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MORT AUX TROUSSES, LA

(North by Northwest)

Un film de Alfred HITCHCOCK | Policier-Suspense | États-Unis | 1959 | 126mn | Couleur | 1.75

Roger Thornhill est un publicitaire new-yorkais dont l'existence est centrée autour de son travail et de ses sorties avec sa mère. Lors d'un rendez-vous avec des clients au Plaza Hotel, sa vie va brusquement basculer : deux hommes le prennent pour un certain George Kaplan, le kidnappent et le conduisent à leur chef, M. Townsend alias Phillip Vandamm. Après avoir vainement essayé de lui soutirer des informations, ces derniers tentent de le tuer mais ratent leur coup. Thornhill est alors décidé à révéler le complot fomenté contre ce mystérieux Kaplan. Mais lorsqu'il retrouve le vrai M. Townsend, travaillant au siège des Nations Unies, celui-ci est poignardé sous les yeux de Thornhill, lequel devient le principal suspect de ce crime. Il s'enfuit bientôt de New York, aidée par une jeune femme nommée Eve Kendall, apparemment tombée sous le charme du publicitaire. Mais le jeu de séduction auquel elle se livre se révèle moins innocent qu'il n'y paraît...

Sortie au cinéma le 30 juillet 2014 en version restaurée inédite 8K

LE CHEF-D’ŒUVRE CULTE DU MAÎTRE DU SUSPENSE
COMME VOUS NE L’AVEZ JAMAIS VU !


Réalisé entre les deux chefs-d’oeuvre que sont Sueurs froides (1958) et Psychose (1960), La Mort aux trousses (1959) est un véritable sommet du cinéma hollywoodien et l’un des films les plus admirés du Britannique Alfred Hitchcock. Le cinéaste bénéficie d’un budget exceptionnel de plus de 3 millions de dollars, alloué par les studios MGM, pour réaliser cette trépidante course-poursuite à travers les États-Unis, mêlant le meilleur du film d’espionnage, de la comédie et de l’intrigue sentimentale. Il fait appel au célèbre scénariste Ernest Lehman (Qui a peur de Virginia Woolf ?) pour l’écriture de cette intrigue s’inspirant de précédentes oeuvres d’Hitchcock, telles Les 39 Marches ou La Cinquième Colonne. La photographie, signée Robert Burks, un fidèle du cinéaste, sublime une mise en scène virtuose, qui joue sans cesse avec les figures géométriques, et à laquelle la partition de Bernard Herrmann vient poser sa touche divine. Mais le statut de chef-d’oeuvre est en grande partie dû à son casting trois étoiles : le fringant Cary Grant, en Monsieur Tout-le-monde entraîné dans une aventure trépidante au péril de sa vie, la belle Eva Marie Saint en parfaite égérie hitchcockienne, et le dandy James Mason, en bandit charmeur et manipulateur. La Mort aux trousses est un moment inoubliable de cinéma, un condensé de scènes devenues mythiques qui retrouvent ici leur splendeur d’origine avec cette restauration inédite à 8K !

L’AVENTURE DE LA MORT AUX TROUSSES

Alfred Hitchcock engage Ernest Lehman à l’écriture du scénario en lui demandant d’intégrer deux de ses propres idées, lesquelles finiront par être les deux scènes emblématiques du film : celle de l’attaque d’avion dans un champ de maïs et celle de la poursuite sur le mont Rushmore. Le tournage se déroule sur 78 jours, d’août à décembre 1958. Surgissent certaines difficultés, notamment lorsque le cinéaste entreprend de filmer au siège des Nations unies et, bien entendu, sur le mont Rushmore. La climat de peur qui règne durant cette période de guerre froide interdit l’accès de ces lieux au réalisateur, qui se contente de tourner les séquences en studio – bien que la partie se déroulant à l’extérieur des Nations unies ait vraiment été filmée à l’insu des autorités devant le véritable siège new-yorkais. Le patriotisme des Américains est piqué à vif lorsqu’ils apprennent que le Britannique envisage de montrer Cary Grant agrippé au nez de Lincoln, sur le point d’éternuer. Ils lui suggèrent à la place de déplacer l’action sur le propre nez de la reine d’Angleterre ! Hitchcock use une nouvelle fois du « MacGuffin », terme proprement hitchcockien désignant un prétexte narratif sans importance. Car davantage que la simple résolution d’une histoire, l’intrigue de La Mort aux trousses est en réalité un double voyage : à la fois géographique – le héros est constamment en mouvement à travers le territoire américain – et surtout initiatique – Thornhill se mue progressivement en homme, passant des bras de sa mère à ceux de sa future femme.

Le film dure au final près de 2h16, une durée inhabituelle pour l’époque. Heureusement pour le cinéaste, son agent avait inséré une clause dans le contrat stipulant que le réalisateur était seul en contrôle artistique du film, quel qu’en soit le coût ou la durée. Par sa mise en scène de haute volée et son scénario subtil, La Mort aux trousses est aujourd’hui considéré comme une oeuvre précurseuse du film d’action moderne, de la saga des James Bond initiée au début des
années 1960 à la série télévisée Alias de J. J. Abrams (2001 à 2006).
Réalisation : Alfred HITCHCOCK
Scénario : Ernest LEHMAN
Avec : Cary GRANT, Eva-Marie SAINT, James MASON, Leo G.CARROLL, Jessie Royce LANDIS, Martin LANDAU, Philip OBER, Josephine HUTCHINSON, Adam WILLIAMS, Les TREMAYNE, Edward PLATT, Robert ELLENSTEIN, Philip COOLIDGE & Edward BINNS
Musique : Bernard HERRMANN
Générique : Saul BASS
Montage : George TOMASINI
Directeur de la photographie : Robert BURKS
Production : MGM & Loew's
Producteur : Alfred HITCHCOCK & Herbert COLEMAN
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Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Alfred HITCHCOCK

Né à Londres le 13 août 1899, fils d’un marchand de légumes, Alfred Hitchcock poursuit des études d’ingénieur, vite interrompues pour créer les cartons des productions de la Famous Players Lasky (filiale anglaise de la Paramount) au début des années 20. Il touche à divers postes de la production cinématographique : directeur artistique (pour John S. Robertson et George Fitzmaurice notamment), scénariste, assistant, monteur. C’est surtout auprès de Graham Cutts qu’Alfred Hitchcock fait ses classes entre 1922 et 1924, prenant du galon pour The Prude’s fall, se retrouvant en charge de beaucoup de responsabilités sur un tournage étant parasité par les turbulences de la vie privée du réalisateur.

 

Après le faux départ qu’est l’inachevé Number 13, Le Jardin des plaisirs est sa véritable première réalisation, proposée à ce dernier par le producteur Michael Balcon (collaborant neuf fois avec lui par la suite jusqu’à son départ pour Hollywood), après qu’Hitchcock ait été écarté du tournage de The Rat par Graham Cutts. On ne découvre cette première histoire de meurtre que deux ans plus tard, lorsque L’Éventreur, son troisième long-métrage, remporte un grand succès en 1927. Il permet à Alfred Hitchcock de franchir une première étape grâce à cette vision gothique du personnage de Jack L’Éventreur s’en prenant aux jeunes blondes des nuits londoniennes, où se croisent des influences littéraires entre Kafka, Poe et Dostoïevski, fils rouges de sa carrière.

 

Sa période muette l’exerce à divers genres tels que le film d’aventure, C’est la vie, où un jeune garçon exclu par sa famille pour un vol qu’il n’a pas commis, ou encore la comédie de remariage avec The Farmer’s Wife, avec son fermier veuf bien décidé à trouver une nouvelle épouse. Alfred Hitchcock s’accommode de l’arrivée du parlant avec Chantage. Premier exercice avec cette technologie (d’abord tourné en muet), sous l’impulsion de son producteur John Maxwell, qui a spécialement importé le matériel nécessaire venu d’outre-atlantique, ce film, « expérimental à tout point de vue » selon son auteur, développe l’un de ses thèmes de prédilection : le conflit entre l’amour et pouvoir.

 

Du Chant du Danube (biopic sur le compositeur autrichien Johan Strauss), et l’enchaînement de L’Homme qui en savait trop, Les 39 Marches, Les Quatre de l’espionnage, Sabotage, Jeune et Innocent, Une femme disparaît, pour finir avec le mystère tropical adapté de Daphne Du Maurier qu’est La Taverne de la Jamaïque avec Charles Laughton, la période « anglaise » d’Alfred Hitchcock l’impose au rang de meilleur réalisateur de la péninsule à cette époque, dont le succès s’étend au-delà de ses propres frontières. Cette succession de films policiers, fait souvent la part belle à l’espionnage, aux histoires d’amours cruelles et surtout aux morceaux de bravoure de mise en scène, dont le but premier est de manipuler le spectateur et d’en faire un personnage à part entière des intrigues qu’il décrit.

 

Fuyant l’Europe troublée par la Seconde Guerre Mondiale, comme bon nombre de ses pairs, Alfred Hitchcock répond à l’offre de David O’Selznick et propose un premier film aux accents gothiques et vénéneux qui va durablement influencer les films noirs de la veine de Laura (Otto Preminger). Une fois de plus tiré de l’œuvre de Daphne Du Maurier, Rebecca voit Joan Fontaine se substituer peu à peu à la défunte épouse de Laurence Olivier, dont le souvenir imprègne les murs de son immense manoir. Au cœur de la Seconde Guerre Mondiale, le cinéaste se met au diapason de l’industrie hollywoodienne, proposant des œuvres de « propagande » (Correspondant 17, La Cinquième Colonne et Lifeboat). En marge de ces productions, Joies matrimoniales apparaît comme un OVNI comique sur le couple, défiant la censure, tandis que Soupçon, première rencontre avec Cary Grant, renoue avec l’atmosphère trouble et anglaise de Rebecca, affirmant son statut de maître du suspense, en approfondissant ses recherches sur la psyché de ses personnages. Des délires psychédéliques orchestrées par Salvatore Dali dans La Maison du Docteur Edwards au manipulation des Enchaînés et la réflexion sur le mal en un seul plan-séquence de La Corde, Alfred Hitchcock s’appuie de plus en plus sur la thématique du Faux Coupable (Henry Fonda) déclinée dans L’Ombre d’un Soupçon (Joseph Cotten en méchant oncle) et La Loi du Silence (Montgomery Clift en prêtre intègre).

 

A partir des années 50, Hitchcock se concentre sur la réalisation de grands films à suspense en technicolor, où James Stewart et Cary Grant s’alternent au générique, tout en développant la fameuse figure de la mystérieuse femme blonde (Kim Novak, Eva Marie Saint, Janet Leigh, Grace Kelly et Tippi Hedren s’y succèderont). Apogée de l’esthétique (le scope de Robert Burks, la musique de Bernard Hermann) et de la mécanique hitchcockienne, cette période fait voir le jour à des classiques comme le remake de L’Homme qui en savait trop, Sueurs Froides, La Mort aux trousses, Fenêtre sur cour, ou encore La Main au collet, avant de retourner à des formats plus courts tournés vers l’horreur avec l’assassin travesti du proto-slasher Psychose et l’incursion gore des Oiseaux avec ses corbeaux carnassiers, proches des nouvelles méthodes de productions télévisuelles.

 

La décennie suivante voit le cinéaste ralentir la cadence, se concentrant sur sa série télévisée à suspense, « Alfred Hitchcock présente », vignettes à l’image de « Thriller » et « La Quatrième Dimension » à la même époque, où l’on croise des réalisateurs de qualité écartés des plateaux de cinéma (Ida Lupino ou Robert Florey), et des nouvelles têtes (Robert Altman et Stuart Rosenberg). Au cinéma, il continue d’exploiter sa marque de fabrique, avec Pas de Printemps pour Marnie, avec Sean Connery, et Le Rideau Déchiré avec Paul Newman, avant de retourner en Angleterre pour son dernier film, Complot de Famille, qu’il concéde de lui-même comme l’une de ses œuvres les plus mineures.

 

Tout a été dit et écrit sur Alfred Hitchcock, anciennement vu comme un efficace entertainer en son temps, glorifié aujourd’hui pour son modèle de mise en scène grâce à la cinéphilie française. A présent, il est unanimement considéré comme l’un des dix grands réalisateurs du 20ème siècle, dont la stature dépasse celui de « Maître du suspense ».

 

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