QU’AS-TU FAIT À LA GUERRE, PAPA ?

QU’AS-TU FAIT À LA GUERRE, PAPA ?
(What Did You Do in the War, Daddy?)

Un film de Blake EDWARDS | comedie | États-Unis | 1966 | 116mn

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Sicile 1943. Chargée d’occuper le bourg de Valerno, la compagnie C que commande le capitaine Cash est surprise de n’y trouver aucune résistance : les habitants et la garnison, que commande le capitaine Oppo, acceptent de se rendre à condition de pouvoir célébrer le soir même la fête annuelle du vin. Cash s’y oppose, mais le lieutenant Christian le persuade d’accepter en le jetant dans les bras de Gina Romano, la fille du maire. Après une folle nuit d’allégresse et d’ivresse, Italiens et Américains qui, malgré les ordres, ont fraternisé, émergent tant bien que mal des vapeurs d’alcool avant de se lancer dans une bagarre monstre déclenchée par Oppo après avoir découvert Cash dans le lit de Gina, sa fiancée...

Sortie en salles le 10 août 2005


Tournée en remplacement de deux projets avortés, une adaptation d’un récit de Ray Bradbury et la réalisation de La Planète des Singes, Qu'as-tu fait à la guerre, papa? renoue d’une certaine façon avec l’inspiration des army comedies des débuts de Blake Edwards. Mais cette deuxième collaboration, après Quand l'inspecteur s'emmêle, avec le futur auteur de L'Exorcicste est mieux écrite, mieux construite, plus touffue et, consécutivement au recours au slapsticks inauguré avec La Panthère Rose, plus drôle que Vacances à Paris et Opération Jupons. Il est aussi plus radical dans sa critique de l’armée, de la guerre et surtout de l’héroïsme, se présentant, à l’instar des Jeux de l'amour et de la guerre d’Arthur Hiller, de deux ans antérieurs, comme un éloge, avec un sens de l’absurde consommé, de la lâcheté et des planqués.

Réalisateur : Blake EDWARDS

Scénario : William Peter BLATTY, Blake EDWARDS, Maurice RICHLIN

Avec : James COBURN, Dick SHAWN, Sergio FANTONI, Aldo RAY, Harry MORGAN

Musique : Henry MANCINI

Directeur de la photographie : Philip H. LATHROP

Montage : Raph E. WINTERS

Décors : Fernando CARRERE

Production : Blake Edwards Production, Mirisch Company

 

 

 

Réalisateur
Blake EDWARDS

Blake EDWARDS


Né en 1922 à Tulsa, William Blake McEdwards grandit à Los Angeles, au sein d’une famille ayant déjà un pied dans l’industrie cinématographique grâce à son père et son grand père. C’est donc de manière naturelle qu’il va se diriger vers le monde du cinéma dès 1942, tout d’abord en tant que coursier et figurant. Assez rapidement, il commence à jouer des petits rôles dans de nombreux films, dont Les Sacrifiés de John Ford. Parallèlement à ces activités professionnelles, il écrit également pour la radio et la télévision, pour laquelle il créé et produit une série à succès, Peter Gunn, diffusée entre 1958 et 1961 sur la NBC. Mais c’est en 1948 que sa carrière prend un véritable tournant. En effet, il fait la connaissance de l’acteur et réalisateur Richard Quine, qui l’engage comme acteur puis comme son scénariste attitré.


Progressivement, Edwards va parvenir à porter ses propres scénarios à l’écran, et cela commence en  1955 avec Bring Your Smile Along mais c’est en 1957, avec Mister Cory (L’extravagant Monsieur Cory), qu’il fait ses preuves. Grâce à l’interprète du film Tony Curtis,  le jeune cinéaste va pouvoir être engagé comme metteur en scène sur le film dont il était le scénariste, et surtout révéler sa personnalité. L’acteur et le réalisateur se retrouvent en 1959 pour Operation Petticoat (Opérations jupons), film qui contribue à renouveler le genre de la comédie américaine et qui permet de révéler Edwards au public.


En 1961, il met en scène Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s (Diamant sur canapé) dans lequel il joue habilement entre burlesque et tragique. Ce film est également le point de départ d’un de ses thèmes favoris, à savoir le personnage principal à l’origine de sa gloire, que l’on retrouve dans ses deux films suivants Experiment in Terror (Allo, brigade spéciale, 1962) et Le jour du vin et des roses (1963). Il enchaîne ensuite avec The Pink Panther (La Panthère rose), premier film de sa série sur l’inspecteur de police français et catastrophe ambulante Clouseau, incarné avec génie par Peter Sellers.  Les années soixante et soixante-dix sont pour Edwards une période prolifique où il enchaîne les comédies à succès avec entre autre plusieurs épisodes de sa série La Panthère rose, (A Shot in the Dark (Quand l’inspecteur s’emmêle, 1964), The Return of the Pink Panther (Le retour de la Panthère rose, 1975)), ou The Party (1968), toujours avec Peter Sellers.


À la fin des soixante-dix, suite à des difficultés rencontrées sur Wild Rovers (Deux Hommes de l’Ouest, 1971) et The Carey Treatment (Opération clandestine, 1972), Edwards tente tant bien que mal de s’affranchir des studios. En 1979, il rencontre un immense succès public et critique avec sa comédie subtile TenElle), sur les angoisses des hommes face à la vieillesse. Il réalise ensuite une satire du milieu hollywoodien, S.O.B., dans lequel on retrouve sa femme, Julie Andrews. Si le film est un échec, il permet malgré tout à Blake Edwards de traduire son amertume face aux majors. Surtout, ce film annonce une nouvelle période de la filmographie du cinéaste, qui est bien plus personnelle, mais qui n‘obtient pas toujours les faveurs du public, quelque peu dérouté. En effet, à travers ses films, Edwards va se mettre à aborder ses propres obsessions, toujours sur le ton de la comédie, à savoir la peur de la maladie, l’identité sexuelle (Victor Victoria), et la psychanalyse (The Man who Loved Women, (L’Homme à femmes)). Avec That’s Life (1986), qui traite d’un homme qui se hait et pense qu’il va mourir, Edwards se confie d’avantage, et signe sa plus sombre comédie.


En 1992, le Festival de Cannes lui rend hommage, et Edwards rend la pareille en présentant un nouveau montage de son film de 1968 Darling Lili. Il finit sa carrière cinématographique en signant quelques scénarios pour la télévision, et surtout par le dernier film de la série La Panthère Rose, The son of Pink Panther (Le fils de la Panthère rose, 1993).


Disparu en 2010, Edwards est considéré comme un réalisateur singulier, qui occupe une place à part dans le paysage du cinéma américain, et en particulier dans le genre de la comédie américaine, car il est un des seuls à avoir osé mélanger les genres. En faisant se côtoyer burlesque et drame, et en révélant par conséquent une certaine sensibilité, il a participé au renouvellement de la comédie américaine. S’il s’était fait plus discret ces dernières années, le monde du cinéma ne l’avait pas oublié puisqu’il a reçu un Oscar d’honneur en 2004 pour l’ensemble de sa carrière.


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