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SENTIERS DE LA GLOIRE, LES

(Paths of Glory)

Un film de Stanley KUBRICK | Guerre | États-Unis | 1957 | 90mn

En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée "La fourmilière". Au moment de l'attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d'avancer...
Sortie en salles le 23 mars 2011

Premier chef d'oeuvre de la carrière de Kubrick, Les Sentiers de la gloire se définit comme un anti-film héroïque, diatribe désespérée et virulente contre le système de guerre. En racontant l'histoire de soldats condamnés à mort pour avoir refusé de mourir au front, Kubrick fustige l'armée et décrit les rouages absurdes mais inéluctables de la hiérarchie martiale. Tourné en Allemagne, le film impressionne par sa reconstitution des tranchées et la performance magistrale livrée par Kirk Douglas en colonel révolté contre le cynisme et la manipulation des masses. A l'époque, on reprocha à la charge politique son pessimisme et son antipatriotisme. Jugé trop critique envers l'armée, le film ne fut même pas montré en France avant 1975. Aujourd'hui, Les Sentiers de la gloire est devenu un modèle cinématographique incontestable, qui a su dépeindre l'un des plus grands drames de la condition humaine.

Réalisation : Stanley KUBRICK

Scénario : Stanley KUBRICK, Jim THOMPSON, Calder WILLINGHAM, d'après l'œuvre de Humphrey COBB

Avec : Kirk DOUGLAS, Ralph MEEKER, Adolphe MENJOU, George MACREADY, WAyne MORRIS, Richard ANDERSON, Joe TURKEL, Timothy CAREY, Christiane KUBRICK, Jerry HAUSNER

Musique : Gerald FRIED

Directeur de la photographie : George KRAUSE

Montage : Eva KROLL

Producteurs : James B. HARRIS, Kirk DOUGLAS, Stanley KUBRICK

Production : Bryna Productions, Harris-Kubrick Productions, United Artists

        
        
        


        
                    
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Stanley KUBRICK


Stanley Kubrick est né en 1928 à New York au sein d’une famille juive originaire d’Europe Centrale. Dès l’adolescence, il se passionne pour la photographie et est employé comme photographe indépendant dès ses 16 ans pour le magazine Look. Kubrick y travaille quatre ans, apprenant ainsi la composition d’une image, la lumière, le mouvement. Durant cette période, il découvre le cinéma, en particulier le cinéma d’auteur européen avec Antonioni, Bergman, Ophüls. C’est à l’âge de 22 ans qu’il se lance dans la mise en scène avec deux documentaires, sur lesquels il est à la fois scénariste, réalisateur, cadreur, ingénieur du son et monteur. Son premier documentaire se base sur un travail photographique qu’il a effectué sur le boxeur Walter Cartier qu’il vend à la RKO, le second porte sur un missionnaire catholique. Grâce à ces deux documentaires, Kubrick se fait remarqué, en particulier pour la qualité de sa photographie.


En 1953, il réalise un nouveau documentaire, en couleurs cette fois, sur la marine marchande, The Seafarers, dans lequel l’influence d’Ophüls et de ses travellings se fait fortement sentir. Il tourne ensuite son premier long métrage, Fear Desire, sur un groupe de soldats dans une guerre fictive, sur lequel il tient à nouveau tous les postes, à l’exception du scénario. Fier de ce qu’il est parvenu à accomplir à la fin du montage, il essaiera pourtant par la suite d’en interdire toute projection, le trouvant trop prétentieux et absurde. Le film est un échec commercial mais reçoit malgré de tout de bonnes critiques. En 1954, il réalise Killer’s Kiss (Le baiser du tueur) dans les rues de New York, sur un boxeur fuyant la mafia, dans lequel le jeune cinéaste montre déjà son talent de mise en scène et sa capacité à jouer avec l’ombre et la lumière. Cette œuvre lui vaut d’être récompensé d’un Léopard d’or au Festival de Locarno et de se faire remarquer par le producteur indépendant James B. Harris. Ensemble, ils fondent la société de production Harris-Kubrick Pictures, et en 1956, Kubrick réalise son premier film à gros budget, The Killing (L’Ultime Razzia), ce qui implique alors des acteurs professionnels mais aussi une grande équipe technique. Si le scénario n’est pas vraiment original, il parvient à apporter un peu de personnalité en fragmentant l’histoire et en employant la voix off pour le restituer, procédé qui n’est pas sans rappeler Citizen Kane. Même si le film lance sa carrière, les autres cinéastes ne voient en lui qu’« un bon élève » fortement influencé par Ophüls.


En 1957, Kubrick entreprend ensuite l’adaptation du best-seller américain, The Paths of Glory (Les Sentiers de la gloire), inspiré de faits réels de 1917 où des soldats furent fusillés pour l’exemple. Pour ce film, qu’il tournera entièrement en Allemagne, il obtient Kirk Douglas pour le rôle principal, et utilise des procédés qui constitueront son identité propre, comme les longs travelings et des mouvements de caméra fluides. Le film traite également de thèmes caractéristiques de sa filmographie, à savoir l’anti-héros et un monde en ruine. Si Paths of Glory rencontre un grand succès aux Etats-Unis, il est perçu comme une critique directe et acide de l’armée française en Europe, et sera censuré dans plusieurs pays, dont la France, où il ne sortira qu’en 1972. A son retour aux Etats-Unis, Kubrick est sollicité par Kirk Douglas pour reprendre le tournage du péplum Spartacus, mais des conflits artistiques et scénaristiques surgissent rapidement entre lui, Douglas et le directeur de la photographie Russell Metty. Même si le film est un triomphe critique et commercial et gagne quatre Oscars, Kubrick le reniera, le considérant comme son film le plus impersonnel.


Ce premier film réalisé au sein d’Hollywood sera le dernier, poussant le cinéaste à reprendre sa liberté en tournant son prochain film, Lolita (1962), en Angleterre. Adapté du roman éponyme de Nabokov sur la relation entre une jeune adolescente et un homme d’âge mûr, l’écrivain et Kubrick travaillent ensemble au scénario dans le but de le rendre plus tolérable et plus chaste pour la morale de l’époque. Pourtant, le film provoque la contestation des puritains, ainsi que la déception des critiques lors de sa présentation à la Mostra de Venise. C’est le dernier film que Kubrick et Harris produiront ensemble, laissant désormais le soin au réalisateur de produire lui-même ses films, avec l’aide de son beau-frère, Jan Harlan.


Dès 1963, il réalise Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (Docteur Folamour ou : Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe), premier opus d’une trilogie de films de science-fiction, emprunt d’humour noir. Il travaille sur ce film avec le scénariste d’Easy Rider, Terry Southern, et le photographe Weegee. Comédie militaire et satirique nominée quatre fois aux Oscars, le film porte sur une guerre nucléaire déclenchée par un commandant fou et un système secret de défense. Pour le deuxième opus, 2001 A Space Odyssey (2001, l’Odyssée de l’espace) Kubrick devient encore plus perfectionniste et va au bout de son désir d’expérimentation technique. Financé par Cinerama et la MGM, le film constitue un véritable tournant artistique dans l’histoire des films de science-fiction grâce aux décors créés par Tom Howard, ainsi que les effets spéciaux, auxquels participent Harry Lange, ancien conseiller de la NASA, et Marvin Minsky, directeur d’un laboratoire d’intelligence artificielle. Récompensé par l’Oscar des meilleurs effets visuels, 2001 permet à Kubrick de véritablement lancer sa carrière et de se forger une réputation à dimension légendaire de son vivant grâce à une maîtrise de la mise en scène.


En 1971, fort de son succès, le cinéaste tourne le film violent et érotique A Clockwork Orange (Orange mécanique), adapté du roman éponyme d’Antony Burgess, dans lequel il développe le thème du double, qui lui est cher, à travers le personnage principal qui lutte sans cesse entre le bien et le mal. La sortie en Angleterre du film provoque une vive polémique autour de la violence présente tout au long de l’œuvre. La controverse s’intensifiant, la Warner arrête la distribution au Royaume-Uni, mais le film est cependant élu Meilleur film de l’année 1972 par le New York Critics Circle. Sa trilogie de science-fiction terminée, Kubrick souhaite désormais réaliser un film autour de Napoléon qu’il admire, mais la Warner abandonne le projet en cours de route. Le cinéaste poursuit alors sa carrière avec Barry Lyndon, une biographie d’un jeune irlandais qui parvient à monter dans la société aristocratique de manière audacieuse. Kubrick a beaucoup d’ambition pour ce film, qu’il souhaite proche de l’esthétisme des peintures du XVIIIe siècle, et si les critiques sont sévères et le film un échec commercial, il est quand même récompensé de quatre Oscars dont celui de la meilleure photographie.


Il adapte ensuite à l’écran le roman de Stephen King, Shining, l’enfant de lumière, en modifiant profondément l’histoire, ce qui ne plaît ni à l’auteur, ni au public, ni aux critiques. Kubrick considère cependant que ce film est son œuvre la plus personnelle, surtout au niveau de la mise en scène où il filme longuement les déplacements des personnages dans les couloirs labyrinthiques de l’hôtel grâce au steadicam. Malgré l’échec de Shining, le cinéaste poursuit sa carrière, et choisit cette fois de réaliser un film sur la guerre, ou plutôt sur les hommes devant faire la part des choses entre le bien et le mal au sein même d’une guerre. On retrouve alors dans Full Metal Jacket le thème du monde proche de l’effondrement et du double que symbolise le soldat « Guignol ». Encore une fois, il adapte pour ce faire un roman, The Short Timers de Gustav Hasford, qu’il détourne pour apporter sa vision personnelle sur la guerre et les hommes. Le film est un véritable succès, après lequel Kubrick disparaît de la circulation durant sept ans, avant de revenir sur le devant de la scène avec le film Eyes Wide Shut, avec Tom Cruise et Nicole Kidman. Adapté du roman La Nouvelle vie rêvée d’Arthur Schnitzler, auquel le réalisateur décide cette fois de rester fidèle, le film raconte l’errance d’un docteur dans les rues de New York à la recherche de ses fantasmes, suite à une révélation de sa femme. Mêlant réel et imaginaire, traitant du double et de la perte d’identité, Eyes Wide Shut est le film testament réalisé par Kubrick, mort peu avant sa sortie en 1999, qu’il considérait comme son meilleur.


FILMOGRAPHIE :


1953 : Fear and desire

1955 : Killer's Kiss (Le Baiser du tueur)

1956 : The Killing (L'Ultime razzia)

1957 : Paths of Glory (Les Sentiers de la gloire)

1960 : Spartacus

1962 : Lolita

1964 : Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (Docteur Folamour ou : comment j’ai cessé de m’inquiéter et à aimer la bombe)

1968 : 2001: A Space Odyssey (2001, l'Odyssée de l'espace)
1971
: A Clockwork Orange (Orange mécanique)

1975 : Barry Lyndon

1980 : Shining
1987
: Full Metal Jacket

1999 : Eyes Wide Shut

 

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Bande-annonce originale

Extrait 1

Extrait 2

Pierre Berthomieu évoque le parcours de Stanley Kubrick

Interview de Christiane Kubrick

épouse du cinéaste et actrice dans Les sentiers de la gloire

Entretien avec Jan Harlan

Producteur et beau-frère de Kubrick
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