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ONE PLUS ONE / SYMPATHY FOR THE DEVIL

(Sympathy for the Devil)

Un film de Jean-Luc GODARD | Documentaire | Royaume-Uni | 1968 | 96mn | 1.33

Jean-Luc Godard filme des scènes de contestations politiques avec des membres des Black Panthers, montées en parallèle avec des séances d'enregistrement des Rolling Stones. Il suit en particulier la création de la chanson « Sympathy for the Devil », coupées par des scènes de révolution à l’extérieur du studio. En dépassant les limites du genre par un montage original, Godard restitue les réalités de la composition de la musique rock et permet ainsi d’approcher la musique au travail, en pleine création. La veine militante est aussi un des fils conducteurs de ce film-puzzle, montrant les liens entre création artistique et utopie sociale.

Sortie en salles et DVD le 03 mai 2006

Sortie en Blue-Ray le 08 octobre 2008


« Un songe révolutionnaire qui ne ressemble à rien qui n’aie déjà été fait. Godard filme une séance d’enregistrement des Rolling Stones comme une puissante métaphore du développement. (…) Les scènes de répétitions des Stones alternent avec des séquences de pop politique. (…) Du pur génie » Joseph Morgenstern, Newsweek, 1970


Genèse du film
Contacté par la productrice Eleni Collard pour faire un film sur la légalisation de l’avortement en Angleterre, Jean-Luc Godard arrive à Londres fin mai 1968. Peu après son arrivée, l’avortement est autorisé et le projet du film n’a plus lieu d’être. Godard décide de rester en Angleterre et de faire un film avec les Beatles ou les Rolling Stones. Les Beatles déclinent l’offre tandis que les Stones sont d’emblée enthousiastes. Le film sera finalement financé par deux producteurs, Iain Quarrier et Michael Pearson. Le film est présenté en novembre 1968 à Londres dans une atmosphère houleuse suite à un désaccord entre Godard et ses producteurs. Il sort en France le 7 mai 1969. Il sera à nouveau visible en salles en 1982. ONE + ONE est le premier film en anglais de Godard et le dernier monté par Agnès Guillemot qui avait travaillé sur tous ses films depuis LE PETIT SOLDAT.
Deux versions différentes existent : dans la version de Godard intitulé ONE + ONE, la chanson
« Sympathy for the Devil » n’est jamais diffusée intégralement, ce qui laisse le film volontairement inachevé. Les producteurs ont monté leur propre version avec la chanson en entier au générique de fin, en renommant le film SYMPATHY FOR THE DEVIL.


« Il s’est trouvé que Godard était là durant deux nuits particulièrement mémorables », raconta Mick JAGGER, assurant que le réalisateur aurait pu aussi bien ne rien avoir d’intéressant à filmer. Ces images seront un témoignage inestimable, montrant le groupe à l’oeuvre, tâtonnant puis créant lentement, avec un brouillon de ballade folk comme point de départ, un hymne rock intense dont les paroles provoquent encore aujourd’hui – « tous les flics sont des criminels, et tous les pêcheurs des saints… ».


« Avec ONE PLUS ONE, c’est la première fois que Godard aborde la musique autrement que comme illustration, accompagnement et soulignement d’un propos à dominante visuelle, dans le style d’Hollywood. Isoler en une série autonome l’espace de la musique restitue au spectateur sa faculté d’auditeur, à la musique la propriété d’être entendue sans le filtre d’un divertissement visuel, au cinéaste la possibilité d’en décomposer les différentes phases de production dans l’arsenal des moyens de la mise en scène. Filmer la musique, c’est en filmer le travail, la fabrication, les répétitions et le temps que ça prend (le rythme), dans un auditorium et non en concert public. » Yann Lardeau, Les Cahiers du Cinéma, 1982.


Un film en parallèle
Le film s’articule autour de trois séquences d’enregistrement avec les Rolling Stones. Les séances aux Olympic Recording Studios, à Londres, montrent les musiciens créant et répétant la chanson-phare de l’album Beggar’s Banquet.


1er mouvement :
« Outside Black Novel » : Godard filme un groupe de Noirs militants (on pense aux Black Panthers) en train de lire des textes politiques dans une décharge de vieilles voitures dans une zone urbaine portuaire. Ils menacent trois jeunes femmes habillées d’une chemise blanche, qui seront assassinées dans l’indifférence au milieu des voitures cabossées.


2ème mouvement :
« All about Eve » : On suit le parcours d'une femme au nom de Eve Democracy, jouée par Anne Wiazemsky. Elle est interviewée par une équipe de télévision en pleine forêt. Eve Democracy répond par oui ou par non aux questions que le journaliste lui pose sur le rôle de la culture dans la société et l’éventualité d’une révolution. Le son devient de plus en plus fort et les chants d’oiseaux recouvrent les dialogues. On retrouve ce personnage tout au long du film, en train d’inscrire des slogans politiques sur les murs de la ville. Dans la scène finale qui se déroule sur la plage d’un plateau de tournage, Eve Democracy sera sacrifiée sur l’autel de la révolution, placée entre les drapeaux du communisme et de l’anarchie, sur une grue de caméra qui monte vers le ciel.


3ème mouvement :
« The Heart of Occident » : Dans une librairie érotique tenue par un libraire ouvertement fasciste (il lit Mein Kampf à haute voix) joué par l’un des producteurs du film, les clients achètent des revues en faisant le salut fasciste. Dans un coin de la librairie, deux hippies dont l’un est blessé sont les victimes de la violence des clients. Un grand-père accompagné de sa petite fille achète des revues pornographiques.


Godard militant
Dès 1967, Godard oriente ses films de plus en plus selon ses idéaux politiques. Il procède à une mise en question radicale de son art et de sa pratique. En 1969, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin fondent le groupe Dziga Vertov et s’engagent à faire un cinéma révolutionnaire. Le groupe se développe en privilégiant les cinéastes amateurs et en révoquant le statut d’auteur. Les films se feront donc collectivement. Godard travaillera ainsi avec Jean-Henri Roger, pour réaliser notamment des Ciné-Tracts. SYMPATHY FOR THE DEVIL annonce cette nouvelle étape en expérimentant par exemple la décomposition des images, la dissociation entre texte, image et sons. Le jour de la présentation du film à Londres, Godard
dédiera son film à Elfridge Cleaver, porte-parole des Black Panthers, qui venait d’entrer dans la clandestinité.


ONE + ONE vu par Olivier ASSAYAS :
« Godard capte une radicalité typiquement anglo -saxonne : les Black Panthers, et une violence insurrectionnelle dont les Stones sont les vecteurs. Londres est alors une ville en pleine ébullition, c’est l’une des capitales de la contre-culture. ONE + ONE est le film qui saisit le mieux cette fièvre ambiante. Godard est le grand cinéaste dadaïste, en perpétuelle remise en question formelle, autant génératrice d’énergie que de destruction. Il s’est toujours efforcé de rapprocher le cinéma des arts plastiques et sa route a aussi croisé celle du rock. » Télérama, mars 2004


Le genre du « film musical » autour d’un groupe de rock
Bien que ONE + ONE ne soit pas à proprement parler un film musical ni un film-portrait sur les Rolling Stones, on peut faire le lien avec d’autres films qui se sont penchés sur la création musicale : A HARD DAY’S NIGHT de Richard LESTER (1964) avec les Beatles où on suit le groupe de rock mythique au cours d’une journée ordinaire ; DON’T LOOK BACK de D. A. Pennebaker (1967) qui filme Bob Dylan lors de sa tournée anglaise en 1965 ; et dans la filmographie de Godard, SOIGNE TA DROITE (1987) avec les Rita Mitsouko se concentre sur le couple de musiciens dans leur studio de l'avenue Jean-Jaurès à Paris.


« Après les évènements de 68 tout était plus ou moins cassé. Je devais prendre l’air et j’ai quitté Paris. J’ai été à Cuba, au Canada, aux Etats-Unis, en essayant de faire des films. Je savais que ces films ne seraient pas des réussites, mais ils me permettaient de rompre la routine. 68 a participé de cela : casser le rythme. » Jean-Luc Godard, dans Colin MacCabe, Godard. A Portrait of the Artist at Seventy, Faber & Faber, 2003.

Réalisation : Jean-Luc GODARD

Scénario : Jean-Luc GODARD

Avec : The Rolling Stones (Mick JAGGER, Keith RICHARDS, Brian JONES, Charlie WATTS & Bill WYMAN), Anne WIAZEMSKY, Iain QUARRIER, Frankie DYMON, Bernard BOSTON, Sean LYNCH, Danny DANIELS, Clifton JONES, Ilario PEDRO & Roy STEWAR

Musique : The Rolling Stones

Montage : Ken ROWLES, Agnès GUILLEMOT & Christine AYA

Chef opérateur : Anthony RICHARD

Production : Cupid Productions

Producteurs : Michael PIERSON & Iain QUARRIER

        
        
DVD - ONE PLUS ONE / SYMPATHY FOR THE DEVIL

DVD 9 - NOUVEAU MASTER RESTAURÉ

Format 1.37 respecté (4/3)

Version Originale sous-titrée – Stéréo


. Les deux versions du film : One + One & Sympathy for the Devil


LES SUPPLÉMENTS :

. De One + One à Sympathy (3 min)

Préface retraçant la mise en chantier du film jusqu’à son  remontage final par la production.

. One + One par Jean Douchet et Christophe Conte (25 min)

Regards croisés sur Godard et les Rolling Stones en 1968, à travers une analyse de leurs travaux respectifs par Jean Douchet et Christophe Conte.

. Voices (1968 – 44 min), un making of de Richard Mordaunt.

Tourné durant la production de One + One, Voices est le portrait intime du cinéaste Jean-Luc Godard au moment où celui-ci manqua de perdre sa voix. On y retrouve les Rolling Stones, Black Power et Stokely Carmichael. Inédit et exceptionnel !

. Bandes-annonces

17,05 €

BLURAY - ONE PLUS ONE / SYMPATHY FOR THE DEVIL

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/24p • ENCODAGE AVC

Version Originale PCM Mono

Sous-Titres Français

Format 1.37 respecté • Couleurs


BONUS (UPSCALÉS EN HD) :

. DE ONE + ONE À SYMPATHY (6 mn)

Préface. De la mise en chantier du film jusqu’à son remontage final par la production.

. ONE + ONE PAR JEAN DOUCHET ET CHRISTOPHE CONTE (23 mn)

Regards croisés sur Godard et les Rolling Stones en 1968, à travers une analyse de leurs travaux respectifs par Jean Douchet et Christophe Conte.

. VOICES (1968 – Couleurs et N&B – 43 mn), un making of de Richard Mordaunt.

Tourné durant la production de One + One, Voices est le portrait intime du cinéaste Jean-Luc Godard au moment ou celui-ci manqua de perdre sa voix. On y retrouve les Rolling Stones, Stokely Carmichael et le « Black Power ». Inédit et exceptionnel !

. GALERIE PHOTOS

. BANDES-ANNONCES

. INCLUS UN LIVRET INÉDIT COMPRENANT DE NOMBREUX ARTICLES DE PRESSE

20,06 €

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