CRIS ET CHUCHOTEMENTS

(Viskningar och rop)

Un film de Ingmar BERGMAN | Drame | Suède | 1972 | 91mn | Couleurs | 1.66:1

Quatre femmes sont réunies dans une grande et belle demeure suédoise. Karin et Maria se relaient au chevet de leur soeur Agnes, atteinte d’un cancer incurable. Sa servante Anna, qui entretient avec sa maîtresse une relation privilégiée, tente elle aussi d’apaiser les souffrances de la malade. La proximité qui s’est installée entre les femmes fait ressurgir en chacune d’elles de vieux souvenirs…
Au cinéma le 21 décembre 2016 en version restaurée 2K
 
LA QUINTESSENCE DU STYLE BERGMANIEN
DANS UNE OEUVRE À LA PUISSANCE INÉGALÉE
 
Sorti en 1972, Cris et chuchotements a fait l’effet d’une véritable bombe dans le paysage cinématographique mondial. Le Suédois Ingmar Bergman dresse le portrait de quatre femmes d’une violence rarement atteinte, contrebalancé par un sens inégalé de l’esthétisme. Le titre du film annonce la couleur : il sera ici question d’antagonismes. Ce sont les cris d’agonie d’Agnes contre les chuchotements de sa soeur Maria, symboles l’un comme l’autre de l’incommunicabilité entre les personnages. C’est la violence des rapports entre ces femmes contre la douceur de la mise en scène. Formidablement orchestré par Bergman et son directeur de la photographie Sven Nykvist, le film se donne à voir comme une succession de tableaux. La virtuosité des décors et des costumes, le choix de travailler en lumière naturelle, l’omniprésence de certaines couleurs dont le rouge, tous ces éléments confèrent au film sa splendeur si singulière. Dans un quasi-huis clos, le réalisateur de Persona s’intéresse à tour de rôle à ces quatre femmes, de la frigide Karin à la douce mère éplorée Anna, à leurs souvenirs et leurs tourments, évoqués sous forme de furtifs flash-back et de voix off. Bergman aborde une nouvelle fois ses thèmes de prédilection : la déliquescence de la famille, la prégnance des conventions sociales, l’omniprésence du corps et in fine de la mort – obsession ultime du cinéaste du Septième Sceau. Peinture sans concession de la condition féminine portée par un grand quatuor d’actrices (les « muses bergmaniennes » Harriet Andersson, Liv Ullmann et Ingrid Thulin, et la nouvelle venue Kari Sylwan), Cris et chuchotements est un chef-d’oeuvre absolu à contempler dans sa somptueuse restauration 2K  !
Réalisation : Ingmar BERGMAN
Scénario : Ingmar BERGMAN
Avec : Harriet ANDERSSON, Kari SYLWAN, Ingrid THULIN, Liv ULLMANN, Erland JOSEPHSON, Georg ÅHRLIN, Henning MORITZEN
Son : Owe SVENSSON
Montage : Siv KANÄLV-LUNDGREN
Directeur de la photographie : Sven NYKVIST
Costumes : Marik VOS
Maquillage : Cecilia DROTT
Producteur : Lars-Owe CARLBERG
 
UNE RESTAURATION 2K RÉALISÉE PAR SVENSK FILMINDUSTRI
 
VISA : 40 802
        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Ingmar BERGMAN


Auteur d’une cinquantaine de longs-métrages réalisés entre 1946 et 2003, Ingmar Bergman occupe une place essentielle dans le patrimoine cinématographique mondial. Influencé aussi bien par le cinéma français des années 1930 que par le néoréalisme italien ou le romantisme allemand, le « magicien du Nord » n’a eu de cesse d’autopsier les rapports familiaux et amoureux, dévoilant ainsi sa passion pour les femmes – et les actrices – mais aussi sa lucidité face à la vie de couple et à la famille. Cette rétrospective en sept films propose de (re)découvrir une oeuvre protéiforme, parfois onirique (Le Septième Sceau, La Source), parfois légère (Sourires d’une nuit d’été), souvent tragique (Scènes de la vie conjugale, Sonate d’automne) où Bergman se révèle un formidable peintre des visages. Plus de six ans après la mort du cinéaste, son oeuvre reste indéniablement une référence majeure pour de nombreuses générations de réalisateurs, de Woody Allen à Pedro Almodóvar, de Philippe Garrel à Arnaud Desplechin en passant par Asghar Farhadi.

 

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