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JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M'AIMIEZ

(ICH WILL DOCH NUR, DASS IHR MICH LIEBT)

Un film de Rainer Werner FASSBINDER | Drame | RFA | 1976 | 110mn

Jeune ouvrier, Peter passe l’essentiel de son temps libre à construire une maison pour ses parents, des patrons de bistrot qui ne lui ont jamais donné beaucoup d’affection. Depuis son enfance, le garçon souffre de la froideur et de l’incompréhension de ceux envers qui il manifeste des signes d’amour. Afin de ne pas être un poids pour ses parents dans leur nouvelle maison, Peter déménage à Munich avec Erika, la jeune fille qu’il vient d’épouser. Le couple découvre les affres et les tentations de la grande ville. S’évertuant à offrir à sa compagne le meilleur confort matériel possible, Peter travaille d’arrache-pied et cumule les heures supplémentaires. Mais le couple s’endette irrémédiablement…

Pour la première fois au cinéma le 20 avril 2011

 

 

« Nous essayons de produire des images étranges, des images qui ne semblent pas étranges à première vue, mais qui, d’une certaine manière, provoquent une impression d’horreur après avoir été vues. »

R.W. FASSBINDER

 

 

Adapté d’un fait réel, Je veux seulement que vous m’aimiez est le portrait d’un homme malaimé qui remplace le vide affectif par les preuves d’amour et les rapports d’argent. En filmant cette quête de la tendresse à une époque où les contacts humains sont corrompus, Fassbinder constate avec amertume que le miracle économique allemand s’est fait au prix des sentiments.
S’il s’inspire des grands mélodrames conjugaux à la Douglas Sirk, ce chef-d’oeuvre romanesque est aussi une étude sur les origines quotidiennes de la folie, construite comme un puzzle affectif et traversée de flashbacks troublants. L’interprétation déchirante de Vitus Zeplichal, héros tragique inadapté socialement, renvoie à la personnalité complexe du cinéaste lui-même. Inédit en France, Je veux seulement que vous m’aimiez est un drame bouleversant sur les séquelles affectives de la croissance occidentale et l’une des pièces essentielles de l’oeuvre de R.W. Fassbinder.

 

 

FASSBINDER PAR FASSBINDER…


Amour
« Celui qui aime, ou qui aime plus que l’autre, ou qui est plus accroché à cet amour, ou à cette relation, naturellement, c’est lui qui est dominé. Et c’est lié au fait que celui qui aime moins a plus de pouvoir, ça, c’est clair. Parvenir à accepter un sentiment, un amour, un besoin, ça demande une grandeur d’âme que la plupart des gens n’ont pas. C’est pourquoi la plupart du temps, ça se passe de façon assez moche. Je ne connais quasiment pas de relations entre des gens, quels qu’ils soient, dont je pourrais dire que c’est une belle relation. »


Enfance
« J’ai grandi dans une famille où il n’y avait pas la moindre contrainte, où personne n’attachait une importance particulière à l’heure à laquelle je mangeais ou me mettais au lit. Les seules occasions où je ressentais de la contrainte, c’est quand on me mettait chez des voisins ou des membres de la famille, mais jamais quand j’étais avec mon père ou avec ma mère. À partir de 4 ans, on m’a laissé décider de tout. C’est pour ça que lorsqu’on m’a mis à l’école, je n’avais pas l’habitude des horaires ou des règles. J’ai toujours détesté ça. »


Habitat
« Quand je raconte des histoires de gens où je veux dire d’emblée que ça me rend triste de les voir obligés de vivre de la manière dont ils vivent, il faut bien que je montre ça d’une manière ou d’une autre. Je le fais au moyen des lieux qu’ils se sont aménagés, comme autant d’échappatoires, de lieux où ils peuvent fuir leur existence. Le cinéma est une sorte de transposition sensible d’idées qu’on s’était déjà faites auparavant, et montrer l’étroitesse de l’imagination au moyen de l’étroitesse des lieux, je trouve que c’est vraiment parfaitement logique. »


Société

« L’homme en soi est bon, bien sûr. Tout est un problème de conditionnement. Vous pouvez dire comme Rousseau que c’est la société qui l’a rendu mauvais. C’est ma façon de voir le monde. À part ceux qui s’aménagent un petit bonheur protégé dans leur coin, on vit dans un système qui ne donne pas la possibilité aux gens d’établir des contacts, de communiquer. La façon dont les différentes générations sont éduquées ne conduit qu’à cette absence de communication. Une communication réelle entre les gens serait révolutionnaire. »


textes extraits du recueil d’entretiens Fassbinder par lui-même (G3J éditeur, 2010)

 

 

« Peter, l’ouvrier compulsif qui sue sang et eau tout au long du bouleversant Je veux seulement que vous m’aimiez de Rainer Werner Fassbinder, constitue l’un des accidentés sociaux les plus poignants de la filmographie du grand cinéaste allemand. »
THE NEW YORK TIMES


« Une satire sociale incisive. Vingt ans après, l’actualité du film étonne encore. »
SAN FRANCISCO CHRONICLE


« La puissance du film tient à sa quasi-banalité : Peter puise sa rage dans ses traumatismes affectifs et familiaux. Emprisonné dans un monde de fantômes, il attend sa propre explosion. »
VILLAGE VOICE

Réalisation : Rainer Werner FASSBINDER
Scénario : Rainer Werner FASSBINDER, d’après l'ouvrage "Lebenslänglich – Protokolle aus der Haft" de Klaus ANTES et Christiane EHRHARDT
Avec : Vitus ZEPLICHAL, Elke ABERLE, Alexander ALLERSON, Erni MANGOLD
Musique : Peer RABEN
Directeur de la photographie : Michael BALLHAUS
Directeur artistique Kurt RAAB
Son : Karsten ULLRICH
Régisseurs :
Rolf MÜLLER et Susi DÖLFES
Assistants réalisateurs : Renate LEIFFER et Christian HOHOFF
Producteur :  Peter MÄRTHESHEIMER
Production : BAVARIA ATELIER GmbH pour WDR
        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Rainer Werner FASSBINDER


Né à Munich en 1945, R.W. Fassbinder grandit seul avec sa mère dans l’Allemagne d’aprèsguerre.

Bien que passionné de cinéma, il s’intéresse d’abord au théâtre et fonde sa propre compagnie, l’Anti Teater, après une première expérience infructueuse. C’est avec cette troupe qu’il réalise ses deux premiers films en 1969. Dans les années 1970, il alterne frénétiquement les productions pour le cinéma, le théâtre et la télévision.
De 1978 à 1982, il tourne les films qui connaissent le plus grand succès : Le Mariage de Maria Braun en 1978, Lola, une femme allemande en 1981 et Le Secret de Veronika Voss en 1982 qui obtient l’Ours d’or au festival de Berlin.

En l'espace de treize années, il est l'auteur d'une quarantaine de films pour la télévision et le cinéma.

Inspirée par l’œuvre de Douglas Sirk, sa production explore essentiellement tous les aspects du mélodrame imprégné de l’Allemagne post-hitlérienne et américanisée des années 1950. Il demeure l’un des plus grands réalisateurs allemands et sa disparition est souvent assimilée à la fin du Nouveau Cinéma allemand.

En 1980, il adapte Berlin Alexanderplatz pour la télévision, une oeuvre hors normes qui apparaît déjà comme l’aboutissement de sa carrière.

BIO-FILMOGRAPHIE


1945
Le 31 mai, naissance de Rainer Werner Fassbinder à Bad Worishofen (Bavière).

1964
Fassbinder interrompt ses études et exerce différents métiers, tout en suivant des cours au Fridl-Leonhard-Studio à Munich.

1965-1966

Le Clochard et Le Petit Chaos, ses premiers courts-métrages.

1967
Fassbinder rejoint l'Action Theater. Premières mises en scène au théâtre.

1968
Fassbinder écrit ses premières pièces. En mai, dissolution de l'Action Theater et création d'une nouvelle troupe, l'Antitheater, composée de fidèles de Fassbinder : Kurt Raab, Peer Raben, Hanna Schygulla, etc...

1969
L'Amour est plus froid que la mort, Le Bouc, Les Dieux de la Peste, Pourquoi Monsieur R. est-il atteint de folie meurtrière ?

1970
Mariage de Fassbinder et Ingrid Caven.
Rio das Mortes, Le Café, Whity, Le Voyage à Niklashausen, Le Soldat Américain, Prenez garde à la sainte putain, Pionniers à Ingoldstadt

1971
Fassbinder fonde sa société de production, Tango Films.
Le Marchand des quatre saisons

1972
Divorce de Rainer Werner Fassbinder et Ingrid Caven.
Les Larmes amères de Petra von Kant, Gibier de passage, Huit heures ne font pas un jour, Liberté à Brême

1973
Le Monde sur le fil, Nora Helmer, Tous les autres s'appellent Ali

1974
Fassbinder prend la direction du Theater am Turm de Francfort pour un an.
Effi Briest, Le Droit du plus fort, Comme un oiseau sur le fil

1975
Maman Küsters s'en va au ciel, Peur de la peur

1976
La pièce Der Müll, die Stadt une der Tod fait scandale. Fassbinder est accusé d'antisémitisme. Il retire la pièce de l'affiche et interdit qu'elle soit jouée de son vivant.
Je veux seulement qu'on m'aime, Le Rôti de Satan, Roulette chinoise

1977
La Femme du chef de gare, Femmes à New York, Despair

1978
L'Allemagne en automne, Le Mariage de Maria Braun, L'Année des treize lunes

1979
La Troisième Génération

1980
Berlin Alexanderplatz, Lili Marleen

1981
Lola, une femme allemande, Théâtre en transe, Le secret de Veronika Voss

1982
Querelle
Le 10 juin, mort de Fassbinder à Munich.

 

BLU-RAY JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M'AIMIEZ
Sortie le 5 octobre 2011

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • AVC
Version Originale PCM Mono
Sous-Titres Français
Format 1.33 respecté – Couleurs
Durée du Film : 105 mn

SUPPLÉMENT (EN HD)

DE L’AMOUR ET DES CONTRAINTES :
SUPPOSITIONS SUR "JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M’AIMIEZ"
un film de Robert Fischer (2010 – Couleurs – 60 mn)
Ce documentaire inédit examine la proximité (possible) entre le réalisateur et son protagoniste, Peter. Le résultat n’est pas seulement un making-of tardif, mais aussi un film sur l’homme Rainer Werner Fassbinder et sa motivation artistique.
 
Édition avec fourreau

17,05 €

DVD JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M'AIMIEZ
Sortie le 5 octobre 2011

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ HD
Version Originale
Sous-Titres Français
Format 1.33 respecté – 4/3 – Couleurs
Durée du Film : 105 mn

SUPPLÉMENT

DE L’AMOUR ET DES CONTRAINTES :
SUPPOSITIONS SUR "JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M’AIMIEZ"
un film de Robert Fischer (2010 – Couleurs – 60 mn)
Ce documentaire inédit examine la proximité (possible) entre le réalisateur et son protagoniste, Peter. Le résultat n’est pas seulement un making-of tardif, mais aussi un film sur l’homme Rainer Werner Fassbinder et sa motivation artistique.
 
Édition sans fourreau

15,04 €

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