CONTES DES CHRYSANTHÈMES TARDIFS

(Zangiku Monogatari)

Un film de Kenji MIZOGUCHI | Drame | Japon | 1939 | 143mn | N&B | 1.33

Tokyo à la fin du XIXe siècle. Kikunosuke est un jeune acteur de kabuki extrêmement populaire qui jouit d’un énorme succès auprès des femmes. Il est en réalité un piètre comédien, ce que personne n’a le courage de lui dire car il est le descendant d’une célèbre lignée d’acteurs. Seule Otoku, la bonne de la famille, ose lui parler franchement et l’incite à travailler davantage son jeu. Les deux jeunes gens se rapprochent progressivement. Lorsque la famille de Kikunosuke découvre leur amour, Otoku est immédiatement renvoyée chez elle. Le jeune acteur décide alors de quitter Tokyo pour partir rejoindre sa bien-aimée à Osaka…
Au cinéma le 9 septembre 2015 en version restaurée inédite
Sélection Cannes Classics 2015
 
UNE HISTOIRE D'AMOUR DÉCHIRANTE DANS LES COULISSES DU KABUKI
 
Lorsque Kenji Mizoguchi tourne Les Contes des chrysanthèmes tardifs en 1939, le Japon subit de plein fouet la dictature militaire. Afin de contourner le système de censure mis en place, le réalisateur choisit d’évoquer le passé plutôt que le contexte japonais actuel, ce qui ne l’empêche nullement de soigner le réalisme de son film, soucieux de montrer les évolutions de la société nippone et de ses mentalités. Trois ans après Les Sœurs de Gion, Mizoguchi brosse à nouveau un éblouissant portrait de femme, sacrifiée au nom de l’idéal artistique. En effet, le cinéaste choisit de rendre hommage au théâtre japonais, à son éclat mais aussi à sa cruauté, à travers le récit de ce jeune acteur de kabuki, Kikunosuke Onoe, inspiré d’une histoire vraie. Mizoguchi instaure ici une forme nouvelle de langage cinématographique, aussi singulière que poétique, avec ses cadrages extrêmement travaillés et ses multiples plans-séquences dans lesquels les protagonistes sont au centre de chaque mouvement de caméra. Présenté dans sa splendide restauration à 2K, Les Contes des chrysanthèmes tardifs contient toute la quintessence de l’art de Kenji Mizoguchi, et annonce ses chefs-d’œuvre à venir comme Les Contes de la lune vague après la pluie ou Les Amants crucifiés !

 

Réalisation : Kenji MIZOGUCHI
Scénario : Matsutaro KAWAGUCHI et Yoshikata YODA, d’après le roman de Shofu MURAMATSU
Avec : Shotaro HANAYAGI, Kakuko MORI, Kokichi TAKADA Gonjuro KAWARAZAKI
Musique : Shiro FUKAI et Senji ITO
Directeurs de la photographie : Yozo FUJI et Shigeto MIKI
Producteur : Shintaro SHIRAI

 

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Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Kenji MIZOGUCHI


Kenji Mizoguchi est l’un des cinéastes japonais les plus importants. Ses films sont reconnaissables par leur rigueur morale et la superbe beauté plastique des images. Il commence sa carrière comme assistant-réalisateur au studio Nikkatsu qui lui donne l’occasion de tourner des films dès 1922.
Jusqu’au début des années 1930, il réalise une cinquantaine de films qui n’ont pas été conservés. Au vu de sa production ultérieure, il est dommage de ne pas connaître ses premiers films qui ont dû lui permettre de développer sa démarche. Mizoguchi réussit en effet à utiliser brillamment les différentes composantes de chaque film : jeu des acteurs, photographie, décors, esthétique. D’un caractère déterminé refusant tout compromis, il obtient des moyens techniques et financiers de plus en plus importants grâce à sa reconnaissance à l’étranger.
L’œuvre de Mizoguchi traite en particulier de la condition de la femme. Il vécut un temps avec des geishas et travailla avec la grand actrice Kinuyo Tanaka qui devint son égérie. Son inspiration qui prend source dans la tradition japonaise intégra également des éléments des arts occidentaux qu’il aborda par le biais de la peinture et le dessin.

 

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