EDWARD II

EDWARD II
 

Un film de Derek JARMAN | Drame | Royaume-Uni | 1991 | 86mn

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Nouvellement couronné, Édouard II rappelle son fidèle ami et amant Piers Gaveston de l’exil. Follement épris de ce dernier, Édouard le couvre de cadeaux et de titres honorifiques, suscitant la jalousie de la cour. Avec l’appui du roi, Gaveston fait torturer et enfermer l’évèque de Winchester, responsable de sa déportation, à la Tour de Londres. Outragé par cet acte, la cour s’organise autour de Mortimer, le chef des armées, et de la reine Isabelle, souveraine délaissée, pour exclure Gaveston. Sous la contrainte, Édouard doit bannir son amant…

Sortie en salles en 19 mai 2010

Réécriture vandale de la pièce de Christopher Marlowe, Edward II est une oeuvre libre et baroque qui mêle passion, trahison et violence en faisant fi de toute règle. Contestataire et provocateur, Jarman mêle la langue de Marlowe, l’un des plus illustres contemporains de Shakespeare, aux formes et aux emblèmes postmodernes des années 90. Puisant aussi bien dans la scénographie moderne (les espaces vidés du décor qui évoque le carton-pâte du Macbeth d’Orson Welles), que dans l’iconographie gay (le goût pour les uniformes comme revendication identitaire) ou dans l’esthétique pop (l’icône Annie Lennox y fait une apparition remarquée), Edward II mélange les genres sans pour autant renier son origine classique. Artiste protéiforme, figure clé du cinéma expérimental, Derek Jarman fait partie de ces cinéastes qui, avec Ken Russell et Kenneth Anger, ont construit leur cinéma autour du saccage des conventions. Oeuvre d’un auteur culte mort du sida en 1994, Edward II est un condensé magnifique de rage et de poésie.

Réalisation : Derek JARMAN

Scénario : Derek JARMAN, Steven MCBRIDE & Ken BUTLER, d’après la pièce de Christopher MARLOWE

Avec : Steven WADDINGTON, Andrew TIERNAN, Tilda SWINTON & Kevin COLLINS

Musique : Simon FISHER-TURNER

Directeur de la photographie : Ian WILSON

Montage : George AKERS

Producteur : Steve CLARK-HALL & Antony ROOT

Production : WORKING TITLE avec le soutien de BRITISH SCREEN & BBC FILMS

 

 

 

Réalisateur
Derek JARMAN

Derek JARMAN


Michael Derek Elworthy Jarman nait le 31 janvier 1942 à Northwood en Angleterre. Il étudie la peinture dès les années soixante à la Slade School of Fine Arts, ce qui lui permet, à la sortie de l’école, de décrocher ses premiers contrats en tant que décorateur pour plusieurs opéras du Royal Ballet.

En 1970, il fait son entrée dans le monde du cinéma grâce à The Devils (Les Diables) de Ken Russell, pour lequel il est engagé pour faire les décors, ainsi que pour collaborer à la production. Se découvrant une passion pour le septième art, il prend part à la recherche de financement pour le film Savage MessiaMessie sauvage) de Ken Russell (1972), tout en s’essayant à la réalisation en tournant des courts métrages et des clips vidéos en caméra Super 8.  En 1975, il coréalise avec Paul Humsfress le scandaleux Sebastiane, sur la vie du martyre Saint Sébastien, dans lequel il mêle religion et sexualité. Avec ce premier film, Jarman se forge déjà une réputation de cinéaste marginal -d’autant qu’il se déclare publiquement homosexuel- mais voit son œuvre devenir une œuvre culte pour la communauté homosexuelle, notamment grâce à sa manière d’exalter le corps masculin. En 1977, il signe, cette fois seul, un hommage à la culture punk de Londres, Jubilee (Jubilé), constitué d’épisodes successifs souvent violents et affichant une vision clairement antimonarchique.

 

Deux ans plus tard, Jarman porte à l’écran la pièce The Tempest de Shakespeare, tout en continuant en parallèle la réalisation de courts métrages. Durant les années quatre vingt, le cinéaste confirme à travers ses films un travail soutenant le mouvement homosexuel, alors en pleine affirmation. Il tourne ainsi The Angelic Conversation, film singulier qui reprend des sonnets de Shakespeare lus par Judi Dench, durant lesquels défilent des images photographiques d’un couple gay au ralenti. En 1986, il présente son film le plus populaire, Caravaggio, qui est à la fois une biographie anti-conventionnelle et une réflexion sur le célèbre artiste italien. Grâce à la conception visuelle du film qui s’apparente aux œuvres du peintre, Jarman reçoit un Ours d’argent lors de la Berlinale ainsi que le Prix spécial du jury au Festival International du film d’Istanbul. Fort de son succès, Jarman enchaine en dressant un sombre portrait de l’Angleterre intitulé The Last of England (1987), puis War Requiem (1988), sérieux réquisitoire contre la guerre. A cette même période, le cinéaste découvre sa séropositivité, et s’engage de manière plus active en faveur de la communauté gaie en parlant publiquement du sida.


Tout au long des années quatre vingt dix, Jarman prolonge son travail de soutien à la cause homosexuelle et de peinture provocante et impitoyable de la société britannique. On peut citer The Garden (1990) dans lequel il revisite la Passion du Christ à travers un couple d’homosexuels, ainsi qu'Edward II (1991), réécriture ravageuse de la pièce éponyme de Christopher Marlowe pour laquelle il fut récompensé du Teddy Award, le prix FIPRESCI à la Berlinale, et le Hitchcock d’or au Festival du Film britannique de Dinard. Très atteint par la maladie, il poursuit malgré tout son travail de relecture de l’Histoire avec Wittgenstein (1992), qui retrace la vie et la pensée du philosophe allemand à travers une succession de saynètes. Quelques mois avant son décès en 1994, il réalise Blue (1993), qui est à la fois un film testament et son autoportrait face au sida et à la mort, et enfin Glitterbug, un documentaire composé d’images inédites de sa vie et de ses tournages.


Proche du cinéma expérimental, Derek Jarman est un des cinéastes les plus extrêmes du cinéma britannique, et surtout un des seuls à être resté en dehors des circuits commerciaux. Véritable novateur, Jarman est une figure essentielle de l’histoire du cinéma anglais, notamment grâce son action en faveur de la communauté gay. Il a su utiliser l’Histoire comme métaphore de la société de l’époque, et faire passer des messages pacifistes à travers l’art et la culture en montrant les homosexuels de manière positive. N’ayant jamais abandonné la peinture, Jarman est également réputé pour son esthétique singulièrement poétique, et son attention aux décors qui participent véritablement à l’atmosphère du film.


FILMOGRAPHIE SELECTIVE


 

 

DVD - EDWARD II
DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ
Version Originale Dolby surround
Sous-Titres Français
Format 1.77 respecté
16/9 compatible 4/3 – Couleurs
Durée du Film : 86 mn

SUPPLÉMENT

. EDWARD SELON DEREK (24 mn)
Un retour sur la production d’Edward II et la personnalité de Derek Jarman, au gré d’entretiens avec les producteurs, le directeur de la photographie et l’acteur principal du film, Steven Waddington.

14,99 €

 

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