VIVRE

(Ikiru)

Un film de Akira KUROSAWA | Drame | Japon | 1952 | 143mn | N&B | 1.37:1

Kanji Watanabe est chef de service du Bureau d’Accueil des Habitants depuis plus de vingt-cinq ans. Son travail consiste à tamponner des formulaires toute la journée. Le soir, il rentre chez lui auprès de son fils et sa bru qui n’attendent qu’une chose : la mort du vieil homme et l’héritage tant convoité. Lorsque Watanabe apprend qu’il est atteint d’un cancer de l’estomac incurable, il décide de changer son quotidien et de faire quelque chose d’utile, une fois dans sa vie…
Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
 
LE PORTRAIT BOULEVERSANT D’UN HOMME QUI RETROUVE GOÛT À LA VIE
DANS L’UN DES PLUS GRANDS SUCCÈS DE KUROSAWA
 
Avec Vivre, Akira Kurosawa délaisse le film noir pour revenir à un autre de ses genres de prédilection : le mélodrame social à la Frank Capra. Dans cette fable profondément humaniste, le cinéaste dresse le portrait d’un fonctionnaire qui apprend à vivre au moment où il découvre sa mort prochaine. En effet, Watanabe se met à s’ouvrir au monde en fréquentant des gens a priori éloignés de son univers : un écrivain raté qui l’initie le temps d’une nuit à la vie de bohème, une jeune employée toujours de bonne humeur qui lui apprend à croquer la vie à pleines dents. L’existence d’un personnage ne s’arrête pas à sa mort comme en témoigne la structure même du film, divisé en deux parties. La seconde est centrée autour des actions passées du héros et de leurs conséquences. Vivre est également le portrait d’un immense acteur, Takashi Shimura, que Kurosawa fera tourner dans vingt-et-un de ses longs-métrages – à la sortie du film, il fut d’ailleurs surnommé « le plus grand acteur du monde ». Le réalisateur nippon réussit ici le pari de faire un film à la fois extrêmement sombre et mélancolique mais également rempli d’humour. Sa critique de la bureaucratie japonaise donne lieu à des séquences parfois proches du burlesque, telle cette longue scène de funérailles où tous les fonctionnaires respectables finissent complètement ivres. Sorti en salles en 1952, Vivre est l’un des plus grands succès public et critique de Kurosawa qui acquerra bientôt le statut de chef-d’oeuvre du septième art.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Scénario : Akira KUROSAWA

Avec : Takashi SHIMURA, Shinichi HIMORI, Haruo TANAKA & Minoru CHIAKI

 

Visa : 31 320

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

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Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
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