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UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT

(A matter of Life and Death)

Un film de Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER | Drame | États-Unis | 1946 | 104mn | Couleurs/N&B

Durant la Seconde Guerre mondiale, le pilote britannique Peter Carter survit miraculeusement à un avion en flammes. Il retrouve alors June, l’opératrice radio américaine avec laquelle il était en contact avant de sauter de son avion. Les deux filent le parfait amour jusqu’à ce qu’un messager de l’au-delà vienne dire à Peter que sa survie n’était qu’une erreur. Son sort devra être tranché devant un tribunal céleste…
Au cinéma le 11 décembre 2013 en version restaurée.

Nouvelle collaboration du duo mythique des Chaussons rouges, Une question de vie ou de mort est une oeuvre atypique lorgnant habilement vers le fantastique. À l’origine film de commande pour l’armée britannique, Powell et Pressburger détonnent par leur mise en scène résolument moderne et par leur troupe d’acteurs de haut niveau. Une magnifique ode à l’amour à contempler dans sa version numérique restaurée à 2K !

Réalisation : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER

Scénario : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER

Avec : David NIVEN, Raymond MASSEY, Kim HUNTER, Marius GORING, Roger LIVESEY, Bonar COLLEANO, Bob ROBERTS, Abraham SOFAER, Robert COOTE

Musique : Allan GRAY

Directeur de la photographie : Jack CARDIFF

Montage : Reginald MILLS

Producteurs : Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER, George R. BUSBY, Robert C. FOORD

Production : The Archers

        
        
        


        
                    
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER


Cinéastes précurseurs, Michael Powell et Emeric Pressburger figurent, avec Hitchcock, parmi les grands maîtres du cinéma britannique.

Dans les années 1940-1950, avec leur société indépendante The Archers, ils ont conçu plusieurs films aujourd’hui considérés comme des classiques du septième art (du Narcisse noir aux Contes d’Hoffmann). Néanmoins, leur cinéma fut à son époque, et demeure, inclassable.
En effet, de par sa nature hybride et atypique, il ne peut être apprécié par le prisme de la dichotomie traditionnelle réalisme-imaginaire qui a durablement caractérisé le cinéma mondial contemporain.

Michael Powell doit sa première expérience dans le cinéma à Rex Ingram qui l’emploie à partir de 1926 autant comme comédien que comme assistant-réalisateur. Puis, il est photographe de plateaux pour deux films d’Alfred Hitchcock, Champagne (1928) et Blackmail (1929), et passe derrière la caméra pour réaliser plusieurs quota quickies, des moyens-métrages à budget réduit destinés à permettre aux salles de cinéma du Royaume-Uni de satisfaire leur quota de films britanniques. En 1937, Powell réalise son premier véritable long-métrage, À l’angle du monde.

Parallèlement, Emeric Pressburger, né en Hongrie, intègre l’industrie du film allemande (notamment les studios UFA) comme scénariste grâce à une nouvelle de sa création, et travaille sur certains des premiers films de Robert Siodmak et Max Ophuls. Il émigre en Angleterre en 1935 après avoir fui d’Allemagne en France en 1933. En 1938, Pressburger rejoint l’équipe du producteur Alexander Korda, personnage incontournable de l’industrie du cinéma britannique des années 1930 à 1950. C’est lui qui réunit le duo pour la première fois pour L’Espion noir en 1939, un film réalisé par Powell sur un scénario de Pressburger.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Powell et Pressburger réalisent d’abord quelques films de propagande, dont 49e Parallèle. En 1940, Powell dirige de son côté Le Voleur de Bagdad qui préfigure le style de leurs futures collaborations. Leur unique partenariat prend véritablement forme avec la création en 1942 de leur société de production The Archers : tous leurs films portent désormais la mention particulièrement originale « Écrit, produit et réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger ». Ce crédit partagé contient l’essence de leur collaboration et exprime toute leur complémentarité. En 1943, Colonel Blimp marque l’éloignement d’une certaine orthodoxie réaliste, qui se poursuit l’année suivante avec A Canterbury Tale, puis Je sais où je vais en 1945. Le mauvais accueil fait à cette dernière œuvre, et l’incompréhension progressive des critiques et du public face à leur vision singulière, ne les découragent pas puisqu’ils enchaînent en 1945 avec Une question de vie ou de mort, une œuvre extravagante qui regorge d’inventions cinématographiques. Avec Le Narcisse noir (1947) et Les Chaussons rouges (1948), Powell et Pressburger sont vraisemblablement à l’apogée de leur art tant en termes de créativité visuelle, d’inventivité technique que d’écriture scénaristique. Plus particulièrement, Les Chaussons rouges apparaît comme le point culminant de leur carrière, à l’image de la séquence centrale du ballet qui concentre tout leur talent. Bien qu’ils continuent à faire des films aussi originaux, dont Les Contes d’Hoffmann (1951), leurs relations avec l’industrie se tendent fortement.

Puis, en 1957, alors qu’ils évoluent de plus en plus dans des directions différentes, Powell et Pressburger mettent un terme à leur partenariat fabuleux. La carrière de Powell connaît malheureusement un coup d’arrêt brutal avec la sortie du Voyeur en 1960. Bien qu’il réalise encore quelques films, le scandale que ce dernier provoque entraîne le dénigrement puis l’oubli de la majorité de l’œuvre de The Archers.
Ironiquement, Le Voyeur devient, avec une nouvelle génération de cinéphiles, une œuvre culte et recherchée dès les années 1970. Appartiennent à cette génération de jeunes réalisateurs comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma et Steven Spielberg qui sont subjugués par les films de Powell et Pressburger, en premier lieu Les Chaussons rouges : ils s’en imprègnent fortement à l’époque pour leur cinéma qui va révolutionner Hollywood et comptent parmi les artisans de leur nécessaire réhabilitation à partir des années 1980. Cette redécouverte doit se poursuivre et s’approfondir tant l’œuvre de Powell et Pressburger est unique, passionnante et grandiose.

 

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