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SA MAJESTÉ DES MOUCHES

(The Lord of the flies)

Un film de Peter BROOK | Comédie dramatique | Royaume-Uni | 1963 | 92mn

Durant la Seconde Guerre mondiale, un avion britannique transportant des enfants envoyés par leurs parents en Australie s'écrase sur une île déserte. Seuls ceux-ci survivent, privés de l’autorité des adultes. Livrés à eux-mêmes dans une nature sauvage et paradisiaque, ils tentent de s'organiser. Mais leur groupe vole en éclats et laisse place à une organisation tribale, sauvage et violente bâtie autour d'un chef charismatique…

Sortie en salles le 10 octobre 2007

Sortie en DVD le 22 octobre 2008

 

« Peter Brook va plus loin que le livre. […] SPLENDIDE ET SAUVAGE. »

Télérama

 

 

Adapté du classique de la littérature britannique écrit par William Golding, Sa Majesté des mouches est une formidable réflexion sur le retour à l’état sauvage. Autour d’un groupe de jeunes garçons, Peter Brook démonte toute notion de civilisation moderne par la création d’une microsociété tribale, où les rites et la violence physique émanent autant de la cruauté enfantine que de l’instinct de survie. Un chef-d’œuvre d’une puissance physique et morale ravageuse, quelque part entre L’Heure du loupd'Ingmar Bergman et la série Lost. 

 

 

La montée de la violence - La découverte de l’île paradisiaque… tourne au cauchemar.

 

Peter Brook a adapté le célèbre roman d’aventures anglais Sa majesté des mouches (Lord of the Flies) de William Golding, écrit en 1954, et a réussi à en donner une illustration subtile et visuellement prégnante. Metteur en scène de théâtre reconnu, il signe là son premier long-métrage. L’argument, audacieux, consiste en la reconstitution d'une société tribale avec adoration de divinités, rites et violence ou cruauté des enfants. Il n'y a pas dans le roman de regard extérieur, différent de celui que ces enfants portent sur eux-mêmes et sur ce qui les entoure. Semblable en cela, le film narre avec minutie l'apprentissage de ces jeunes à se débrouiller par eux-mêmes et à refonder une microsociété. Leurs capacités d'adaptation sont menacées par cette nature indélébile des hommes à faire le mal.

 

 

 

 

 

La nature.

 

Dans ce film proche par certains égards du cinéma vérité, la nature est toute entière chargée du poids émotionnel des personnages. L'enfant se civilise ou, au contraire, redevient sauvage. À l'instar du primitif, il noue des rapports de complicité avec tout ce qui ne parle pas. Dès qu'il s'arrête pour écouter la jungle, ses perceptions sont d'une incroyable intensité. Que ce soit la terre chaude contre laquelle il applique son oreille, l'inextricable forêt dans laquelle il se plonge, l'eau du lagon dans laquelle il se baigne, la fascination envers l'océan dévastateur, le récit offre constamment des images d'une très grande force d’évocation. Le film est à la fois cruel et magnifique. Les enfants s’inventent une croyance qui sert à les unir au-delà de leurs différences. Après la capture d’un cochon dont ils élèvent la tête sur un pique, ils instaurent une sorte de religion animiste dont le "Seigneur des mouches" représente la divinité de l'île. C’est le début de conflits sanglants, d’entre-déchirements et de luttes pour ou contre la civilisation.

 

 

Le livre de William GOLDING

 

 

 

Nobel de littérature en 1983, il est mondialement connu pour Sa Majesté des mouches, qui est pourtant… son premier roman !

 

 

 

Il naît en Cornouailles en 1911. Fils d’instituteur, il abandonne des études scientifiques à Oxford pour étudier le grec, décrocher un diplôme de littérature anglaise, publier un recueil de poèmes en 1934, et travailler un temps dans un petit théâtre en tant qu'auteur, acteur et producteur. Il se marie en 1939. Engagé volontaire dans la Royal Navy en 1940, il participe au débarquement en Normandie. Puis il se consacre à l’enseignement, dans la petite ville de Salisbury. Refusé par de nombreux éditeurs, son premier roman, d’une noirceur accablante, paraît en 1954 : Sa Majesté des mouches. À travers la barbarie d’enfants abandonnés à eux-mêmes sur une île déserte se lit tout le pessimisme d’un écrivain marqué par la guerre, et qui a du mal à croire encore en l’Homme. Le livre remporte immédiatement un succès phénoménal, lequel ne fera que s’amplifier au fil des années. La suite de l’œuvre de William GOLDING est moins célèbre, néanmoins, elle continue de creuser le même sillon, de décrire sans cesse la bête qui sommeille en chacun, de montrer l’homme acharné à sa propre destruction, d’évoquer la fragilité du destin humain à travers des flambées de violence. Lauréat du Prix Nobel de littérature en 1983, il publie des romans, mais aussi des nouvelles, des essais et une pièce de théâtre, s’éteignant à Falmouth en 1993. Arieka, son dernier roman, inachevé, a été publié en 2001 à titre posthume.

 

 

L’histoire : une dramatisation du mythe de Robinson

 

Sa Majesté des mouches peut être vu comme le négatif d’un classique de la littérature britannique : Robinson Crusoé, écrit par Daniel Defoe et publié en 1719. On y découvre l’histoire d’un naufragé seul sur une île des Caraïbes, qui parvient à se fabriquer un calendrier afin de maîtriser l’écoulement du temps, à élever des chèvres et à lire et relire la Bible. Il songe à tuer des cannibales qui viennent régulièrement sur l’île manger des hommes qu’ils ont fait prisonnier, mais il réalise qu’il n’en a pas le droit, étant donné que les cannibales, qui n’ont pas reçu la même éducation que lui, ne savent pas que leur acte est criminel. Et lorsqu’il se trouve un compagnon, qu’il baptise Vendredi, il lui enseigne la vie d’homme civilisé. Tout le contraire du livre de William Golding, où nos jeunes héros privés de leurs repères retournent à l’état sauvage et à la loi du plus fort…

 

 

Le tournage vu par Peter Brook

 

« Trouver l’argent pour Sa Majesté des mouches prit deux années, avec le lot habituel d’exaltations, de déceptions et de conflits. Suivirent le tournage, avec un budget on ne peut plus maigre, et le montage dans une salle de la banlieue parisienne, seul avec mon ami Gerry Feil.»

 

« Le pouvoir et le rôle du hasard, ainsi que le principe d’incertitude, étaient alors très en vogue. Le "cinéma vérité" flottait dans l’air. On prenait le son en direct, de telle sorte que les bruits de la rue venaient couvrir les textes, les rendant agréablement incompréhensibles. La manière de faire du cinéma avait trouvé une nouvelle liberté, un nouvel élan. À New York, Richard Leacock me raconta que, après avoir potassé toutes les règles du cinéma, il se contentait à présent de pointer la caméra dans la direction de l’événement, se souciant seulement d’un choix pour son diaphragme : largement ouvert ou très fermé. C’était dit avec humour, mais la remarque de Leacock me fit une forte impression, car pour Sa Majesté des mouches, toutes les conditions – et pas seulement financières – indiquaient que nous allions devoir travailler à Puerto Rico avec les moyens du bord. »

 

 

« Avec un enthousiasme inattendu, des parents nous prêtèrent leurs enfants, mais seulement pour la durée des vacances d’été. N’ayant pas la possibilité de visionner les rushes, nous étions contraints de nous protéger en multipliant les prises, ce qui rendait indispensable le recours à une seconde caméra. »

Extrait d’Oublier le temps de Peter Brook (Seuil, 1998)

 

Le générique : dire, mais sans trop montrer…

Le début du film est très énigmatique : des enfants en tenue de collégiens anglais se retrouvent sur une plage et dans la jungle qui la borde, sans réellement plus d’explications. Les informations permettant de comprendre la situation ont en fait été données au travers d’un générique capital… mais pas forcément facile à interpréter pour celui qui ne connaît pas encore l’histoire. Ce générique ne sert pas qu’à égrainer les noms de ceux ayant participé à la réalisation du film. Il sert aussi à montrer des images d’archives qui illustrent le background des personnages et de leur situation : photos de garçons dans des collèges anglais, images de la Seconde Guerre mondiale, plans de missiles puis d’avion qui s’écrase. Cette technique d’évocation témoigne du goût de Peter Brook pour suggérer plutôt qu’illustrer – un art du dénuement très souvent à l’œuvre dans ses mises en scène pour le théâtre.

 

 

Le noir et blanc : un manifeste esthétique ?

Tourné au début des années 60, le film est en noir et blanc, alors qu’à titre d’exemple, Autant en emporte le vent, avec ses couleurs flamboyantes, remonte à… 1939. Sa Majesté des mouches était-il à la traîne ? Lors de sa sortie en 1963, il côtoyait des œuvres comme, en France, L’Homme de Rio de Philippe de Broca, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Le Méprisde Jean-Luc Godard, ou, aux États-Unis, Cléopâtre de Joseph Mankiewicz, c’est-à-dire des films faisant une utilisation remarquable de la couleur. Mais le noir et blanc n’en restait pas moins à la mode, associé au documentaire et au renouveau du cinéma qui soufflait alors sur de nombreuses cinématographies. Le néo-réalisme italien n’était pas si loin, la Nouvelle Vague française venait d’exploser et le Nouveau Cinéma anglais se profilait. Tous privilégiaient, pour des raisons économiques, mais aussi esthétiques, le noir et blanc. Et c’est ainsi que l’année 1963, Sa Majesté des mouches était également en concurrence avec des films comme Le Feu follet de Louis Malle, America America d’Elia Kazan, The Servant de Joseph Losey, Main basse sur la ville de Francesco Rosi ou Le Silence d’Ingmar Bergman, tous traitant à leur manière des sujets de société, et tous ayant fait le choix de la non-couleur, pour la travailler d’une manière très moderne.

 

 

Infos express

 

Peter Brook a passé en revue plus de 3 000 jeunes garçons pour le casting… Hugh Edwards, âgé de onze ans, qui joue Piggy, a décroché le rôle grâce à une lettre écrite au metteur en scène, démarrant par : « Cher monsieur, je suis gros et je porte des lunettes. » Peter Brook a incité ses jeunes comédiens à improviser autant qu’ils le voulaient… Plus de soixante heures de rushes ont été tournées, avant d’être ramenées à un film d’1h31… Le film a été présenté au Festival de Cannes l’année 1963…

 
 

 

 
 

 

 

 

À PROPOS DU
DVD-Rom PÉDAGOGIQUE

 

 

 

 

L’édition de Sa Majesté des Mouches propose en accompagnement un DVD-Rom à destination des enseignants qui souhaitent prolonger avec leurs élèves la découverte du film. Ce supplément permet d’explorer le dialogue entre le cinéaste Peter Brook et le romancier William Golding, prix Nobel de littérature en 1983.

 

 

 

 

Véritable outil de travail pour le monde scolaire, ce DVD-Rom pédagogique privilégie un rapport dynamique à l’œuvre en exploitant les ressources de l’écriture multimédia. Il emploie des procédures facilitant la circulation, le repérage dans le film et sa visualisation : un déroulant séquentiel actif, une time line thématique, la possibilité de visionner les séquences en parallèle.

 

 

Les principaux axes du film y sont abordés sous la forme d’analyses détaillées : psychologie des personnages, étude du son et de la musique, questions d’anthropologie, orientations esthétiques (les différents territoires de l’île…), repères historiques (contexte de réalisation du film…), interprétation des emblèmes de l’île (conque, lance, lunettes, mouche…).

 

 

 

 

Ce DVD-Rom permet également d’appréhender les divers aspects de la fabrique cinématographique (direction d’acteurs, son, musique et mise en scène) tout en mettant à disposition des documents en relation avec la réalisation ou la diffusion du film (affiches, bande-annonce et photos de tournages).

 

 

 

Une attention particulière est portée à ces documents en relais des fragments du film : planches contact de photogrammes, partitions musicales, liste intégrale des dialogues, extraits du roman en français et en anglais… Sans oublier des outils généraux tels que glossaire, bibliographie et webographie.

Réalisation : Peter BROOK

Scénario : Peter BROOK d'après le roman de William GOLDING

Avec :  James AUBREY, Tom CHAPLIN, Hugh EDWARDS, Roger ELWIN, Tom GAMAN, Roger ALLAN, David BRUNJES & Peter DAVY

Musique : Raymond LEPPARD

Directeur de la photographie : Tom HOLLYMAN

Montage : Peter BROOK, Gerald FEIL & Jean-Claude LUBCHANTSKY

Producteur : Lewis M. ALLEN

Production : Janus Films

        
        
DVD - SA MAJESTÉ DES MOUCHES

1 DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ

Version Originale

Sous-Titres Français & Anglais

Format 1.33 respecté – 4/3 – Noir & Blanc

 

SUPPLÉMENTS

 

. Le cinéma en liberté (32 mn)

Dans cet entretien exclusif, Peter Brook revient sur son coup de foudre pour le roman de William Golding, la préparation et le tournage du film, et sur la signification de son travail avec une troupe d'enfants.

 

. PARTIE DVD-ROM

Élaboré sous la direction d'Alice Vincens (enseignante à L'ESAV, Université de Toulouse II) en collaboration avec Dominique Galaup-Pertusa (enseignante à l'IUFM d'Albi), ce DVD-Rom, par son caractère interactif, permet le développement d'analyses croisées et interroge la rencontre du cinéaste Peter Brook avec l'œuvre de William Golding.

 

. BANDE-ANNONCE

Édition sans fourreau

15,04 €

SA MAJESTÉ DES MOUCHES

Sortie le 2 juillet 2014


BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION
1080/23.98p • ENCODAGE AVC
Version Originale
DTS-HD MASTER AUDIO 1.0
Sous-Titres Français • Format 1.37 respecté
Noir & Blanc • Durée du Film : 91 mn

SUPPLÉMENTS (EN HD)

. LE CINÉMA EN LIBERTÉ (32 mn)
Dans cet entretien exclusif, Peter Brook revient sur son coup de foudre pour le roman de William Golding, la préparation et le tournage du film, et sur la signification de son travail avec une troupe d'enfants.

. BANDE-ANNONCE

. PARTIE BR-ROM

Édition avec fourreau

17,05 €

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