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NARCISSE NOIR, LE

(Black Narcissus)

Un film de Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER | Drame | Royaume-Uni | 1947 | 100mn

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Une congrégation de religieuses britanniques est chargée de se rendre dans un ancien harem situé sur les contreforts de l’Himalaya, pour y établir un dispensaire. Autour du palais, le vent souffle continuellement et la nature propage une poignante beauté. Les sœurs sont aidées dans leurs tâches par Dean, un agent anglais installé dans la région depuis longtemps. Rapidement, la sœur supérieure Clodagh s’offusque de la conduite grossière et dissolue de ce dernier. Au sein de la communauté, les tensions s’exacerbent et les nonnes traversent des épreuves pesantes, aussi bien pour le corps que pour l’esprit…

« Les films de Michael Powell et Emeric Pressburger sont grandioses, poétiques, remplis de sagesse, d’aventure et d’obstination, en extase devant la beauté, qu’elle soit naturelle ou recréée, profondément romantiques mais pourtant dépourvus de tout compromis. »
Martin SCORSESE

Sortie en salles le 15 décembre 2010

Drame sensuel placé sous la beauté radieuse et écrasante des montagnes indiennes, Le Narcisse noir précède directement Les Chaussons rouges dans la filmographie de Powell et Pressburger. Œuvre atypique, décisive pour la génération de Coppola et de Scorsese, essentielle pour l’histoire du Technicolor, il s’agit de l’un des films les plus aimés et les plus commentés du cinéma classique. L’art de la mise en scène touche ici au mystère de l’extase à travers la flamboyance des décors et l’ivresse de la musique. Magnifiée par la grâce fébrile de Deborah Kerr, la virilité rustique de David Farrar ou la fraîcheur sauvage de Jean Simmons, l’histoire confronte le désir et l'interdit avec une audace extrême. À la fois spectacle majestueux et tragédie des sentiments exaltés, Le Narcisse noir correspond à un idéal de cinéma indépassable.

 

 

Un roman « exotique et érotique »

Le Narcisse noir est adapté d’un roman britannique populaire écrit par Margaret Rumer Godden en 1939. L’auteur, qui a passé son enfance dans l’Inde coloniale, invente un drame intime inspiré de ses souvenirs personnels. Lorsqu’il lit le livre, Michael Powell est saisi par son fort potentiel cinématographique et par la richesse visuelle qu’il suggère, persuadé que l’histoire « serait follement exotique et érotique à l’écran ». Or, c’est la guerre ; le projet est alors impensable. Mais quelques années plus tard, c’est Emeric Pressburger qui vient voir Michael Powell pour le convaincre d’adapter le roman.

 

 

Jack Cardiff, le maître du Technicolor

La splendeur du Narcisse noir doit beaucoup à l’extraordinaire sens artistique et chromatique du directeur de la photographie Jack Cardiff. À l’époque, Cardiff est l’un des rares opérateurs européens à avoir été formés pour le Technicolor, choisi directement par la firme américaine parmi plusieurs candidats. Il acquiert ainsi une propension à expérimenter au maximum, comme il le raconte lui-même : « J’étais l’éternel enfant terrible qui se servait de tous les effets et de tous les éclairages tabous. ». Après avoir filmé quelques inserts pour Colonel Blimp (1943), Cardiff est repéré par Powell et devient le chef-opérateur d’Une question de vie ou de mort (1946) où son traitement particulier de la lumière artificielle imprime au film une couleur distinctive. Toutefois, c’est avec Le Narcisse noir que l’étendue de sa palette esthétique s’exprime pour la première fois dans son entière diversité. S’inspirant des grands maîtres de la peinture, et notamment des impressionnistes, Cardiff accentue les effets chatoyants des couleurs, comme pour marquer l’inquiétude ressentie par les nonnes face à l’environnement, en même temps que souligner la beauté sensuelle qui s’en dégage. Le traitement intense des blancs à l’intérieur du couvent, renforcé par les reflets de couleurs dans les ombres, contraste avec la fougue de la nature au dehors. Après Le Narcisse noir, Cardiff collabore avec Powell et Pressburger sur le film qui immortalisa leur style : Les Chaussons rouges (1948).

 

La flamboyance de l’Inde recréée en studio

Lors d’une réunion préparatoire pour Le Narcisse noir, les producteurs déplient une carte de l’Inde devant Powell en lui demandant où il compte tourner. Le cinéaste surprend tout le monde en répondant : « Nous n’allons pas aux Indes. On va faire tout le film ici à Pinewood. ». En allant en Asie, Powell craint que l’exotisme des lieux naturels n’écrase l’histoire. Le Narcisse noir est tourné intégralement en studio avec des décors conçus par Alfred Junge. Les faux paysages peints et les ornements du palais ont pu inspirer Spielberg et Lucas, fervents admirateurs de Powell et Pressburger, pour Indiana Jones et le temple maudit. Outre le fait de donner une grande cohérence plastique à l’œuvre, le tournage en studio permet de régler les plans avec davantage de minutie. Le mouvement incessant à l’intérieur des images, l’omniprésence du vent et les artifices visuels apportent au film un charme irréel.

 

 

Le « film composé » selon Powell

Pour Michael Powell, Le Narcisse noir est une première tentative de « film composé ». Par ces termes, le cinéaste décrit une œuvre cinématographique où l’intrigue, les personnages, la succession des images, les émotions et les sons sont indissociables et varient à l’unisson. Au sein d’un tel film, la musique joue un rôle prépondérant. La partition musicale du Narcisse noir est signée Brian Easdale, le compositeur des Chaussons rouges. Elle fut préenregistrée et jouée pendant le tournage afin que tout s’accorde à son rythme. La musique guide le film, Powell et Pressburger s’inspirant des dessins animés de Walt Disney et de la musicalité du cinéma d’Abel Gance. Cette recherche du « film composé » se poursuit dans leurs œuvres suivantes et trouve son aboutissement avec Les Contes d’Hoffmann (1951), grand ballet d’images et de mouvement où tout est dévoué à la force prodigieuse de la musique.

 

 

Actrices et acteurs au sommet

Au-delà de la tornade esthétique, Le Narcisse noir réunit un casting d’exception. Compagne de Powell à l’époque, Deborah Kerr porte les tourments secrets de sœur Clodagh. Le charme insolent de David Farrar, sorte de Gary Cooper anglais, s’oppose au trouble diabolique de sœur Ruth, incarnée par Kathleen Byron. Pour les rôles indiens, les réalisateurs font appel à Sabu, superstar du cinéma d’aventures depuis Le Voleur de Bagdad, et à l’inoubliable Jean Simmons, jeune fleur de seize ans qui joue alors Ophélie dans le Hamlet de Lawrence Olivier.

Réalisation : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER

 

Scénario : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER

 

Avec : Deborah KERR, David FARRAR, Jean SIMONS

 

Directeur de la photographie : Jack CARDIFF

 

Producteurs : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER

 

Production : The Archers

        
        
        


        
                    
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER


Cinéastes précurseurs, Michael Powell et Emeric Pressburger figurent, avec Hitchcock, parmi les grands maîtres du cinéma britannique.

Dans les années 1940-1950, avec leur société indépendante The Archers, ils ont conçu plusieurs films aujourd’hui considérés comme des classiques du septième art (du Narcisse noir aux Contes d’Hoffmann). Néanmoins, leur cinéma fut à son époque, et demeure, inclassable.
En effet, de par sa nature hybride et atypique, il ne peut être apprécié par le prisme de la dichotomie traditionnelle réalisme-imaginaire qui a durablement caractérisé le cinéma mondial contemporain.

Michael Powell doit sa première expérience dans le cinéma à Rex Ingram qui l’emploie à partir de 1926 autant comme comédien que comme assistant-réalisateur. Puis, il est photographe de plateaux pour deux films d’Alfred Hitchcock, Champagne (1928) et Blackmail (1929), et passe derrière la caméra pour réaliser plusieurs quota quickies, des moyens-métrages à budget réduit destinés à permettre aux salles de cinéma du Royaume-Uni de satisfaire leur quota de films britanniques. En 1937, Powell réalise son premier véritable long-métrage, À l’angle du monde.

Parallèlement, Emeric Pressburger, né en Hongrie, intègre l’industrie du film allemande (notamment les studios UFA) comme scénariste grâce à une nouvelle de sa création, et travaille sur certains des premiers films de Robert Siodmak et Max Ophuls. Il émigre en Angleterre en 1935 après avoir fui d’Allemagne en France en 1933. En 1938, Pressburger rejoint l’équipe du producteur Alexander Korda, personnage incontournable de l’industrie du cinéma britannique des années 1930 à 1950. C’est lui qui réunit le duo pour la première fois pour L’Espion noir en 1939, un film réalisé par Powell sur un scénario de Pressburger.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Powell et Pressburger réalisent d’abord quelques films de propagande, dont 49e Parallèle. En 1940, Powell dirige de son côté Le Voleur de Bagdad qui préfigure le style de leurs futures collaborations. Leur unique partenariat prend véritablement forme avec la création en 1942 de leur société de production The Archers : tous leurs films portent désormais la mention particulièrement originale « Écrit, produit et réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger ». Ce crédit partagé contient l’essence de leur collaboration et exprime toute leur complémentarité. En 1943, Colonel Blimp marque l’éloignement d’une certaine orthodoxie réaliste, qui se poursuit l’année suivante avec A Canterbury Tale, puis Je sais où je vais en 1945. Le mauvais accueil fait à cette dernière œuvre, et l’incompréhension progressive des critiques et du public face à leur vision singulière, ne les découragent pas puisqu’ils enchaînent en 1945 avec Une question de vie ou de mort, une œuvre extravagante qui regorge d’inventions cinématographiques. Avec Le Narcisse noir (1947) et Les Chaussons rouges (1948), Powell et Pressburger sont vraisemblablement à l’apogée de leur art tant en termes de créativité visuelle, d’inventivité technique que d’écriture scénaristique. Plus particulièrement, Les Chaussons rouges apparaît comme le point culminant de leur carrière, à l’image de la séquence centrale du ballet qui concentre tout leur talent. Bien qu’ils continuent à faire des films aussi originaux, dont Les Contes d’Hoffmann (1951), leurs relations avec l’industrie se tendent fortement.

Puis, en 1957, alors qu’ils évoluent de plus en plus dans des directions différentes, Powell et Pressburger mettent un terme à leur partenariat fabuleux. La carrière de Powell connaît malheureusement un coup d’arrêt brutal avec la sortie du Voyeur en 1960. Bien qu’il réalise encore quelques films, le scandale que ce dernier provoque entraîne le dénigrement puis l’oubli de la majorité de l’œuvre de The Archers.
Ironiquement, Le Voyeur devient, avec une nouvelle génération de cinéphiles, une œuvre culte et recherchée dès les années 1970. Appartiennent à cette génération de jeunes réalisateurs comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma et Steven Spielberg qui sont subjugués par les films de Powell et Pressburger, en premier lieu Les Chaussons rouges : ils s’en imprègnent fortement à l’époque pour leur cinéma qui va révolutionner Hollywood et comptent parmi les artisans de leur nécessaire réhabilitation à partir des années 1980. Cette redécouverte doit se poursuivre et s’approfondir tant l’œuvre de Powell et Pressburger est unique, passionnante et grandiose.

 

LE NARCISSE NOIR
Sortie le 7 mars 2012

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • Encodage AVC
Version Originale / Version Française DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-Titres Français – Format 1.33 respecté – Couleurs – 1080/24p
Durée du Film : 101 mn

SUPPLÉMENTS (EN HD)

. IL ÉTAIT UNE FOIS "LE NARCISSE NOIR" (24 mn)
Collaborateurs et proches des Archers se souviennent de la production du Narcisse noir, du talent de Deborah Kerr et reviennent sur le grand succès du film et la reconnaissance du duo Michael Powell – Emeric Pressburger.

. SPECTRUM (32 mn)
Darius Khondji, célèbre directeur de la photographie de La Cité des enfants perdus, Seven et Minuit à Paris, livre une précieuse analyse du Narcisse noir, et décrit son approche personnelle de la lumière au cinéma.

. BANDE-ANNONCE

. GALERIE PHOTOS
 
Édition avec fourreau

17,05 €

LE NARCISSE NOIR
Sortie le 7 mars 2012

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ HD
Version Originale / Version Française
Sous-Titres Français
Format 1.33 respecté – 4/3 – Couleurs
Durée du Film : 97 mn

SUPPLÉMENTS

. IL ÉTAIT UNE FOIS "LE NARCISSE NOIR" (24 mn)
Collaborateurs et proches des Archers se souviennent de la production du Narcisse noir, du talent de Deborah Kerr et reviennent sur le grand succès du film et la reconnaissance du duo Michael Powell – Emeric Pressburger.

. SPECTRUM (32 mn)
Darius Khondji, célèbre directeur de la photographie de La Cité des enfants perdus, Seven et Minuit à Paris, livre une précieuse analyse du Narcisse noir, et décrit son approche personnelle de la lumière au cinéma.

. BANDE-ANNONCE

. GALERIE PHOTOS

Édition sans fourreau

15,04 €

KIKI

SUPERBE ET INOUBLIABLE FILM AUX TRES BELLES COULEURS INTERPRETATION REMARQUABLE DE DEBORAH KERR,DAVID FARRAR.JE REVERRAI CE FILM AVEC GRAND PLAISIR

KIKI

SUPERBE ET INOUBLIABLE FILM AUX TRES BELLES COULEURS INTERPRETATION REMARQUABLE DE DEBORAH KERR,DAVID FARRAR.JE REVERRAI CE FILM AVEC GRAND PLAISIR

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