine déjà des scènes qui resteront cultes, comme celle où les parents essayent la marijuana pour tenter de comprendre leurs enfants, ou la délirante partie de strip-poker entre adultes déchaînés. Avec sa forme hétéroclite qui mêle séquences semi-documentaires, purs délires narratifs et morceaux choisis d’auditions de jeunes chanteurs, Taking Off est un symbole du cinéma indépendant, entre protest film et constat artistique amer.

« Forman a mis dans son propos une telle force de conviction qu’elle le hisse à l’universalité. »
Gilles Jacob

« Le tournant de la carrière de Forman, qui le mena des couloirs de l’école de cinéma de Prague au podium des Oscars, demeure un parfait exemple de la façon dont un réalisateur étranger peut apporter un regard extérieur sur l’Amerikkka de Nixon et en faire jaillir du sang. »
Time Out - New York

Après le scandale déclenché en Tchécoslovaquie par Au feu, les pompiers !, Forman choisit de s’exiler aux États-Unis durant le Printemps de Prague. Le cinéaste arrive à New York dans un contexte favorable aux productions indépendantes, à la suite du succès d’Easy Rider, et bénéficie d’une nouvelle politique d’Universal qui cherche à produire des films pour moins d’un million de dollars. Réalisé dans des conditions que le cinéaste qualifie de « familiales », sans « aucune vedette, aucune barrière, ni coiffeur, ni maquilleur, ni loge, ni caravane », Taking Off souffle un vent d’indépendance sur le cinéma américain d’alors, propice à la thématique de prédilection de Forman : la soif de liberté individuelle, étouffée par les tendances conservatrices des structures collectives, familiales ou sociales. Malgré un échec relatif aux États-Unis, le film permet d’asseoir la renommée internationale de Miloš Forman, notamment grâce au Grand Prix Spécial du Jury remporté à Cannes, et propulse sa carrière américaine vers un nouveau chef-d’oeuvre, Vol au-dessus d’un nid de coucou.

« On a eu l'idée, Jean-Claude Carrière et moi, de faire un film sur les hippies américains. On avait loué une toute petite maison à 3 et on écoutait les histoires autour de nous sur les hippies. Puis on est allé les observer mais on les a trouvés terriblement ennuyeux. Ils ne faisaient que fumer, dormir et mendier à longueur de temps. En fait, le véritable drame se jouait chez les parents de ces enfants fugueurs. On a donc décidé de faire un film sur eux, mon premier au États-Unis, Taking Off. »
Miloš Forman

Réalisation : Miloš Forman

Scénario : Miloš FORMAN, John GUARE, Jean-Claude CARRIÈRE & John KLEIN

Avec : Lynn CARLIN, Buck HENRY, Linnea HEACOCK, Georgia ENGEL, Tony HARVEY, Audra LINDLEY & Paul BENEDICT

Directeur de la photographie : Miroslav ONDRÍCEK

Montage : John CARTER

Producteur : Alfred W. CROWN

Production : Universal Pictures

 

 

 

Réalisateur
Milos FORMAN

Milos FORMAN


Né en 1932 en ancienne Tchécoslovaquie à Caslav, Milos Forman étudie le cinéma à l’école des Hautes études cinématographiques de Prague dans les années cinquante. Une fois diplômé, il écrit ses premiers scénarios avec Martin Fric, puis devient assistant réalisateur auprès d’Alfred Radok pour Grand père automobile.


A cette période, suite à la mort de Staline en 1953, on assiste à au fameux dégel amorcé par Krouchtchev en Union soviétique, qui a entre autre pour conséquence un assouplissement du régime communiste et donc une expression plus libre chez les artistes, dont les réalisateurs. C’est dans ce contexte que Forman se lance comme cinéaste, avec deux premiers courts-métrages, Konkurs (Concours), et Kdyby ty muziky nebyly (S’il n’y avait que des guinguettes). Ces films révèlent déjà le goût du jeune cinéaste pour un cinéma réaliste mais également sa capacité à diriger des acteurs, ainsi qu’un premier thème de prédilection, à savoir la jeunesse face au monde adulte, et le besoin de liberté individuelle. Attiré par le genre de la comédie, il tourne son premier long métrage dans la mouvance de la Nouvelle Vague en 1963, ?erný Petr (L’as de pique), une satire sociale sur un jeune homme qui peine à entrer dans le monde adulte. Forts du vent nouveau qui souffle sur l’industrie cinématographique d’Europe de l’est, la nouvelle génération de réalisateurs émergente se démarque du cinéma national en conjuguant esthétisme et critique sociale, trouvant par là-même un écho au sein de la jeunesse pragoise.


Déjà reconnu au-delà des frontières tchécoslovaques grâce à son premier film, Forman réalise en 1965 la comédie douce-amère Lásky jedné plavovlásky (Les amours d’une blonde), qui remporte un franc succès à la fois national et international. Forman tourne ensuite Ho?í, má panenko (Au feu les pompiers) en 1967, une comédie provocatrice, en totale rupture avec l’académisme et le conformisme des productions nationales de l’époque. Considéré comme une critique directe des dirigeants du parti communiste, le film déclenche un violent scandale et voit son exploitation nationale sabotée.


Sa discréditation auprès du gouvernement et la répression du Printemps de Prague de 1968 le forcent à quitter le pays pour les Etats-Unis. En 1971, Milos Forman y réalise une comédie sociale, Taking off,  sur la fugue d’une jeune fille à travers laquelle on assiste à une confrontation entre deux générations. Le film, co-écrit avec son ami, le scénariste Jean-Claude Carrière,  est le seul jamais réalisé sur le mouvement hippie alors même qu’il se déroulait, et fût récompensé du Grand prix du jury au Festival de Cannes. En 1975, le cinéaste quitte la comédie et la classe moyenne américaine pour le drame et le milieu psychiatrique avec One Flew Over the Cuckoo's Nest (Vol au-dessus d’un nid de coucou) avec Jack Nicholson. Ce film lui vaut d’être récompensé de cinq Oscars dont celui du Meilleur réalisateur et du Meilleur film, et surtout d’atteindre la consécration internationale. Suite à ce film, on confie au cinéaste en 1979 l’adaptation de la comédie musicale de Broadway, Hair, qui deviendra rapidement le film culte de toute une génération. En 1981, il remplace Robert Altman sur le tournage de Ragtime, une fresque qui retrace le début du XXe siècle aux Etats-Unis.


Au cours des années 80, Forman retrouve la figure du rebelle en réalisant Amadeus(1985), biopic sur Mozart. Le film, qui remporte sept Oscars dont celui du Meilleur réalisateur, confirme une fois de plus son talent auprès de la critique et du public.  En 1989, il adapte Les liaisons dangereuses de Laclos à l’écran, sous le nom de Valmont, mais le film, fortement comparé au film de Stephen Frears sorti la même année, ne rencontre pas le succès escompté. Forman revient alors en 1996 au biopic avec Larry Flint, sur la vie du célèbre producteur américain, pour lequel il reçoit l’Ours d’or à Berlin, puis avec Man of the moon, sur le comique Andy Kaufman, récompensé par l’Ours d’argent de la meilleure réalisation. Après quelques années d’absence, Forman revient sur les écrans en 2007 avec Goya’s Ghosts (Les fantômes de Goya), avec Nathalie Portman et Javier Bardem.


Réputé pour sa faculté à mélanger le cinéma américain et européen sans pour autant s’enfermer dans un seul genre, Milos Forman s’est assuré une place originale dans l’industrie cinématographique, notamment grâce au caractère intimiste de ses films et son humour moqueur. En 2010, il est invité au Festival Lumière de Lyon pour recevoir le prix Lumière 2010 pour l’ensemble de sa carrière.

 

FILMOGRAPHIE


 

 

DVD - TAKING OFF
Sortie le 23 mars 2011

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ HD
Version Originale / Version Française
Sous-Titres Français
Format 1.85 respecté
16/9 compatible 4/3
Couleurs
Durée du Film : 89 mn

SUPPLÉMENTS

. PRÉFACE DE LUC LAGIER (6 mn)

. AVANT "TAKING OFF" : MILOS FORMAN EN ROUTE POUR L’AMÉRIQUE (30 mn)
Avec émotion, Milos Forman raconte le début de sa carrière dans la Tchécoslovaquie soviétique et la genèse de Taking Off entre la France et les États-Unis.

. DEUX EUROPÉENS À NEW YORK (16 mn)
Jean-Claude Carrière, qui a co-écrit Taking Off avec Milos
Forman, se souvient de leur rencontre et leur expérience unique du New York hippie.

16,99 €

BLURAY - TAKING OFF
Sortie le 23 mars 2011

BD 25 • MASTER HAUTE DÉFINITION • AVC
Version Originale PCM Mono
Version Française PCM Mono
Sous-Titres Français
Format 1.85 respecté
Couleurs
Durée du Film : 92 mn

SUPPLÉMENTS (EN HD)

. PRÉFACE DE LUC LAGIER (6 mn)

. AVANT "TAKING OFF" : MILOS FORMAN EN ROUTE POUR L’AMÉRIQUE (30 mn)
Avec émotion, Milos Forman raconte le début de sa carrière dans la Tchécoslovaquie
soviétique et la genèse de Taking Off entre la France et les États-Unis.

. DEUX EUROPÉENS À NEW YORK (16 mn)
Jean-Claude Carrière, qui a co-écrit Taking Off avec Milos Forman, se souvient de leur rencontre et leur expérience unique du New York hippie.

19,99 €

 

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